CHAPITRE CXLVII
Comment Hêflîri , roi d'Angleterre, 6t grands préparations en 901^ royaume ppur venir en France ; et des lettres qu'il envoya à Paris devers le roi de France.
Oit^onvient pelourner en Tétai et gouvernement de Henri , roi d'Angleterre , lequel , pour parfournir son entreprise à venir en France, comme dit est ailleurs , faisoit grands préparations , tant dé gens comme d'habillements de guerre , et tout faisoit tirer vers le passage de la mer, au-
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près de Hantonne (Southamplon). Et après le second jour d'août, que les trêves furent finées entre les deux royaumes de France et d'Angleterre , les Anglois de Calais et autres lieux de la frontière comnieneèrent à courir et dégâter le pays de Boulenois en divers lieux. Pour auxquels résister furent envoyés de par le roi de France, le seigneur de Rambures^ maître des arbalétriers , et le seigneur de Louroy avec cinq cents combattants pour défendre le pays susdit. Et brefs jours ensuivant , le dessusdit roi Henri, qui avoit ses besognes prêtes pour passer en France , envoya un sien héraut, nommé Excestre , à Paris , devers le roi de France, lui présenter unes lettres desquelles la teneur s'ensuit :
<€ A très noble prince Charles , notre cousin , adversaire de France , Henry , par la grâce de Dieu , roi d'Angleterre et de France.
» A bailler à un chacun ce qui est sien est œuvre d'inspiration et de sage conseil. Très noble prince, cousin et notre adversaire , jadis les nobles royaumes d'Angleterre et de France étoient en union , maintenant ils sont divisés. Et adonc ils avoient accoutumé d'eux exaucer en tout le monde par leurs glorieuses victoires ; et étoit à iceux une seule vertu d'embellir et décorer la maison de Dieu , à laquelle appartient sainteté, et mettre paix es régions de l'église , en mettant par leur bataille concordable heureusement les ennemis publics en leur sujétion. Mais, hélas! celle foi de lignage a
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perverti celle occision fralernelle , et Loth persécute Abraham par impulsion humaine ; la gloire d'amour fraternelle est morte, et la dissence ( dissension) d'humaine condition, ancienne mère d'ire, est ressuscitée de mort à vie. Mais nous contes- Ions le souverain jwge en conscience, qui n'est plojé et incliné par prière ou par dons, qu'à notre pouvoir les moyens de par pure amour, nous avons procuré paix. Si ce non , nous laisserions parépéeel par conseil le juste litre de notre héritage, au préjudice de notre anciennableté ; car nous ne sommes pas tenus par si grand ann^ulement de petit courage, que nous ne veuillons combattre jusques à la mort pour justice. Mais l'autorité écrite au livre Deutéronome enseigne, qu'en quelque cité que ly homs ( l'homme ) viendra pour icelle impugnjer et combattre, premièrement il lui offre paix. El jàsoit-ce que violence ravisseresse de justice a soustrait , et de long-temps , la noblesse de notre couronne, et nos droits héritages, toutefois charité de par nous , en tant qu'elle a pu , a fait son devoir pour le recouvrer d'iceux et le remettre à l'état primerain. Et ainsi donc, par défaut de justice, nous pouvons avoirrecoursauxarmes.Toutefois, afin que gloire soit témoin à notre conscience , maintenant et par personnelle requête en ce trépas de notre cha^ min , auquel nous traite ( amène ) icelle défaut de justice, nous enhortonsèsentraillesde Jésus-Christ, €6 qu'enhorte la perfection de la doctrine évangé-^
SlÔ GHilO»IQU18 D*£NOU£RRANO (i4iS)
lique : ami , rends ce que tu dois; et il nous soit fait par la volonté de Dieu souverain. Et afin que le sang humain ne soit pas répandu, qui est créé selon Dieu, l'héritage est due restitution des droits cruellement soustraite , ou au moins des choses que nous instamment , et tant de fois, par nos ambassadeurs et messages, demandons, etdesquelles nous seulement fit être content la souveraine révérence d'icelui souverain Dieu> et le bien de paix. Et nous, pour notre parti, en cause de mariage , étions inclinés de lâcher et laisser 5o^ooo écus d'or à nous offerts, nous , désirant plus la paix que l'avarice, et avions préélus iceux nos droits de patrimoine, qui si grands nous ont laissés nos vénérables an té' cesseurs (ancêtres), avec notre très chère cousine Catberine, votre glorieuse fille, qui avec la pécune d'U3i<|uiré, multiplier mauvais trésor, et déshériter par honte et mauvais conseils la couronne de noire royaume > que Dieu ne vueille !
» Donnésous notre scel privé , en notre châtel de Hantonne, aw rivage de la mer, le cinquième jour du itiois d'août. »
Lesquell^ lettres dessusdites > après que par ledit héraut eurent été présentées au roi de France, c^omme dit est , lui fut dit par aucuns à ce commis , que le toi etson conseil avoient vu les lettres qu'il avoit apportées de son seigneur le roi d'Angleterre, sbr lesquelles on auroit avis, et pourvoiroil le roi sur le contenu en icelles, en temps et en lieu
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ronome bon lui sembleroit', et qu'il s'en allât quand lui plairoit devers son dessusdit seigneurie roi d'Angleterre.