‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 3)Chapitre 42 sur 107 · CHAPITRE CCXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXVIII

Comment le roi d'Angleterre fit assiéger les forteresses du Châtetn- Gaillard et de la Roche-Guyon , qui en la fin furent conquises; et autres matières.

En ces mêmes jours le roi Henri d'Angleterre fit assiéger toutes les forteresses du Château-Gaillard et de la Roche-Guyon , lesquelles étoient deux des plus fortes places de la duché de Normandie; et les tenoient les #ens du dauphin ; mais , au bout de deux mois, la Roche-Guyon, fut rendue du consentement de la dame qui étoit dedans, audit roi d'Angleterre ; lequel présentement la donna à messire Guy le Rou tel lier ; et avec ce , lui vouloit faire avoir ladite dame en mariage, mais oneques ne s'y voulut consentir , ainçois ( mais ) s'en alla avec ses gens hors du pays, en délaissant sadite forteresse. Et le Château-Gaillard, qui étoit au roi de France, se tint seize mois ; au bout duquel terme se rendit par faute de ce que les cordes dont ils liraient l'eau leur étoient faillies. Et en étoit capitaine, messire Olivier de Mauny, qui avoit avec lui six vingts gentilshommes ou plus. Et tenoient le siège, les comtes de H au ti ton (Huntingdon ) et de Rime.

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Et durant I$$§faoses dessusdites , avoit plusieurs Dauphinois et Bourguignons qui avoient grand' confidence et communication les uns avec les autres, depuis le traité de la paix , espérant qu'icelle dût être perdu rable. Et s'assembloient très souvent en plusieurs lieux , d'un commun accord, pour faire guerre aux Anglois , anciens ennemis du royaume de France : mais la roue de fortune y pourvut par telle manière, que dedans brefs jours ensuivaut furent en plus grand' tribulation et haine l'un contre l'autre , que jamais n'avoient été , comme ci-après sera déclaré.

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