CHAPITRE CXLVIII
Comment le roi Henri vint à Hantonno} de la conspiration faite con tre lui par ses gens ; du siège qui fut mis à Harfleur , et de la reddi* tion d*icelle ville.
Ledit roi d'Angleterre venu au port de Han* tonne avec tout son exercile, prêt pour passer la mer, et venir en France, fut averti qu'aucuns grands seigneurs de son hôtel avoi^nl fait conspiration à rencontre de lui, veuillants remettre le comte de Marche , vrai successeur et héritier de Jeu le roi Richard , en possession du royaume d'Angleterre. Ce qui éloit véritable, car le comte de Cambrai (Cambridge) et autres, a voient conclu de prendre le dessusdit roi et ses frères , sur intention d'accomplir les besognes dessusdites. Si s*en
1. Les historiens d'Angleterre rapportent que le dauphin, pour toute réponse , lui envoya des balles de jeu de paume , pour faire allusion à la jeunesse dissipée d'Henri V ; et que celui-ci répliqua à son tour qu'il lui porterait lui-même des balles de Londres qui étaient un peu plus fortes , et que les portes de Paris ne seraient pas des raquettes capables de les renvoyer.
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découvrirent au comte de Marche, lequel le révéla au roi Henri , en lui disant qu'il avisât à son fait , ou il seroit trahi ; et lui nomma lesdits conspirateurs^ lesquels le dessusdit roi fît tantôt prendre. Et bref ensuivant fit trancher les têtes à trois des principaux , c'est à savoir au comte de Ganlbrie, (Cambridge) frère au duc d'York , au seigneur de Scruppe ( Scrop) , lequel eouchoit toutes les nuits avec le roi , et au seigneur de Grez ( Grey ); et depuis en furent aucuns exécutés '.
Après lesquelles besognes, peu de jours ensuivant, ledit roi d'Angleterre et toute son armée montèrent en mer; et en grand' diligence, et la vigile de l'Assomption Notre-Dame, par nuit, prirent port à un havre élant entre Harfleur et Honfleur, où l'eau de Seine chet en la mer. Et pou voient être environ seize cents vaisseaux , tous chargés de gens et habillements. Et prirent terre sans effusion de sang. Et après que tous furent descendus , le roi se logea à Graville en un prioré, el les ducs de Clarence ^ et de Glocestre ^, ses frères ; étoient assez près de lui Le duc d'York^, et le comte d'Orset^
1 . On trouve panni les Fœdera de Rymer la confession du comte de Cambridge, el une pétition du même.