I . Rictiard de Vere , comte 4'Oxfoffd
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dre h canons , envoyés à iceiix par le roi de ren- France, furent contrés et pris desdits assiégeants.
Durant lequel temps furent envoyés de par le roi de France à Rouen et en ]a frontière , contre Jesdits Anglois, atout (avec) grand nombre de gens d'armes, le connétable, le maréchal Boucicault, le sénéchal d<*Hainau!, le seigneur de Ligny^ le seigneur de Hamède , niessire Clignel de Brabant , et plusieurs au très capitaines, lesquels atout (avec) leurs gens très diligemment gardèrent lé pays ; et tant qu'icenx Anglois , en tant qu'ils étoient audit siège de Harflenr, ne prirent aucune ville ou forteresse sur leurs adversaires , jà-soit-ce qu'à ce faire missent gratid' peine par plusieurs fois ; elchevauchôient très souvent à grand' puissance sur le plat pays pour quérir vivres, et aussi pour rencontrer les François leurs ennemis. Auquel pays firent de très grands dommages, et ramenoient souvent à leur ost grands proies. Toutefois . par le moyen de ce quéî lesdits François les gardoient de si près , eurent assez de disettes de vivres. Avecque ce, ceux qu'ils avoient apportés de leur pays furent en la plus grand' partie gâtés de l'air de la mer; et avecque ce , se férit enlfe eux maladie de cours de ventre , dont il en mourut bien deux mille ou plus , entre lesquels furent les principaux le comte de Stafford, l'évêqne dé Norwegue ( Norwich ) ♦ les seigneurs de Beaumont, de Trompenton (Trumpington ), Morisse Brunel, avec plusieurs autres nobles. Néanmoins ledil roi d'Angleterre, en grand* diligence
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et labeur, persévéra toujours en son siège; et fit faire trois mines par -dessous la muraille ^ qui étoient prèles pour effondrer. Et avec ce fit par ses engins confondre et abattre grand' partie des portes , tours , et murs d'icelle ville ; par quoi finablement les assiégés, sachant qu'ils étoient tous les jours en péril d'être pris de force , se rendirent audit roi anglois , et se mirent à sa volonté , au cas qu'ils n'auroient secours dedans trois jours ensuivant ; et sur ce baillèrent leurs otages , moyennant qu'ils auroient leurs vies sauves, et seroient quittes pour payer finances.
Si envoyèrent tantôt le seigneur deBacqueville et aucuns autres devers le roi de France , et le duc d'Aquitaine qui étoit à Vernon-sur-Seine, à eux noncer leur état et nécessité, en suppliant qu'il leur voulsît bailler secours dedans trois jours dessusdits, ou autrement il perdroit sa ville et ceux qui étoient dedans ; mais à bref dire il leur fut répondu que la puissance du roi n'étoit pas assemblée ni prête pour bailler ledit secours hâtivement. Et sur ce s'en retourna ledit seigneur de Bacqueville à Harfleur , laquelle fut mise en la main du roi d'Angleterre le jour Saint-Maurice , à la grand* et piteuse déplaisance de tous les habitants , et aussi des François ; car , comme dit est dessus , c'étoit le souverain port de toute la duché de Normandie.
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