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Ixvuj DES MEMOIRES
ébouriflTés sur les costés. D'autres fois les cheveux sont ronds et courts comme une perruque , qui aurait même une tonsure ou mouche au sommet.
Olivier de la Marche raconte qu'en i46o « le duc » Philippe eut une maladie , et par conseil de ses » médecins se feit raire la teste et oster ses che- » veux; et pour n'être seul rais et dénué de sesche- » veux, il feit un édict que touts les hommes no- » blés se feroient raire leurs testes comme lui ; et » se trouvèrent plus de cinq cents nobles hommes » qui , pour l'amour du duc , se feirent raire comme » lui; et aussi fut ordonné messire Pierre Vac- » quembac et autres, qui prestement qu'ils véoient » un noble homme, lui ostoient ses cheyeMX ». » L'existence de cet édit ne pourrait-elle pas être révoquée en doute? Quant à l'empressement des #courtisans singes du maître , il ne faut pas s'en étonner. Pontus Heuterus dit que les grands conservaient alors leur chevelure avec soin , en sorte que leur métamorphose n'en prêta que davantage à rire au peuple : Ita ut BnixeUœ cœterisque urbibus aiguë oppidis omnes rasi magno vuLgi cuni risuconspi-cerentur ^. Observons dans le passage delà Marche
i.P. I. ch. 34.
2. Rerum Burg-ad ann. i464. V. Loyens, Synopsis renim gest. à Loth. Brah, et Limb, ducibus^ sous la même année. Il ya dans les lettres d'Érasme une anecdote sur les perruques, racontée fort agréablement.
DE J. DU CLERCQ. bdz
que le perruquier du duc était un personnage d'importance^ puisqu'on lui donnait du messire comme aux chevaliers. Apparemment qu'il s'était anobli par le fait seul d'avoir touché une tête auguste*
Saint-Gelais mentionne aussi cette anecdote > • Il raconte que lorsque Philippe accompagna Louis XI à son entrée à Paris, il fit tondre ses gens pour qu'on les distinguât ; sur quoi les auteurs de Vjirt de vérifier les dates observent que le fait est vrai , mais que le motif du duc de Bourgogne en les faisant tondre n'était pas de les faire distinguer (ils étaient assez remarquables par leur magnificence ), mais (jue ce fut au contraire pour n'en être pas lui-même distingué d'une manière désavantageuse, ayant perdu ses cheveux dans une maladie dont à peine il relevait ^.
Nos miniatures donnent pour costume aux grands personnages , des robes de drap d'or ou d'argent ; quelques officiers de la cour ont une épée courte comme un couteau de chasse , un pantalon serré , à l'une des jambes une botte molle àpoulaine, un soulier à l'autre. Des rois mêmes sont figurés ainsi : collet monté roide et plissé , ni barbe, ni favoris, ni moustaches ; quelquefois le soulier et la botte noirs ou jaunes ; quelquefois l'une jaune , l'autre