‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 30 sur 167 · I. L. 11^ ch · texte numérisé non relu

I. L. 11^ ch

UE J. IMJ CLEBGQ. ^

nous en dunsiroDS une quia de la grâce el de la naivelé. Le maréchal de Gié désirait avoir oiie épée de la main du grand-maistre Anloine de Chabannes , qui loi répondit : « Monsieur le maréchal, » je me reconmiande à tous y tant et de ji bon » cœur qne je puis. Mon neveu Vigier m'a cfi^ que » vous aviez vollonté d'avoir une espée que j'ay; » je voudrois bien avoir meilleure chose, de quoi » vous eussiez envie , car vous en finiriez bien , si » homme en finoit. Je veux garder les statuts du » de£funt roj , à qui Dieu pardoint ! qui ne voul- » loit point qu'on donnast à son ami chose cjuipi- >» quasi j mais je l'envoie à M. de Bajaumont qui » vous la rendra ' , etc. »

Le comte de Dammartin envoya dire à M. de Bajaumont qu'il vendît l'épée dix blancs y pour en faire célébrer une messe en l'honneur de monsieur Saint- George j à cause de l'opinion qu'il exprime dans sa lettre.

La marine était dirigée par un autre grand dignitaire. La charge d'amiral était inconnue chez les ducs de Bourgogne de la première race ; mais les quatre derniers étant devenus les maîtres des Pays-Bas^ elle fut une des principales de leur maison. Cet officier, qu'on nommait amiral de Flandre,

I . Add. à fHist. du roi Louis XI, dans VÉdit. de Cornmines. Brux.; "7^3, T. ni, p. aag.

xlyj DES MÉMOIRES

commandait toutes les troupes de mer , et arait plusieurs droits et prérogatives ' .

Néanmoins il y a une observation importante à faire , et que nous croyons avoir consignée ailleurs^ c'est npe la plupart d^s villes des Pays-Bas exerçaie%l le droit de protéger elles-mêmes leur navigatiou, non-seulement par des réclamations en leur nom, mais par des trailés qu'elles faisaient avec les nations étrangères , ainsi que par des armements à leurs frais et de leur chef; ce qui dura jusqu'à l'établissement des amirautés, en quatorze cent quatre-vingt sept a. La ligue Jianséatique s'était étendue de bonne heure en Belgique ; mais vers la première moitié du quinzième siècle , un schisme sépara d'elle la Hollande , la Frise et la Zélande; les villes d'Amsterdam, de Rotterdam et de Middelbourg, d'associées qu'elles étaient, devinrent ses rivales et même ses ennemies. Cependant l'union Hanséatique trouvait encore chez les Belges d'immenses avantages ; et Charles-Ie- Téméraire lui-même , quoiqu'elle tendît à empiéter sur la prérogative des princes, la protégea hautement , et s'intéressa avec chaleur à obtenir des Anglais une paix favorable pour elle ^. ,

I .' Mém, pour servir à VHist» de Fr. et de Bourg. B. ag , 3o, 3i.

a. Mém, sur le Comm, aux XV* et XVI* siècles, p. 2^7. 3. P. H. Mallet, de la Ligue Hanséatique ^ pp. a86,

DE J. DU CUEIRCQ. tXy^

Dans répitapbe du duc Philippe , on lui fait

dire :

£tpoar la foi ckrettieiine maintmîr en T^oenr^ J^envojai mes galères jusqoes en la mer majeur >.

En effet, en quatorze cent quarante-«ix, il envoya à Rhodes et vers la Palestine , trois galères bien armées , conunandées par Jean de Portugal , espèce d'aventurier d'une intrépidité reconnue. En i464 ^, Philippe équipe dans les ports de la Zélande douze galères et d'aulres navires de trans* {KHt , montés par dix mille hommes choisis , sous la conduite de ses deux hâtards , Antoine et Bauduin. Les Gantois, en cette occasion, armèrent à leurs frais trcris cent trente citojenj. » Et fut mes^ » sire Sioion de Lalain , seigneur de Montigny , » lieutenant-général de monsieur le bastard en » cette armée ; et estoit belle chose de veoir les » bannières et lespennons en chascun basteau,'car » chacun capitaine vouloit montrer quel homme il » estoit en ce haut et sainct voyage. Les trompettes

089. On trouve des particularités intéressantes sur nos rap^ ports extérieurs au XIl*" siècle dans un ouvrage de M. Auguste Von W'ersebe, trop peu connu parmi nous et intitulé : Uchcr die Nicderlandischen Colonicn ^velche im- Nordlichen Tcutschlande un XII jahrh. gestîftet ^^orden. Hannover, i8i5-i8i6, % vol. in 8**

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