VÉNERIE DU DUC
Le duc Philippe-le-Bon fit à Dijon des ordonnances pour régler sa vénerie.
Ordonnance de Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne ^ sur sa vénerie.
Phelippe , duc de Bourgongne , comte de Flandres^ d'Artois et de Bourgongne, Palatin, seigneur de Salins et de Malines , à nostre amé et féal conseiller et receveur général de Bourgongne , Mathieu Regnault , salut et dilection. Comme nous ayons ordonné prendre et avoir de nous chacun an, tant qu'il nous plaira , sur nostre recepte générale de Boui'gongne , aux gens de nostre vénerie la somme de a, 000 francs, pour les causes et en la manière cy-après déclai'ée : c'est assavoir , pour le vivre de cinquante chiens courants , cinq limiers et trente lévriers qui sont en tout quatre-vingtquinze chiens que avons ordonné et ordonnons ordinairement estime en nostre vénerie, pour le vivre des- ((uels chiens voulons et (ordonnons par ces présentes estre par vous baillé et délivré chacun an deux cents
DE PHIUPPE-LE-BON. crj
émi nés de grains, mesure de Dijon, tan tfromant comme oi^ y au clerc de nostrediie vénerie , présent et advenir, dont il baillera sa lettre de recepte à celuy ou ceulx de qui par nostre ordonnance il recevra lesdits grains , et en sera tenu de rendre compte en la chambre de nos comptes à Dijon , ainsi qu'il appartiendra , lesquels grains pourront valoir par commune année environ 4B3 francs.
Item y voilions et ordonnons prendre et avoir de nous par vos mains cbacun an auidits gens de nostre vénerie , tant pour leurs gages ordinaires et pour leurs robes , comme pour chevaux et cordes , la somme de 1,5 17 francs. C'est assavoir, à notre amé Jehan de Foissy , maistre de nostre vénerie , pour ses gages ordi- . naires , 1 4o francs , pour sa robe 1 o francs , et pour chevaux 3^ francs, qui font 180 francs. A Huguenin de Gissey, nostre veneur, pour ses gages ordinaires 100 francs, pour sa robe 8 francs, et pour chevaux 20 francs : tout 128 francs. A Guyot de Saint -Anthoc , pour semblable , 128 francs. A Jehan de la Caille, pour semblable , 1 28 francs. A Jehan Mouton , pour semblable, 128 francs. A Guyot Benoist , clerc de nostredite vénerie, pour ses gages ordinaires, 55 francs, pour sa robe 8 francs, et pour chevaux 20 francs, qui font 73 francs. A Guyot Picquet, aide de nostredite vénerie , pour semblable, 73 francs. A Jehan Drouhot, varlet de nos chiens , pour ses gages ordinaires, 36 fr. , et pour sa robe 7 francs , qui font 43 francs. A Robert Bajole , pour semblable, 43 francs. A dit Le Garnement, et à Jehan Godenaire , à chacun 43 francs , font 86 fr. A Hennequin Arguet , pour semblable , 43 francs. A Jehan Piccjuet , paige de nos chiens , pour semblable , 43 francs. A Huet Colin , pour semblable , 43 francs. A Billequot Laboquoy , pour semblable, 43 fn^ucs^
ccij OFFICIERS ET DOMESTIQUES
A .Coustaatiu le Juge , ppiir .s^eimblable , 43firaa€$. A Chrestlen Picquet , pomr semblable , 43 fraacs. A Jehan Fournier , vai'let ae lévriers, po.ur ^eip^lable , 43 JEr- A Drou.at David , pour semblable , 43 francs. ARîcbard Liejabert, pour sejïibla:bje , 43 francs. A Laurent JUis çemet, paige de nos lévriers , aussi 43 francs. A Jel^an Vivient , dit Marguet, fournier, pour se3^ gages ordinaires, 3o francs, et pour sa robe 7 frapics : font 37 fr. A dçjw: soubs-paigjBS de nosdits chiens , à chacun 5 fr. pour une robe seulement , font 10 francs , et pour coxdes à faire co^pl,es , pour litière , et pour lès frais et missions .de charroier Ije paiu desdits chiens de lieu eu autre , qui se livre au clerc de nqstredite vénerie , qui en tiendi'a le compte, 3o fraucs. Ainsi montent toutes les dessusdites parties à ladite somme de 2,ooofr. Item , voulons et ordonnons , parmi ce , que nosdits gens de nostredite vénerie ne ayent sur nostre peuple aucune prinse de bleds , ne d'autres vivres, foing, feurre, ne autres choses quelconques, en quelque manière que ce soit, sinon en payant raisonnablement et compétamment tout ce que pourroient valoir lesdits vivxes et autres choses quelconques, sur la foi et serment qu'ils ont à nous.
Itçm, 3emblablement voulons et ordouiions que le clei'c de nogtredite vénerie, présent et advenir, compte chacun an en uotredite chambre des comptes à Dijon , de tont ce qu'il recevra , tant pour le vivre de nosdits chiens, comme de 3o francs ordonnés pour cordes, dont dessus est faite mention, et autrement à cesta occasion, en prenant et rapportant pour son acquit dudit Jehan de Foissy nostre maistre veneur, certiffication de la quantité du bled qui sera délivré loyalement et sans fraude pour la dépense de nosdits chiens^ jn^ques à la valeur desdits deux cents éminçs et au-
m: phiuppe^le^bon. ccuj
<les5ous ; ensemble oerliffication dudit maislre yéneur s^T la déliyranoe desdits gnâns, et aussi certiffication dudit maistre veneur sur le payement des gages des gens d'iceUe nostre vénerie , du temps qu'ils auront servi , afin que celui ou ceux qui ne serviront ne soient payés et satisfaits , sinon du temps qu'ils auront servi seulement, comme raison est. Et en outre, ordonnons que doresnavant n'y ait plus autre personne qui tienne aucun compte de ce que dit est , fors seulement en la manière sus dédarëe.
Item , voulons et ordonnons que les robes de nosdits veneurs soient faites chacun an de nostre livrée , toutes pareilles, d'une couleur et livrée, selon nostre bon plaisir , et qu'il sera advisé par ledit maistre veneur.
Item, voulons et ordonnons que ou cas que le nombre des chiens dessus déclaré ne sera en ladile vénerie , que l'on ne délivre des grains que au prix et à la valeur , et selon ce qu'il y aura de chiens seulement , dont il apperra par certiffication dudit maistre véneur> tant sur le nombre desdits chiens , comme sur la quantité dudit bled nécessaire pour le vivre desdits chiens , au-dessous de la quantité par nous ci-dessus advisée , et de ce comptera le clerc de nostredite vénerie > par certiffication dudit maistre véneui*, comme il appartiendra.
Item, voulons et ordonnons auxdits gens de nostre vénerie , que soyons bien et diligemment servis de plusieurs manières de vénoisons, et par espécial, quand nous serons en nosdils pays de Bourçogne et es lieux environ.
Item , voulons et ordonnons que cesie présente ordonnance commence le premier jour de ce présent mois de janvier 1427* Si voulons et expressément vous mandons que des deniers de votre récepte vous payés y
cciv OFFICIERS ET DOMESTIQUES
baillés, délivrés et appointés lesdites sommes d'argent et de grains, tant audit Guyot Benoist, comme audit maistre veneur, et autres dessusnommés; c'est assavoir, à chacui^ d'eux, comme il appartient pour l'an que dessus , finissant au dernier jour de décembre ensuivant 1428, et doresnavant chacun an en la manière ci-dessus déclarée , tant comme il nous plaira , et par rapportant pour une et la première fois ces présentes coppies d'icelles fait sous scel autentique , ou coUationnée par l'un de nos secrétaires ou en la chambre de nos comptes à Dijon , et les lettres , quittances , et certîlfications requises et nécessaires à rapporter; tant seulement", tout ce qui à ceste cause sera par vous payé, sera alloué en la dépense de vos comptes et rabattu de vostre recepte par nos amés et féaux les gens de nosdits comptes à Dijon , auxquels nous mandons que ainsi le facent sans aucun contredit ou difficulté, selon et par la manière dessus déclarée, nonobstant quelconques ' oi'donnances ou deffenses à ce contraires. Donné à Dijon, le vingtième jour de janvier, l'an de grâce 1427. Signé par monseigneur le duc , à la relation du conseil , ouquel vous , plusieurs des gens du conseil , les geo» dçs comptes à Dijon estiez. T. Bouesseau.
Ordonnance et restriction j selon laquelie monseigneur le duc de Bourgogne veut que la vénerie de ses pays de Bourgogne soit doresnavant gouvernée et conduite*
Premièrement , messire Jacques de Montmartin , chevalier, maistre veneur de ladite vénerie, qui souloit prendre de mondit seigneur par chascun an pour gages , cheval et robe , la somme de 180 francs royaux . aura seulement pour toutes choses chacun an , 1 3o fr. royaux.
Item , veut mondit seigneur qu'il ait en ladite véné-
DE PHILIPPE-LE-BON. c«'v
rie trois veneurs gentilshommes ; c'est assavoir : Simon de Damas 9 Perro d'Arento, et Guillaume de Fussy, lesquelles souloient avoir pour la cause devant dite, cbacun 128 francs par an, mondit seigneur les réduit et resti^einct chacun à 80 francs par an , qui font la. somme de 240 francs.
Item y et au regard de Jehan de Gand , qui souloit estre veneur en ladite vénerie , pour restreindre et éviter rexcessive dépense et nombre de gens qui estoit en icelle , mondit seigneur l'en décharge et déporte , et veut qu'il n'y ait que les trois veneurs avant dits.
Item , au lieu de deux aides qu'il avoit en ladite vénerie , lesquels souloient prendi*e pour chacun d'eux 83 francs par an , tant pour gages , chevaux , que pour robes , etc. , mondit seigneur veut et ordonne qu'il n'y ait qu'un aide seulement , nommé Antoine Oudart, qui aura 5o francs par an : et au regard de Richard Duret , qui souloit estre aide en ladite vénerie, mondit seigneur l'en décharge. Pour ce ici 5o francs.
Item j veut et ordonne mondit seigneur, que au lieu de cinq varie ts de limiers, qui souloient estre en ladite vénerie , lesquels avoient chacun , tant pour gages que pour robes, 43 francs par an, n'yaura que quatre varlets de limiers seulement , qui auront chacun d'eux 3o fr. par an , font 1 20 ; et au regard du cinquiesme , mondit seigneur l'abolit.
Item, y ordonne mondit seigneur que en lieu de cinq paiges de chiens , qui souloient estre en ladite véuerie, lesquels prenoîent semblablement par chacun an , tant pour gages que pour robes, 43 francs, n'y aura que quatre paiges de chiens seulement , qui auront chacun d'eux 2 7 francs par an : et au regard du cinquiesme , mondit seigneur l'abolit. Pour ce ici 108 francs.
Item y veut et ordonne mondit seigneur qu'il y ait
ccvj OFFICIERS ET i;)OMESTIQUES
q^uatre varlels de lévriers , lesquels souloient prendre par an chacun d'eux 4^ francs, auront seulement chacun 27 francs par an : font lo^ francs.
Item y le fournier de ladite yénerie , qui souloit ])rendre par fin 37 francs, aura seulement par chacun au 20 francs.
Itpm, aura en la yénerie deuxsoub^-paiges; assavoir: l'un pour le? chiens courants , el l'autre pour les léyriers, qui auront chacun par an 5 francs: font jo f^.
Item y veut et ordonne mondit seigneur qu'il y ait en ladite vénerie soixante chiens courants , et cinq lii^iers pour les deiix saisons , et trente lévriers , qui font j>our tout quatre-vingt-quinze chiens ; pour le gouverj^ement desquels, tAnt pour pain, hostellaiges, littières, char^iaige ^e pain , coliers de lévriers , bois , charbon , aussi pour nourrir les cayaux des chiens courants , et toutes autres choses nécessaires appartenants à ladite vénerie , et aussi pour le molaige du bled, pour le vivre desdits chiens, et le fournaige d'icelui, ledit messire Jacques de Mpntmartin aura pour la conduite, entre- .te^€;ment et gouvernement des choses dessusdites par cl^açun an la somme de 4 1 4 livres.
Ces (ordonnances sont du^mois de mars 1467.
Maîtres de la vénerie.
Il faut observer que, selon plusieurs comptes^ les maîtres de la yéperie , ou maîtres veneurs , avaient de gage3 i4o francs, 10 francs pour le droit de robes, et 3 o francs pour leur cheval. Les veneurs avaient 100 fr. de gages, 8 francs pour leur robe, et 20 francs pour leur cheval; les aide^ de vénerie avaient 55 francs de grjiges, 8 francs pour leur robe, et 20 francs pour leur cheval. Leclercde 1^ vénerie avait dq gages 55 fr., 8 francs pour sa robe, et 20 francs pour son cheval.
DE PHILIPPE-LE-BON. ccvij
Messire Guillaume de Foissy, clievalier. — Hu{;ueiiin,
l)âtai*d de Cissey. — Jacques de HoDlmartin^ écuyer,
paoelLer , et jnatixe de la véuerie. — Jean de Foissy ,
maitre de la vénerie du duc.
P^ingt-quatre veneurs.
Guiot de Saînt-Authoc. — Jean de Foissy , dit le Jeune. — fliîbault de Gand, écuyer, veneur de monsieur le duc, par lettres-patentes données a Bruges le 21 février i44o, aux gages de loo francs, outre ses droits de robes et cheval. — Jean Mouton. — Guiot de Vaulx , veneur , par lettre donnée à Saint-Omer, le 3o octobi'e i44o. — Huguenin de Gissey. — Simon de Damas. — Jean La Caille.
Douze aides de vénerie,
Guiot Picquet. — Jean Godenaire, l'aîné; il avait les gages ordinaires^ qui étaient de 55 francs , ^o francs pour son cbeyal, et pour sa robe 8 francs. — Ricbard Duret, écuyer, seigneur de Quemigny. — Antoine Oudart , mêmes gages.
Vingt-quatre valets de veneurs.
Les comptes ne parlent point de leurs gages.
Clerc de la vénerie.,
Guiot Benolst. — Guillaume Froment. — N. Briflault . ( es^trois se sont succédés.
Douze pages. Six pages de chiens courants. Six pages de lévriers.
Les pages de cbiens, selon les comptes, avaient 43 fr. de gages. , — Jean Picquet , page de cbiens. — Huet Colin , page. — Billequot Laboquoy , page. — Constantin-Ie- Juge , page. — Chrétien Picquet , page. — Laurent Eussemet, page.
ccvUj OFFICIERS ET DOMESTIQUES
Douze sous-pages de chiens.
Le duc Philippe, comme il paraît par son ordonnance, réduisit le nombre de sous-pages de la vénerie. Avant cette ordonnance , il y en avait douze , comme il conste par un ancien état de maison du même duc.
Six gouverneurs de valets de chiens. Six valets de chiens limiers. Six valets de lévriers. Six valets d^épagneuls. Six valets de petits chiens.
Les valets de lévriers et les autres valets de chiens avaient 43 francs pour leurs gages et pour leurs robes. — Jean Fournier, valet de lévriers. — Druot David , valet de lévriers. — Richart Lieubert, valet de lévriers.
— Jean Drouhot, valet de chiens. — Robert Bajole , valet de chiens. — N. dit Le Garnement, valet de chiens.
— Hennequin Arguet, valet de chiens. — Jean Godenaire, valet de chiens : il avait les gages ordinaires, qui étaient de 43 francs. — Jacquot Godenaire, le jeune, valet de chiens ; mêmes gages. — Huguenin Ferrant , valet de chiens. — - Hugues Laboquet , valet de chiens. (Laboquoy?^
Fournier ( Fourrier? ) de la vénene.
Jean Vivien , dit Marguet, fournier pour la vénerie ; il avait pour ses gages 3o francs, et pour sa robe 7 fr.
Dans un compte de 1 4 5 7 , îl est dit que les gages des j)ages, sous- pages, valets de chiens, fournier et clerc de la vénerie, montaient à 1 969 livres onze gros.