‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 4)Chapitre 32 sur 103 · CHAPITRE CXXVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXVIIL

Comment le duc de Bourgogne assit ses garnisons en plusieurs lieux , et le roi 9 partant de Péronne avec Son cxeroite , alla assiéger Bapaume.

Or est ainsi que , devant le parlement dudit duc f jBourgogoe de la ville de Douais ledit duc assit $ garnisons en plusieurs villes et forteresses en la nté d'Artois ; et furent mis dedans ladite ville Douai , grand' partie de Bourguignons du pays Bourgogne , sous la conduite 4^ messire Gantier iupes et au très capitaines : et en la ville d'Arras comtnis capitaine général messire Jean de embourg» qui étoitlors jeune chevalier ; avec el pour le conduire étoient le seigneur de Ronq, ire Guillaume Bouvier, gouverneur d'Arras , gfnetjr de Noyelle, nommé le Blanc Cheva- A.lain de Vendôme, et plusieurs autres vailbomines de guerre jusques au nombre de six hommes d'armes et autant d'arcbers. Et si

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y étoieiit de Bourgogne en chef le seigneur de Montagu , messire Jean de Vienne , le Borgne de Thoulongeon , chevalier , messire Guillaume de Champ-divers, le bâtard deGrantson et autres , jusques à six cents hommes «d'armes. Et de la communauté étoit capitaine le seigneur de Beaufortà la Barbe. Et es autres villes étoient commis autres notables hommes selon la disposition dudit duc. Lesquelles gens de guerre firent plusieurs courses sur aucunes des terres et seigneuries de ceux qui tenoient la partie d'Orléans ; et même messire Jean de Luxembourg y un certain jour, atout (avec) grand nombre de combattants , vint à la ville de Ham sur Somme , laquelle étoit au duc d'Orléans, et tantôt par iceux fut toute robée et dévêtue de tous biens parles dessusdits; et avec ce furent fustés (ravagés) aucuns villages à l'environ , pour et à la cause devant dite ; pareillement Hector de Saveuse, Philippe de Saveuse son frère, Louis de Wargnies et plusieurs autres capitaines passèrent l'eau de Swnme par Hangest , eraprès Péquigny , et de là s'en allèrent en la ville de Biangy, emprès Monceaux , appartenant au comte d'Eu , laquelle é(oit fournie et pleine de tous biens ; mais tantôt fut toute robée par icéux, prenants hommes et tous autres biens qu'ils pou voient atteindre, atout (avec) lesquels s'en retournoient an pays d'Artois. Et ainsi, sou ventes-fois, les gens du duc de Bourgogne faisoient telles courses , dont le pau* vre peuple étoit moult travaillé.

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Etie neuvième jour de juillet , issit le roi avec ses princes de la ville de Péronne , et s'en alla faire son pèlerinage à Notre-Dame de Cuerlu , et de là alla loger sur une petite rivière assez près de Miraiimont. Elle jeudi ensuivant s*en alla devant la ville de Bapaume, appartenant au duc de Bourgogne ; devant laquelle fut fait chevalier le comte d'Auxerre, par la main du duc de Bourbon qui menoitTavant-garde 9 et y étoit venu dès le point du jour. Auquel lieu le roi fit chevalier de sa propre main le comte d'Alençon et plusieurs autres; etlâ étoient les seigneurs de Bossay et de Gaucourt, jiii exerçoient les offices des deux maréchaux de '>aoce; c'est à savoir, de Boucicaut, et du seigneur e Longny.

Ëtadonc le roi, venu devant icelle ville en moult ^JJe ordonnance , se logea premièrement dedans ie abbaye de nonnains au; dehors d'icelle , et tous s gens se logèrent aulpur de la ville ; et fut en afferme du tout environnée très puissamment, quelle ville est en haut lieu sans y avoir fontaine ruissel courant; et si étoit la saison de Tété aU sèche , pourquoi il fallu tqu'iceux , par pure essilé, fussent contraints d'aller querre de l'eau me rivière qui court auprès dudit Miraumont, ou teilles , tonneaux et semblables vaisseaux m Cs à leur est à chars/ charrettes et autrement, [eux qu'ils pouvoieot. Et ainsi par la grand' Ltude de gens et chevaux qui étoient en l'ost , t plus contraints de soif que de famine; pour

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tain jour y afin que de la justice du roi ne fussent pris et exécutés.

En après , apcuns jours ensuivant , le roi fit rendre et restituer parla main d'aucuns pillards les os de plusieurs corps saints et reliques , lesquelles déjà étoient dénuées et dévêtues de pierres , or et argent , où elles étoient enchâssées ; et encore , en tel état y en fallut plusieurs racheter de monnoie, ' et furent remises aux églises dont on les a voit ôtées.

Ainsi et par cette manière fut cette cité de Soissons^ grande en circuité y forte de lieu et de murs , munie de grosses et épaisses tours , très plantureuse de tous biens, moult honorée solennellement de plusieurs églises et corps saints, désolée et mise à destruction par Tavénement et armée du roi Charles et des princes qui étoient avecque lui. Toutefois le roi devant son partementordonna à réédifier icelle ville, et y commit tous nouveaux officiers pour la garde et entretennement d'icelle. Lesquels, après le département des gens de guerre, re trahirent (rappelèrent), selon ce que possible leur fut , les citoyens d'icelle ; auxquels fut baillé de par le roi abolition générale^ réservé ceux qui avoient été principaux consentants de mettre les Bourguignons dedans.

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