‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 75 sur 167 · I. Journal de Paris y p · texte numérisé non relu

I. Journal de Paris y p

i. Guillaume de Haraucourt fut aussi arrêté.

Diqitized by VjOÔQ IC

DE J. DU CLERCQ. cxxv

NW a plas pas un, Tous sont despechës !

Lorsque le grand maître Antoine de Chabannes rédaisit le pays d'Armagnac sous robéissance du roi, on chansonna les vaincus, suivant l'usage :

Canaille d^ Armagnac , comme as pojyë (pa) soufiGrir La Tenue de France du comte Dammartin ?

Le trait n'est pas piquant ; mais il peut encore servir à quelque poète de circonstance, empressé de célébrer la raison du plus fort.

Le connétable de Saint-Pol fut livré par le duc de Bourgogne à l'amiral de France, bâtard de Bourbon , et aux sieurs de Saint-Pierre et du Boucbage : sur quoi l'on disait à la cour qu'il y avait guerre en paradis , et que Saint-Pierre avait pris Saint-Pol. Après l'exécution, la complainte suivante fut à la mode :

Mil quatre cent, Tannée de grâce.

Soixante et quinze, en la grand^ place , A Paris , que l'on nomme Grève', L'an que fust iaite aux Anglpis tresve , Et de décembre le dix-neuf.

Sur un échaffaud £adt de neuf Fust amené le connestable £)n compagnie grande et notable , Comme le veut Dieu et raison , Pour sa très grande trabison :

£t là il fiist descapitë En cette très noble cité.

L'année suivante, Arras fut assiégée par Louis XI

cxxvj pES MÉMOIRES

et obligée de se rendre, malgré ces bravades des habitants :

Quaiid les rats mangeront les cas Le roi sera seigneur d' Arras ; Quand la mer qui est grande et lée Sera à la $aint Jean gelëe, On verra pardessus la glace Sortir ceux d'Arras de leur place.

Quoique le règne des troubadours fût passé , on estimait encore le talent de conter , comme nous l'apprend notre auteur , ^ propos de cet infortuné qu'on nommait Vabbé de peu de sens y et qui fut brûlé comme Vaudois. « Icellui abbé estoit de » l'âge de soixante ou soixante-dix ans , et estoit » peintre , et estoit bien venu en plusieurs lieux ; » et pourtant qu'il estoit réthoricien et faisoit » chant et ballades, et les disoit devant les gens, » et par espécial avoit fait plusieurs beaux dic- >) tiers et ballades à l'honneur de la glorieuse » vierge Marie , et par ce plusieurs gens l'avoient » bien chier '. >>

Les rimes qui précèdent n'ont rien de remarquable : c'est ainsi qu'on écrivait alors en vers les ouvrages de longue haleine ; l'imagination était dans les détails, dans la multiplicité des événements, rarement dans le style, ce que prouvent les espèces de poèmes célèbres alors. La biblio-

Page 1