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dernièrement , outre les défenses du roi et du duc d'Aquitaine » il étoit venu à puissance de gens d'armes , et à étendard déployé devant la ville de Paris, en faisant plusieurs violences irréparables au royaume ; et de fait avoit mis garnison de ses gens d'armes à G)mpiégne et à Soissons , lesquels faisoient chacun jour guerre ouverte aux pays et sujets du roi , ainsi et par la manière que pourroient faire ses anciens ennemis d'Angleterre , en enfreignant du tout la paix dernièrement faite à Auxerre , et depuis refaite et reconfirmée à Ponloise ; requérant outre , icelui chancelier, à iceux bien instamment que, sur la foi, serment et loyauté qu'ils avoient au roi, ils voulsissent déclarer présentement ce que le roi et le duc d'Aquitaine avoient à faire sur cette matière contre ledit de Bourgogne. Lesquels princes , c'est à savoir le roi de Sicile , les ducs de Berri , d'Orléans, de Bourbon et de Bar; les comtes d'Alençon, de Vertus', de Richemont , d'Eu , de Dammartin , d'Armagnac ,
I. Frère dû dac d'Orléans. Vertus était originairement nu fief de Champagne , qui ëchat avec le palatinat à la couronne de France. Le roi Jean le donna à Jean Galéas , duc de Milan , comme douaire de sa fille Isabelle, épouse de ce duc. 11 descendit ensuite à Yalentine de Milau , sa fille , et entra ainsi dans la maison d^Orlëans. Au partage de famille fait en i445 » il passa à Marguerite d'Orléans , femme de Ricbard , comte d'Etampes , et fut donné à une branche bâtarde de la maison de Bretagne.
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de Vendôme , d'Aumale et de Touraine ; le seigneur d'Albret, connétable de France, l'archevêque de Sens et plusieurs autres prélats, avecque grand nombre de notables barons , chevaliers et écuyers du grand conseil royal , après ce qu'ils eurent bien au long et en grand' délibération débattu ladite matière, finalement conclurent et firent réponse par la bouche dudit archevêque , en disant que licitement et de raison le roi pouvoit et devoit faire guerre audit duc de Bourgogne , attendu , comme dit est, les manières qu'il avoit toujours tenues , et encore tenoit à l'encontre de lui.
Et alors fut conclu que le roi en sa personne se mettroit sus , avec toute sa puissance, pour aller à rencontre dudit duc et ses favorables , pour icelui du tout subjuguer, et le mettre, avec tous ses pays, en obéissance. Et mêmement la reine, le duc d'Aquitaine son fils , tous les princes là étant , et ceux qui étoient audit conseil , promirent et jurèrent solennellement, parla foi et serment de leurs corps, que jamais n'entendroient à quelque ambassade , lettres ou autres quelconques choses qui pussent venir de par icelui duc, jusques à tant que lui et tous les siens seroient du tout détruits et déshérités , ou au moins humiliés et remis en l'obéissance du roi et de son conseil.
Après lequel conseil fini, furent mis clercs en œuvre et lettres écrites , et en divers lieux et pays envoyées au royaume de France, et tant que le roi fit pour celle fois plus grand mandement qu'il n'a-
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voit fait durant son règne. Et pour tant > en assez bref terme tant par les princes dessusdits comme , par le mandement et commandement du roi^ s'assemblèrent très grand' multitude de gens de guerre autour de la ville de Paris , et es marches de l'Ile de France. Si furent envoyés aucuns capitaines avec grand nombre de gens de guerre devant la ville deCompiégne , où étoient les gens dudit duc de Bourgogne, comme dit est ailleurs ; c'est à savoir, messire Charles d'Albrel , connétable de France , messire Hector, bâtard de Bourbon , Remonnet de la Guerre , le seigneur de Gaucourt ^ et plusieurs autres ; lesquels au mettre le siège eurent de grands etdures escarmouches contre ceux delà ville, qui trèssou vent, de jour et nuit, issoient contre eux aux pleins champs, et leur firent de prime venue plusieurs dommages. Néanmoins ils étoient très souvent parles assi^eants reboulés assez rudement en ladite ville. En laquelle étoient principaux capitaines , de par le duc , messire Mauroj, messire Hue de Lajunoj, le seigneur de saint Légel* et son fils , Hector, Philippe et le Bon dé Saveuse , frères, le seigneur de Sères, chevalier, Louvelet de Lolinghen,et plusieurs autres nolables hommes*,
1 . Raoul VI de Gaucourt , fils de Raoul V , cLancelier du roi et bailli de Rouen. lies deux frères de son père étaient Eustacfae, seigneur de Virjr, grand fauconnier de France , et Jean , seigneur de Maisons-sur-Sèine.
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roides et experts en armes > qui très diligemment se mirent à résister contre leurs adversaires ; et afin qu'ils ne se pussent loger à leur aise, ardirent et démolirent es faubourgs et à Tenviron d*icelle ville plusieurs notables édifices , tant maisons comme églises. Toutefois assez bref ensuivant les François assiégeants firent faire deux ponts par-dessus la rivière d'Oise, pour passer plus à leur aise à secourir l'un l'antre si besoin leur étoit , et commencèrent à faire asseoir les gros engins du roi contre les portes et murailles de ladite ville en plusieurs lieux , qui moult la travaillèrent.
. En ou Ire , le samedi de la semaine péneuse, troisième jour d'avril , le roi issit de la ville de Paris à grand triomphe et à noble état , et s'en alla en sa ville de Senlis pour là attendre ses gens. Auquel lieu il solennisa la fête de la résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; en laquelle armée on fit porter aux personnes du roi et du duc d'Aquitaine la bande et enseigne du comte d'Armagnac , en délaissant sa noble et gentille enseigne , que lui et ses prédécesseurs rois de France a voient toujours portée en armes , c'est à savoir la droite croix blanche; dont moultde notables barons , chevaliers et autres loyaux anciens serviteurs d'icelui , et aussi duditduc d'Aquitaine furent assez mal contents , disant que pas n'appartenoit à la très excellente et haute majesté royale , de porter l'enseigne de si pauvre seigneur comme étoit le comte d'Armagnac, vu encore que c'étoit en son royaume et pour sa
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querelle. Et avec ce, icelle bande, dont on taisoit à présent si grand' joie, avoit été baillée au temps passé aux prédécesseurs de icelui comte , à la porter à toujours lui et ses successeurs et hoirs , par la condamnation d'un pape, en signe d'amendise d'un forfait que les devantdits d'Armagnac avoient commis contre l'église au temps dessusdit.