‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 63 sur 167 · Liv. I, ch · texte numérisé non relu

Liv. I, ch

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et ia firamée. Au siëde de Do Qercq , il fallait, pour sortir de radolescence, paraître dans on toariKH. Vers la Toussaiiit, l'an i452 y le comte de Gharroloîs , Âgé de seize à dix-sept ans , fil ses premières armes à Bruxelles. Son père lui avait donné TcH^dre de chevalerie , immédiatement après son baptême ^ On lui chcnsit pour jouteur le chevalier Jacques de Lalain. Les deux chanqpions furent armés au Parc , en présence du duc et de la dodiesse. Nous laisserons parler la Marche^ dont le récit , qui d'ordinaire est traînant et embarrassé y a y dans cette occa^n , une foime agréable. <c Lances leur furent baillées, et, à cette pre- » inière course y le ccnnte férit messire Jacques en » l'escu, et rompit sa lance en {dusieurs pièces, » et messire Jacques courut haut; et sembla au » doc qa'il avoît son fils espargné , dont il fut mal » content; et manda audit messire Jacques, que » s'il Touloit ainsi £adre, il ne s'en melast plua^Lan- » ces leur furent rebaillées, et ledit messire Jacques » de Lalain laissa courre sur le comte .; et d'autre » costé vint le comte mouk vivement, et se ren- » contrèrent , tellementqu'ils rompip^nt leurs laq- » œs tous deux en tronçons; et, de ce coup, ne » fut pas la duchesse contente dudit messire Jdc-

î. Habjevs, t. I, p. 4î»8-

cvuj DES MÉMOIRES

» ques , mais le bon duc s'en rioit , et ainsi estoient » le père et la mère en diverses opinions. L'un dé- » siroit l'épreuve , et l'autre la seurelé. Et à ces » deux courses, saillit l'essai du noble comte. » Duquel essai furent Ijes sages moult contents et » réjouis , pdur ce qu'ils virent leur prince a venir )) prendre les armes, et soi monstrer courageux » et homme pour ensuivir la noble lignée dont » il estoit issu ; et se passa le temps jusques au jour » des joustes qui se firent sur le marché de Bruxel- » les, là où il j eut grande assemblée et grande » noblesse; et fut amené le comte Charles sur fes » rangs , et accompaigné par le comte d'Estampes, » son cousin , et par plusieurs autres princes, che- » valiers, et nobles hommes; et le tenoient de » fort près le seigneur d'Auxy et Jehan de Ro- » simbos , seigneur de Formelles ; et ces deux l'a- » voient nourri et gouverné dès son enfance ' • » Le moindre détail est à remarquer dans ce petit drame : chaque personnage j garde son caractère. La duchesse tremble pour son fils ; le duc ne craint que de voir un chevalier vulgaire dans celui qui doit lui succéder. Enfin , malgré sa franchise, Jacques de Lalain est un peu courtisan , et n'oublie qu'il combat le fils de son maître , que lorsque

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