I. Mém.y ch
a UArt de vérif. les dates y T. U, p. 89.
MOÏSTRBLET. T. XII. — MbM. DE J. DC ClEKCQ. f
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noir; lès souliers ou bottines lacés sur le côté. On se servait en route et à la chasse de bottes qui dépassaient le genou, comme celles de nos pêcheurs.
Il paraît qu*il était alors de bon air pour les hommes d'avoir les jambes grêles et les épaules larges, comme pour les femmes de pousser le vçntré eu avant ; on se renflait les épaules à Tâide de bourrelets ou maheutresj plusieurs portaient dès casaques dont les manches fendues laissaient passer celles du juste-au-corps.
Comme en ce temps les belles étoffes étaietit d'un prix considérable, le don d'une robe n'avait rien d'humiliant. Quand les ambassadeurs de Ladislas vinrent à la cour de Charles VII , le comte de Foix donna au roi d'armes de Hongrie , dix aunes de drap de velours > ; les riches en distribuaient à leurs gens ; de là l'expression êu^e aux draps de quelqu^un ^ pour dire être à ses gages , à son service.
M. Le Francq de Berlkhey observe très justement que parmi les monuments qui nous restent de l'ancien costume national hollandais, il n'y en a point qui soient plus authentiques que ceux des livrées des villes. Il remarque à ce sujet que c'était jadis l'usage que les bourgeois des villes , et prin-
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eipalement ceux qui y avaieot quelque cfaai^ ou ofiGice , portassent la livrée ou les couleurs des armes de la ville sur leurs habits ; c'est là l'origine de l'usage bizarre d'habiller les orphelins de deux cou« leurs différentes. Au siège de Nuis , en i/ij6 , les Hollandais qui vinrent au secours du duc Charles , s'j rendirent sous les drapeaux ou bannières de leurs villes respectives, et les soldats de chaque kinnière étaient vêtus de différentes couleurs, mêlées suivant la livrée de leurs villes , qu'ils portaient par-dessus la cuirasse. Ceux d'Amsterdam, par exemple, étaient vêtus mmtié rouge et moitié blanc , et ceux de Hoorn avaient des habits bigarrés de grandes bandes rouges et blanches , etc. Ce qui fit dire , par dérision , aux habitants de Nuis : Ulwer approche y car voila les corneilles amoMelées qui arrivent.
Le même , qui a traité assez longuement de l'habîllement des {hollandais dans les divers siècles, observe encore que , suivant les anciens tableaux, la noblesse des deux sexes au quinzième siècle , et même bien avant dans le seizième , était presque généralement vêtue de satin noir appelé ^amjt{ tandis que le taffetas se nommait cendal) y ne portant quelquefois que des pourpoints d'un bleu de roi, ou d'un fond jaune. Les enfants, jusqu'à l'âge, de douze ans étaient habillés de couleurs plus gaies, n est probable que la noblesse avait adopté
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cette couleur noire, à cause que l'or y sortait mieux, car les boutons et les chaînes d'or massif couvraient souvent toute la poitrine.. M. de Berlkhey a vu un busqué de femme sur lequel il y avait cent trente-six petits boutons d'or massif, sans les tresses et la broderie d'or » .
U élégant édifice delà coiflPure des femmes ne s'élevait plus aussi haut. Paradin, en 1428, se plaignait que « tout le monde estoit lors fort déréglé » et débourdé en accoutrements , et que surtout le» » accoutrements de tète dès dames estoient fort es- » tranges , car elles portoient de hauts atours sur » leurs testes , et de la longueur d'une aune ou en- »viron, aigus comme clochiers, desquels des- » pendoit par derrière de longs crêpes à riches » franches comme estendards 2. » C'est encore à peu près ainsi néanmoins qu'est parée, dans ses portraits , la duchesse Marie , fille de Charles-le- Téméraire. Ces parures gigantesques excitèrent le zèle des prédicateurs. En l'année marquée ci-dessus, un carme breton^ appelé frère Conecta, vint en Belgique. Afin de rendre ses prédications plus efficaces, il exhortait les polissons à décoiffer les femmes. Les missionnaires du dix-neuvieme siècle , à
I. Histoire géogr., phys. , nat. et civ. delaHoU. T. III', p. 8^,87.
a. Ann. de Bourgs liv. UI, p. 700.
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ce qu'aucuns assurent, ont conservé ces traditions apostoliques ". Conecta n'obtint qu'un avantage de peu de durée, « Après son départ , dit encore » Paradin , les dames relevèrent leurs cornes et fi- » rent comme les limaçons, lesquels, quand ils » entendent quelque bruit, retirent et resserrent » tout bellement leurs cornes ; ensuite , le bruit » passé , ils les relèvent plus grandes que devant. » Ainsi firent les dames , car les Hennins ne furent » jamais plus grands, plus pompeux et plus su- » perbes qu'après le départ du carme. Voilà ce que » l'on gagne à s'opiniâtrer contre l'opiniâtrerie de » quelques cervelles. »
Les miniatures que nous avons déjà décrites, donnent pour coiffure de tête aux femmes , une sorte de bourrelet très large , en forme de turban , attaché sous le menton avec une gaze fort fine ; leur gorge n'est couverte que d'un mouchoir du même tissu ; une ceinture large , et attachée derrière avec une boucle, serre leur taille fort haut : les manches sont longues et bordées de fourrures; et la cpieue de leur robe , passée dans une fente , laisse apercevoir un riche jupon.
Une jeune fille qui faisait l'inspirée, et que protégeait l'évêque du Mans, débita de son côté de
I. Meter, ad anii. i4a8, p. 271, vers. éd. i5 ii ; Du Conim, au XV' et XVI* siècL , p. ao, n. i.
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fort belles choses contre les chaperons à cornes et les poitrines découvertes , ce qui ne Fempécha pas d*être mitrée et condamnée à pleurer et gémir ses péchés en prison feimée y U espace de sept ans y en pain de douleur et en eau de tristesse " .
Nos mères , sans doute fort respectables , ue dé^ daignaient point les petits artifices qu'a ims^nés la coquetterie pour réparer des ans V irréparable ôurtrage* Elles faisaient un assez fréquent usage du bain , dans lequel elles admettaient leurs amants , comme l'attestent les fabliaux. Le rouge et le blanc leur étaient connus. Dans une pièce intitulée le Mercier y simple énumération que fait un de ces marchands de toutes les choses qui sont dans sa boutique 9 il dit :
J^û qaeron dont eus (elles) se rougissent, Tai bUnchet dont eas se font blanches *.
Les dames, si jamais ce livre leur tombe sous la main, ce que nous n'osons espérer, seront peut-être bien aises d'avoir la recette dont se servaient leurs aïeules. Un certain Ogier ou Augier s'exprime ainsi dans un sirvente : « Je ne peux souffrir le teint » blanc et rouge que les vieilles se font avec l'on- » guetit d'un œuf battu qu'elles s'appliquent sur le