‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 37 sur 167 · I. L. m, ch · texte numérisé non relu

I. L. m, ch

Ivj DES MÉMOIBES

Tels étaient à peu près les moyens d'attaque et de défense , qu'oflfrait alors de la guerre , sur mer et sur terre.

Suivons maintenant Du Clercq dans tout ce qui concerne la vie civile , et descendons du palais du souverain, jusqu'aux derniers degrés de la société.

Philippe jouissait en Europe d'une prépondérance marquée; la renommée du Grand Duc d^ Occident obtenait même des hommages dans les autres parties du^monde connu '. Ses états eussent pu former une monarchie formidable , si ses sujets avaient consenti à obéir à un roi ^ , et si la jalousie de la France et de l'Empire eût pernais

1 . L'Académie voyale des Sciences et Belles-Lettres, établie à Bruxelles, et dont les programmes sont toujours remarquables par rintérêt des questions qui y sont proposées, a demandé, en iS^S, m/î tableau de la cour et du gouvernement de Philippe-le-Bon. Elle n'a reçu, jusqu'aujourd'hui, aucun mémoire sur ce sujet si intéressant et si fécond.

a. Les rois qui régnèrent par la suite sur la Belgique, n'y étaient considérés que comme ducs ou comtes.

Voici comme s'exprime le grand Guillaume, dans son Apologicy publiée un siècle après. « On répondra qu'il est roi (Philippe II), et je dis au contraire que ce nom de roi ni'est inconnu. Qu'il le soit en Castille, en Arragon, à Naples, aux Indes, et partout où il commande à plaisir^ qu'il le soit, s'il veut, en Jérusalem; paisible dominateur en Asie et en Afrique; tant y a que je ne connais en ce pays qu'un duc et un comte, duquel la puissance est limitée, selon nos privilèges, lesquels il a jurés à sa Joyeuse-Entrée. » p. a6

DE J. DU CLERCQ. Irij

qu'il plaçât le diadème sur. sa tête. Cependant l'idée de prendre un titre auguste le préoccupa long-temps , et il est à croire que si son fils eut vécu , celui-ci eût cherché à le mettre à exécuticMi. En mil quatre cent soixante-quatre , Philippe , étant à Lille, reçut une ambassade française, qui lui exposa les griefs du roi , et à laquelle Pierre Le Goux, l'un des principaux conseillers du duc, répondit avec hauteur. Le chancelier de France , l'un des ambassadeurs, observant que Philippe, quoique seigneur de ses pays, n'en étoit pas roi, le duc prit la parole, et dit en présence de tout le monde : « Je veulx bien que chacun sçache que » sy j'euisse voullu , je feusse roy. » Sur quoi Du Clercq remarque qu'il ne dit pas du quel royaume ' . Cet historien ne soupçonnait point que ce pût être de la Belgique ; il savait trop l'opposition qu'un pareil changement aurait éprouvée de la part des provinces, qui craignaient de voir diminuer leurs privilèges : il connaissait d'ailleurs la politique de^ Louis XI y animé par la passion de détruire la maison de Bourgogne, et par conséquent opposé à tous ses projets d'élévation.

et 27 de redit, origiuale. Voy., sur VApologiCy le troisième vol- de Van der Vynckt, p. 36o, et \e Dictionnaire des Anon. et Pseud. de M. Alex. Harbier, Tun des plus habiles bibliographes de l'Europe; a** édit. T. I, p. Ho.

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