‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 3)Chapitre 64 sur 107 · CHAPITRE CCXXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXXXVIII

Comment Phi lippe , comte de Saint-Pol , alla à Bruxelles, et fit prendre les gens de son frère, le duc de Brabant; et autres diverses besognes qui advinrent en ce temps.

Durant le temps dessusdit, Philippe, comte deSaint-Pol, dessus nommé, fut hâtivement mandé par grand' partie des nobles et bonnes villes du pays de Brabant, et aussi par sa tante, comtesse de Hainaut , femme de son frère , le duc Jean de Brabant. Auquel mandement > toutes autres choses mises arrière, il alla sans délai. El lui venu audit pays , fut tantôt fait gouverneur de toute la duché de Brabant , par le consentement des dessusdits, au lieu de son frère le duc , duquel bonnement plus souffrir ne pou voient le gouvernement , parce qu'il se méfaisoit par diverses manières. Si se tint i celui comte atout ( avec) son état en la ville de Bruxelles, et commença à faire plusieurs nouvelles ordonnances , qui grandement déplurent à ceux qui gouvernoient le duc de Brabant ; lequel pour lors, étoit absent d'icelle ville de Bruxelles. Et pour tant iceux gouverneurs ramenèrent atout

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( avec ) grand' puissance de gens d'armes en la dessusdite vil le de Bruxelles; laquelle, de première venue , ne lui fut pas ouverte , jusques à tant qu'il eut promis à son frère, le comte Saint-Pol, qu'il tiendrait ses gens , et tous les habitants de la ville paisibles ; et sur ce il entra. Mais quand il fut dedans , ceux qui legouvernoient laissoient à grand* peine et ennui approcher de lui son frère dessusdit et les autres nobles et notables gens de la ville, dont ils ne furent pas bien contents; et enfin se conclurent avec ledit comte de Saint- Pol d'y pourvoir. Et de fait , se mirent ensemble en très grand nombre, prirent et menèrent prisonniers tous les gouverneurs dudit duc de Brabanl , entre lesquels étoit le principal le damoiseau de Hainseberg. Desquels prisonniers grand' partie furent décapités , c'est à savoir messire Jean de Caudeverk, Jean Sthocart , Edouard Le Duc , Henri Le Duc , messire Henri Clavin , maître Guillaume Clavin , messire Jean Clavin, messireGuillaumePipempoix, messire Guillaume Moyeux, le damoisel Guillaume Asche, Jean du Vert, messire Evrard Serclaux , Jean Clavin, geôlier , et avecque eux plusieurs autres. Si fut mis ledit duc au gouvernement des nobles du pays de Brabant, par l'accord et consentement de son frère le comte de Saint-Pol , et aussi des trois états de sondit pays. Et après furent eux deux ensemble assez unis et en bonne amour.

Esquels jours, les Dauphinois, qui se te noient à Guise en Thierasche, et en la marche environ ,

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s'assemblèrent environ cinq cents combattants; atout ( avec ) lesquels allèrent soudainement en la ville de Beaurevoir , appartenant à messire Jean de Luxembourg, et où il faisoit sa demeure, et aussi en autres villages à l'environ , et là prirent et ravirent plu sieurs paysan s et au très voies, atout (avec) lesquels retournèrent hâtivement, dont ils étoient venus. Pour laquelle envahie ledit de Luxembourg, grandement de ce troublé, assemblai) venirdevers lui grand nombre de gens d'armes, et de trait de plusieurs pays ; lesquels il conduisit, et mena en la comté de Guise pour lui venger du déplaisir que lui avoient fait les dessusdits; et là , envahissant ladite comté de toutes parts, prirent et ravirent tout ce qu'ilstrouvèrent dehors les forteresses, c'est à savoir paysans, chevaux, juments, vaches, brebis, moutons et pourceaux, avecplusieursautres biens , lesquels ils ramenèrent et départirent à leurs plaisir, et après se retrahirent chacun en leur lieux. En après, durant les tribulations dessusdites , trépassa en la ville de Blois, Philippe, comte de Vertus, second frère de Charles , duc d'Orléans, prisonnier en Angleterre, et aussi du comte d'Angoulême. Lequel de Vertus gouvernoit en France toutes les seigneuries de ses frères dessusdits. Pour le trépas duquel le duc de Touraine , dauphin , fut moult aflbibli d'aide et de conseil; et aussi ses deux frères , qui étoient prisonniers , en eurent au cœur grand' tristesse , et le pleurèrent tendrement par long-temps , tant pour l'amour

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fraternelle qu'ils avoienl à lui, comme pource qu'en leur absence , H gouvernent léalement et sagement leur dominations , terres et seigneuries.

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