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celui-ci le lui ordonue. Mais celte innocente adulation y si même c'en est une , n'est-elle pas naturelle, et Lalain devait-il faire preuve de toute sa vigueurcontre un adolescent qui s'essayait à gagner ses éperons? Charles-Quint prit, en quelque sorte, la défense du gentU chevalier ^ lorsque, dans une passe-cTarmes y Louis Zuniga de Requesens, déchargea sur la tête de Philippe un coup si terrible, qu'il le renversa par terre , évanoui et presque sans vie. Eh ! quoi y dit l'empereur , crojeznvous donc y monjilsy que les lances en ce pays soient aussi faciles a rompre qu^en Espagne ? paroles qui ne sont pas moins honorables pour le caractère belge, que pour le prince qui les prononça.
Le comte de Charrolois profita de la leçon de Lalain : « A ce mestier estoit renommé , non pas » seulement comme un prince ou seigneur , mais y) comme un chevalier dur, puissant et à douter. » Et certes il fréquentoit les joustes en icelui temps » et gaignoit bruit et paix; et enduroit le faix et le » travail , et donnoit et recevoit grands coups sans » soi espargner , comme si c'euist esté un pauvre » compagnon qui désiroit son avancement '. »
I . O. DE La Marche , liv. I, ch. îi8. Pétrarque écrivant à Hugues, marquis de Ferrare, dit qu'il n'appartient qu'à de simples cbevaliets de se trouver aux tournois, parce qu'ils n'ont pas d'autres moyens ni d'autres occasions pour donaer des preuves de leur valeur et de leur adresse, et
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À.U seul mpt de tournoi l'imagination se réveille ^ et l'on oublie l'oppression féodale pour ne s'occuper que de grands coups de lances et desprodiges de la valeur et de la galanterie. Les hourts sont dressés autour de la lice , une foule de jeunes beautés s'y placent. Lacez ^ lacez ^ s'écrkînt les hérauts et les poursuivants , pour avertir les tenants de s'armer* Enfinceux-ciscttlentde leurs pavillons, où flottent des banderoUes de mille couleurs, entourés d'écuyers qui, chargés d'armoiries, semblent des figures héraldiques. Ils parcourent l'arène sur leurs coursiers , qu'ils font caracoler avec grâce. A leurs bras , sur leur cœur , au cimier de leurs casques, sont attachées de nobles emprises qu'ils ont juré de défendre. Les trompettes sonnent; le juge du camp fait aux jouteurs une part équitable du soleil et du vent ; ils prennent du champ et se précipitent les uns contre les autres. Terrible est le choc ; du premier coup les Ismces volent fracassées ; même un des chevaliers tombe sur l'arène , et son heaume renversé découvre les traits les plus doux. Des hourts s'écha]^ un cri perçant, c'est le cri de celle qu'il aime : à cette voix chérie , il se relève
que leur mort est de petite conséquence^ mais que les princes, pouvant faire éclater leur courage en mille autres rencontres, et d'ailleurs leur vie étant importante aux peuples, s'en doivent abstenir.
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comme un lion y attaque inojHuément son adversaire déjà sûr de la victoire^ et^ la hache à la main , la tête nue, il parvient à le, terrasser , malgré son avantage. Qui sait si le vaincu ne perdra pas la vie ? Les juges du camp jettent dans la lice leur baguette blanche ; elle vole , tombe ; il est sauvé ! De nouveau les clairons sonnent, les hérauts répètent : « Largesse! largesse! tumneur à la chevalerie ! » et -le vainqueur reçoit le prix de la journée des mains de sa dame, à qui ses rivales portent tout bas envie.
Les fenmies ne prenaient pas la part la moins active à ces joutes. C*étaient elles qui , comme on le voit, récompensaient le triomphe et animaient les preux dans le fort de Faction. Au tournoi célébré à la cour de Bourgogne en i445 , Olivier de la Marche dit que le chevalier qui avait fait « cidar les » armes, chargea pour emprise, une manchette de » dame faite d'un délié violet , moult gentiment » brodé \ et fit attacher icelle emprise à une aiguil- » lette noire et bleue, richement garnie de dia- » mants , de perjes et d'autres pierreries. »
On lit dans le roman de Perceforêt , qu'à la fin d'un tournoi les dames » estoient si dénuées de » leurs atours, que la plus grande partie estoit en » pur chef; car elles s'en alloient les cheveux sur » les épaules 'agissants , plus jaunes que fin or; en » plus leurs cottes sans manches ; car toutes avoient
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» donné aux chevaliers , pour eux parer , et guim- » pies et chaperons, manteaux et camises, man- » ches et habits; mais quand elles se virent à tel » point, elles en feurent ainâ toutes honteuses. » Mais sitôt qu'elles virent que chacune estoit en » tel point , elles se prirent toutes à rire de leur » aventure; car elles avoient donné leurs joyaux » et leurs habits de si grand cœur aux chi?valiers , » qu'elles ne s'apperce voient de leur dénuement » et devestement, » Ce tableau n'est pas indigne de l'Arioste.
De quoi se composait donc à cette époque l'éducation d'un chevalier accompli? des observances de piété, des exercices de corps , parmi lesquels la chasse tenait un des premiers rangs ; de la musique et de la lecture des livres de chevalerie , auxquels on joignait quelques histoires et divers traités de morale,
La chasse était soumise à des règles sévères et compliquées ; le cérémonial y prenait le pas sur le plaisir : véritable récréation de gentilhomme. Aussi d'illustres auteurs ne dédaignèrent pas d'en donner les préceptes , tels que l'empereur Frédéric II, et Mainfroy, roi de Sicile, son fils naturel ». Le livre du roi Modus et de la reine Ratio y qui a été imprimé , mais d'une matiière incomplète , et qui