I. L.ÏV,ch
DE J. DU CLEROQ. onnry
thèqne du duc Philippe en était richement pourvue. Outre les livres qu'il faisait exécuter à grands frais, par des copistes Iiabiles^ tels que J. Mielot et David Aubert, et que des artistes connus sous le Dom de mbricatores y iïluminaiores y miniatores y miniculatores i , enrichissaient de fleurons et de miniatures ^^ , il en recevait souvent des seigneurs de sa cour , instruits du prix qu'il attachait à de pareils présents. Il avait d'ailleuiS, en parvenant à la souveraineté des diverses provinces belgiques, trouvé un fonds considérable amassé par ses prédécesseurs , et augmenté encore par le pillage des monastères de France , durant les guerres civiles ,
I. Le père de notre grand Érasme exerça la profession de copiste, encore lucrative alors, quoique Fimprimerie fut en usage.
a. Il y a dans la bibliothèque de Bruxelles, un manuscrit magnifique de la traduction des Chroniques de Jacques de Guise , traduction qui est à peu près la même que celle qu'on imprima en i53i , mais plus complète. Paquot semble croire que ce manuscrit avait péri en t73i, dans l'incendie du Palais. Le premier volume, terminé en i46i, est orné d'une miniature magnifique, que nous croyons être d'Hemmelinck. Nous saisissons cette occasion d'ap^ plaudir à l'entreprise de M. le comte Fortia d'Urban , qui a commencé à donner, pour la première fois , le texte tnèm)e de J. De Guise, accompagné d'une' traduction, L'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Brunettes s'est empressée de remercier ce savant du service qu'il rend à l'histoire de Flandre.
cxrvuj DES MÉMOIRES
soùs Charles VI et Charles VII K Ce qui en reste, malgré les pertes nombreuses que nous avons éprouvées , est encore fort considérable. Les livres qui ont été écrits expressément pour le duc Phi-» lippe, se distinguent par la grandeur de la lettre, la beauté du parchemin , la correction et la fraîcheur des peiatures.
Entrons dans la librairie des ducs de Bourgogne, mise sous la surveillance du garde des jojauœ. Dans une des salles de ce palais, que Philippe embellit en i452 ^ , des armpires en ogives, chargées d'ornements gothiques , renferment quelques centaines de volumes magnifiquement reliés et enrichis de lourds fermoirs et de clous d'argent. Ils sont couchés sur le plat, la tranche en dehors; plusieurs portent les armes des Croy , ces favoris puissants , qui , du moins , faisaient la cour d'une manière délicate à leur maître , en caressant son goût pour les lettres. D'énormes pupitres , quelques fauteuils semblables aui^ sièges des chanoines dans les églises , sont les principaux meubles qui décorent cet appartement. Approchons-nous , et
I . Et en égli'sse prenoiçntxils livres , et topLte autre ch€>se qu'ils pouvaient happer; et en abbayes de dames autour de Paris y prindrent'ils messel, bréviaires, etc. Journal de. Paris, p. 34.