Henri de Marl
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avocat du roi y fut fait chancelier de monseigneur d'Aquitaine. Et de Paris aussi s'enfuirent, tant les chevaliers comme les commissaires qui avoient été ordonnés à connoitre des causes des prisonniers, tant criminelles comme civiles.
Et adonc le duc de Bourgogne , voyant ce que faisoit le duc d'Aquitaine son gendre dedans Paris, doutant qu'il ne fût pas bien content de lui , et qu'il n'eût souvenance des outrages qui lui avoient été faits , tant en son hôtel comme ailleurs où ses gens avoient été , comme dit est en autre lieu, fut en grand soupçon qu'il ne fût arrêté en personne ; car avecque ce il voyoit chacun jour que les plus féables de ses gens se partoient couvertement sans prendre congé à lui : et les aucuns étoient déjà détenus prisonniers. Et si étoit averti qu'on avoit fait aucuns aguets de nuit autour de son hôtel d'Artois. Et chacun jour venoient devers ledit duc d'Aquitaine en grand nombre , ceux qui avoient été par avant ses adversaires.
Et pour ce , afin d'obvier et résister aux périls qui s'en pouvoient ensuivir , trouva manière que le roi alla chasser en la forêt de Ville -Neuve Saint- Georges. Si alla avec lui; et quand il vit son points il prit congé du roi ^ en disant qu'il avoit eu nouvelles de son pays de Flandre , où il falloil qu'il retournât , pour et à cause d'aucunes grandes affaires qui y étoient survenues. Et de fait se partit, et alla passer en grand , doute parmi le bois de Bondy ; et sans arrêter chevaucha jusques au pont
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Saint-Maxence à petite compagnie , et là geut (coucha) cette nuit ; et le lendemain très matin le vint , quérir le seigneur de Rouq alout (avec) deux cents combattants ; et de là chemina en assez brefs jours jusques à Lille en Flandre,
Lors que son partement fut su , commencèrent les Parisiens et autres de la partie d'Orléans fort à murmurer contre lui , disants qu'il s'en étoit fui pour doute qu'il ne fût arrêté , comme dit est dessus ; et adonc ceux qui étoient demeurés dedans Paris tenants son parti furent en moult grand soupçon ; car chacun jour on prenoit les aucuns, dont on faisoit justice assez hâtive. Et mêmement furent exécutés les deux neveux Jean de Caboche , après qu'ils eurent été traînés parmi Paris grand espace ; et pareillement fut l'hôte de l'Huis de fer , nommé Jean de Troyes , cousin-germain de maître Jean de Troyes , chirurgien , dont dessus est faite mention.
Et quant est à la reine , les ducs d'Aquitaine , de Berri , de Bar et de Bavière , ils furent assez contents et joyeux du déparlement dudit duc de Bourgogne ; furent et aussi plusieurs autres seigneurs, et se tournèrent en assez briefs jours du tout contre lui et les siens, tant de fait comme de paroles.
En après , le roi , les ducs d'Orléans et de Bourbon , les comtes d'Alencon, de Vertus, d'Eu, de Vaudemont et de Dammartin , l'archevêque de Sens , frère Jacques -le-Grand , le Borgne Foucaut, tous ensemble vinrent à Paris , à grand' corapa»
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gnie de gens d'armes en très belle ordonnance. A rencontre desquels issirent les ducs de Berri , de Bar et de Bavière , Tévêque de Paris et autres plusieurs prélats et bourgeois. Si s'entrefirent grand* joie les uns aux autres , et allèrent tous à cheval jnsques au palais où étoient le roi > la reine et le duc d'Aquitaine, quilesreçurentbien notablement, et soupèrent là tous les seigneurs , et puis s'en allèrent loger en leurs hôtels par la ville. Et le lendemain vint audit lieu de Paris messire ^ Charlesd'Albreth , auquel présentement fut rendue I son office de connétable.
Et le huitième jour de septembre ensuivant , à t l'instance et faveur desdits seigneurs, le roi sist en ^ la chambre de parlement, en son lieu accoutumé ; î et là fit et constitua par son grand conseil un édit, ^ lequel il ordonna être promulgué et publié par tout t son royaume , duquel la teneur s'ensuit :
tf Charles , par la grâce de Dieu , roi de France. t A tous ceux qui ces présentes verront , salut. )î » Gomme par l'occasion des divisions et guerres
t et discords jà pieça mus en nptre rojatime , entre ,'. aucuns de notre sang et lignage , plusieurs choses r nouseussent été damnablementetniensongèrement rapportées, sous ombre desquelles, et pource qu'en r notre conseil et aussi en notre ville de Paris , n'é- ,^ toit pas telle franchise , et que n'étions pasconseilt lés vraiment et loyalement à l'honneur de tous et \i au bien de notre royaume , comme il appartenoit ; ]f car plusieurs étoient partials et affectés désordon-
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n^mpnt; etl^s ^utreiS avaient telle eremeur (crainte) qu'ils ([Jiçoienl en le^r personne mémement de grarul' vertu et d^ grand' coQ9tanqe« par<xj qu'ils véoiefjtpourdire et tenir vérité plusieurs perdre leur état:0t^in;$i plusieurs yéoient,parespéciauxnatables prélats , nobles , et a:uires ausi^i de nplre conseil et de notre ville de Paris % être torsion nairement et violentenieut pris çt dépouillés de leurs biens mis à rançon : pourquoi plusieurs de nos bienveillants épient fugitifs et absents de notre conseil et de upfreditp ville de Paris. Et furent plusieurs lettres patentes damnablement procurées et induement obtenues eq notre nopo, et scellées de notre scel, et envoyées à notre très puissant père , souverain seigneur des chrétiens rois, au saint collège de Rome , à s^utres plusieurs grands princes et seigneurs, contenants qu'il étoit venu k notre connoissance plei-? nement et claireipent. Et nous tînmes pour bien et duemeqt informés, tant par certaines lettres qui naguère furent trouvées et apportées en nos mains ^ et de notre conseil , comme par envie que nous avions vu et vîmes tous les jours , jà-soit-ce que de pieça nous en doutions , et que la chose a voit grand temps été couverte sou^ dissimulation , que Jean de Berri, notre oncle , Charles d'Orléans et ses frères nos neveux , Jean de Bourbon , Jean d'Alençon , Charles d'Albreth , nos cousins , Bernard d'Arma-* gnac et leurs aidants et confortants, adhérents, alliés et complices, mus et induits de mauvais propos inique et damnable , a voient entrepris et s'é-
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toient efforcés d'expeller, destitner et détruire nous de notre état et autorité royale , et de tout leur pouvoir nous et notre genre , que Dieu ne veuille ! et outre ce foire un nouvel roi en France ; laquelle chose est abominable à ouïr et à réciter à taus cœurs de nos bons et loyaux sujets. Et qu'en ce y et en autres choses qu'ils leurs in^soient iniquement et mauvaisement , ils avoient commis envers nous et notre royale majesté grands et énormes crinies et maléfices , tant de lèse-majesté comme autrement ; et aussi plusieurs libelles diffamatoires ont été faits et baillés à plusieurs personnes , et attachés aux poteaux des églises et publiés en plusieurs lieux , au grand déshonneur et en grand' charge des plus grands de notre sang et lignage , comme de notre très cher et très aimé fils , nos très chers et bien aimés neveux et cousins les ducs d'Orléans et de Bourbon , les comtes de Vertus , d'Alençon , d'Armagnac , et aussi d'Albreth , connétable de France ,' de plusieurs barons , nobles et autres bienveillants , et conséquemment de nous et de notre domination. Pour lesquelles choses nous , paricelleslettres,abandonnâmes tous nosdils oncles»
fils, neveux et cousins avec leurs adhérents , servileursetbienveillants, à prendre et détruire avecques toutes leurs terres et seigneuries et biens quelconques , en déclarant iceux avoir forfait envers nous corps et biens. Et encore, à eux plus grever et injurier et de nous éloigner , et émouvoir le peuple contre eux , sous la couleur d'ime certaine bulle.
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outre quarante ans impélrée et octroyée contre les gens de compagnie , lesquels , sans titre et sans cause ^deleurautorité Jevoient etassembloientgens d'armes par manière de compagnie contre nous et notredit royaume ; lesquelles bulles ne se poiivoient ni dévoient , comme par claire inspection d'icellespeu^pparoir clairement, appliquer contre nos devant dits fils , oncle , neveux , cousins et autres devant dits y et tout par défaut de bon et vrai: conseil^ et sans ce que par notredit et souverain» très saint père le pape , et sans délibération de notables personnes, comme il appartenoit au cas , et sans ordre de droil , de procès ou monition à ce requises, ni observées ; et sans précédentes délibérations quelconques , furent induement par force , faveur et volonté désordonnée, déclarées aucunes sentences d'excommuniementconlreles devant dits de notre sang et lignage , leurs officiers , sujets et adhérents et complices; par lesquels ils furent contre vérité publiés comme excommuniés partout notre royaume. En outre furent derechef proclamés, à peine de ban, comme traîtres et malfaiteurs, et de fait bannis de notre royaume et dépointés de leurs bénéfices etoffices. A. l'occasion desquelles choses furent semées et publiées plusieurs erreurs et exercées plusieurs inhumanités contre plusieurs; lesquels, à l'occasion deschoses devantdites, furent pris et mis à mort , au regard de l'ame , comme de celle mort naturelle et piteuse , comme gens hors de loi et sans confession , comme bêtes brutes, sans
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avoir administratioD de quelque sacrement de sainte église j et enfouis aux champs et jetés aux bétes brutes et aux oiseaux , comme si fussent chiens; lesquelles choses sont moult dures et inhumaines^ damnables , iniques et crueuses , et par espécial entre chrétiens et vrais calholiques. Lesquelles choses devant diles ont été faites à l'instigation, impression , violence et importunité d'aucuns sédi* tieux , troubleurs de paix , malveillants de nos oncle , fils , neveux et cousins , contre raison et vérité y par machination et damnables fictions , et pour venir à leurs fausses et mauvaises entreprises, comme nous avons été depuis et sommes de présent informés pleinement. Et pour ce , nous qui voulons par raison , si pouvons , telles choses et tels blasphèmes non vraies , et ainsi faites et procurées j comme dit est, en la déshonneur et charge de ceux ^e notre sang et lignage et d'autres devantdits demeurer ainsi , et qui désirons toujours et avons désiré la vérité des choses dessusdites être connue et réparée , laquelle , par inadvertance on autrement indueraent , a par nous été faite au préjudice, à la charge et déshonneur d'autrui, etmêmement de ceux de notre sang et lignage et des autres devant dits, comme nous y sommes obligés, M Savoir faisons nous être pleinement informés de nosdits oncle , fils , neveux et cousins , prélats , barons, nobles et autres leurs bienveillants, avoir eu toujours par devers nous bonne etlojale intention, et avoir été nos bons et vrais parente obéissants et
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sujets , et tels qu'ils doivent être envers vous, et que tout ce qui a été fait mauvaiggment , damnablement et subrepticement impétré contre vérité et raison, à Tinstance, impression, instigation , importunité et violence d'aucuns séditieux , troubleurs de paix et malveillants, comme dit est, pour laquelle cause toutes les lettres et mandements, qui contre leur honneur et leurs charges ont été faites , touchant les choses dessusdites ou leurs dépendances , nous icelles déclarons^ et par ces présentes avons déclaré avoir été lorsionnairement et de nulle valeur faites et passées, et subrepticement impétrées par entreprise, sont advenues en notre bonne ville par hommes séditieux, troubleurs de paix , rebelles et coupables de crimes de lèsemajesté , qu'ils pourroient notifier et publier par le monde en diverses parties et régions, autrement que iceux faits et entreprises n'ont été commis et perpétrés.
»Nous, voulant des choses dessusdites être sue la vérité , et être sue à un chacun , afin d'éviter toutes erreurs et folles crédences, lesquelles par délFaute de non être sue la vérité, pourroient les cœurs humains induire à plusieurs et diverses fins et intentions , dont moult de maux et inconvénients s'en pourroient ensuivirà nousetà notre royaume, comme il pourroit à tous autres princes et seigneurs qui ont peuple à gouverner : Savoir faisons, et pour vrai certifions , que , nous étant et faisant notre résidence en notre résidence et en notre bonne ville
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de Paris ^ et avec nous notre très chère et aiuée compagne }a reine^ noire très cher et anié fils Louis d'Aquitaine; et notre oncle, le duc de Berri, et plusieurs autres de notre sang et lignage, et de nos conseillers et serviteurs , ainsi que nous avons ac* coutume, advint que le vingt-troisième jour du mois d'avril dernièrement passé , messire Élion de Jacqueville, Robinet de Mailly, Charles de Recourt, dit de Lens , chevaliers , Guillaume Barrau, adonc secrétaire, et unsurgien nommé maître Jean de Trojes et sesenfants, Thomas le Goys et ses enfants, Garnot de Saint - Yon , boucher, Simon de Coutelier, écorcheur de vaches, Bau de Bordes, Andrieu Rous* sel, Denisot de Chaomont, maître Eustacbe de Laictre , maître Pierre Canthon , maître Diusque François, maître NicoUe de Saint-Hilaire , maître Jean Bon , maître Nicolle du Quesnoi , Jean Guérin , Jean Pimorin , Jacques Laban , Guillaume Gente, Jean Parent, Jacques de Saint-Laurent, Jacques de Rouen , Martin de Néaq ville , Martin de Goulomiers, maitreTonssaint Bangart, maître Jean Rapiot, maître Hugues de Verdun , maître Laurent Calot, Jean de Rouen , fils d'une tripière du Puits- Notre-Dame , Jean Maillart , fripier, et plusieurs autres leurs complices et adhérents, de divers états et coifcditioQS , lesquels par avant ledit jour av(Men8 fait plusieurs congrégations, et assemblées, et conspirations secrètes, et plusieursnfionopoles en divers lieux , de jour et de nuit , s'assemblèrent en grand et excessif uombre tous armés , et à Kétendard dé-
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ployë, vinrent par manière d'hoslili té, et puissance désordonnée par devant notre hôtel de Saint- Pol , sans ce que de nous sussions quelque chose ; et aU lèrent par devant l'hôtel de notre fils duc d'Aquitaine , auquel hôtel voulurent entrer par force et par violence ; et pour ce rompirent les portes contre la volonté de notredit fils, et ses gens et serviteurs, et de fait entrèrent dedans ; et allèrent en sa chambre, contre sa volonté, nonobstant quelconques requêtes et inhibitions que pour ce il leur fît. Et quand ils furent entrés, ils prirent de fait et par force et violence notre cousin-germain le duc de Bar, et le chancelier, qui étoit lors de notre fils, et plusieurs autres notables hommes nos chambellans et conseillers de notredit fils , et les menèrent de fait en prison , où bon leur sembla , et les mirent en plusieurs , diverses et privées prisons , où ils les ont tenus et fait tenir continuellement, tant qu'ils ont pu. Duquel excès notredit fils prit telle ire, qu'il fut en péril d'être encouru en une grande maladie ; et depuis , en persévérant en leur faux , mauvais et déloyal propos, vinrent devers nous, en notredit hôtel de Saint-Pol ; et là proposèrent où firent proposer en notre présence ce que bon leur sembla, disants absolument qu'ils vouloient avoir certaines personnes, lesquelles^ ils avoient par écrit en un roUet que ils portoien t; lesquelles étoient en notre compagnie et en notre présence ; desquels étoient Louis duc de Bavière , frère à notre compagne la reine, et plusieurs autres nobles hommes de
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nos chevaliers, conseillers, le maître de notre }S6le}, et autres plusieurs de nos serviteurs, de plusieurs et divers états et en plusieurs offices, lesq uels ils prirent par force et violence ; et contre notre volonté, les mirent en prison là où bon leur sembla , comme ils a voient fait les autres. Et puis après ce , s'en allèrent en la chambre de la reine, notredite compagne, par la manière devant dite ; et, en sa présence, contre son gré et volonté , en sadite chambre prirent plusieurs dames et damoiselles, desquelles plusieurs étoient de notre lignage et de celui de la reine , et les menèrent comme les autres en prison. Duquel excès notredite compagne prit telle fureur, peur et abomination , que de ce elle fui en péril de mort et de griève maladie. Et depuis la prise hommes et femmes, lesdils malfaiteurs ont procédé contre plusieurs par voie de fait et de volonté , par très dures voies de lorlures et de tyrannie merveilleusement^ contre toute forme de droit et de justice; et plusieurs autres hommes de noble lignée en grand état ont tué es prisons; et puis après ont fait publier que eux-mêmes s'étoient occis ; et les ont fait mener au gibet ; et aucuns autres ont fait envoyer en Seine , les autres décoller et décapiter, où ils les avoient fait emprisonner. Et les dames et damoiselles , lesquelles ils avoient ainsi prises , comme dit est dessus , les ont inhumainement traitées. Et jà-soit-ce qu'ils fussent très instamment requis qu'ils voulsissent souffrir que la voie de justice lût ouverte aux personnes par
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cux*prises et détenues prisonniers, comme dit est, et que notre cour de parlement eût de cel;i connoissance , comme il étoit de raison , néanmoins ils n'y voulurent obtempérer ni condescendre; mais firent faire eC écrire lettres patentes à leur volonté , lesquelles ils firent par force , et par contrainte sceller de grand scel en noire chancellerie ; et avec ce nous contraignirent , et notre fils pareil lement, de les signer de nos seings manuels ^ et tous leurs fail^ et leurs œuvres approuver. Et powr mieux avoir le chancelier à leur poste , et leurs lettres avoir, de là en avant, lui firent sceller par force et par menaces ; et puis firent mettre dehors de son office notre bien aimé'Âmau:lt de Corbie, qui silong-tempsnousavoit servi bien et loyaomenl. En lieu duquel ils firent mettre maître Euslacbede Laiclre.Par lesquelles lettres, contre toute vérité, étoit dit ce que vouloient leurs faux et malveillants accusateurs. Et en ce avons été déçus et non bien avertis de la vérité par défaut de bon conseil, et )i* berté de dire vérité, comme dit est; et toutes les lettres et mandemen ts, avec tou t esles au très choses qireiconques , qui seroientàlacharge et désbonneur de nosdits oncles ,fils, neveux , cousins,et ad très devant nommés^et généralement to<utceq«i s'en est ensuivi. » Nous, étant ei> notre parlement et lit de jirstice, tenant, de plusieurs de notre sang et lignage, de plusieurs prélats , gens d'église , taut de notre fille l'université de Paris, comme de plusieurs baironset autres notables personnes tant de notre gram^corr-
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seil, et de noire parlement comme de notre ville de Paris, accompagnés, révoquons et annulons, et par ces présentes avons révoqué et annulé, damnons et annicbilons (an unions) et du loulentout mettonsau néant. El défendons à tous nos sujets, sur peine d'encourir notre^indignalion, et sur toutquantqueilspeuveritméfaire envers nous, que contre la teneurdenos affections, déclarations, révocations et ordonnances, ne fassent, disent ou viennent, pour le présent nien temps advenir, parfait ni'par parole ou autrement , par quelconque manière que ce soit. Et que si aucunes lettres ou mandemenis aucuns éloient ou fussent exhibés, montrés ou produits en jugement ou dehors , ne voulons à iceux aucune foi être ajoutée maintenant ni autrefois ; mais voulons et commandons qu'ils soient déchiréset coupés partout où ils pourront être trouvés.
» Et pour ce , donnons en mandement à nos amés et féaux nos conseillers , gens de notre parlement, au prévôt de- Paris, et à tous autres nos baillis, prévôts, sénéchaux et autres justiciers, à leurs lieutenants et à chacun d'eux , si comme à eux appartiendra, que nos présentes assertion, déclaration révocation et ordonnances fassent publier, afin que nuls ne puissent de ce avoir ignorance, en leurs auditoires et en tous les autres lieux à faire proclamations en tel cas et autres accoutumés, en leurs juridictions et mettes , à son de trompe ou autrement duement; et tout ce voulons-nous être prêché et être remontré par les prélats et clercs qui ont ac-
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82 CHRONIQUES D*£NGU£URAND (i4i3)
coulumé de prêcher au peuple , que es choses dessus exprimées avons été déçus , séduits et mal inrormés au temps passé par les manières et eautelles dessusdites. Etaussi , voulons et ordonnons qu'aux transcripts de ces présentes lettres faites sous scel royal , ou autre authentique , comme à l'original soit pleine foi ajoutée. En témoin desquelles choses nous avons à ces présentes fait mettre notre scel.
j> Donné en notre grand' chambre de parlement à Paris, où étoit le lit de justice, le douzième jour de septembre l'an mille quatre cent et treize , et de notre règne le trente-troisiènie. Par le roi tenant son lit de justice en sa cour de parlement. Baye. »
Et depuis furent publiés à Amiens au mois de décembre, le quinzième jour de l'an dessusdit.