Charles d'Artois , comte d'Eu, fils du connétable d'Eo
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chesse de Bourbon , leur dame et mère , et la demoiselle de Dreux, laquelle principalement avoit Irailé ledit mariage; lesquelles noees^ et solennités d'icelles passées, lesdits conjoints, en la compagnie de ladite duchesse et d'icelle demoiselle de Dreux, furent menés et conduits à Mézières-sur-Meuse , appartenant audit comte de Nevers^ Après lequel mariage, ledit comte d'Eu, qui avoit été à tout faire , s'en retourna en sa comté d'Eu , où il fit une grand' assemblée de gens d'armes jusques au nombre de deux mille combattants , feignant qu'il voulsit faire guerre au seigneur de Croy àlpccasioa de l'entreprise autrefois contre lui faite par son fils aîné, c'est à savoir, messire Jean de Croy, dont en autre lieu est faite mention. Mais il fit tout le contraire, et les mena passer Seine au Pontde-F Arche et de là à Verneuil au Perche, où étoit le roi Louis de Sicile, et avec lui les ducs d'Orléans , de Bretagile et Bourbon , les comtes de Vertus et d'Alençon , avec plusieurs autres grands seigneurs , barons et chevaliers , qui là étoient assemblés, non pas tant seulement pour l'emprisonnement du duc de Bar, ni du duc Louis de Bavière, ni autres prisonniers , mais sur le fait de la déli-
mort en Turquie en 1997 (voyez Froissart), et de Marie de Bourbon. Il se maria deux fois sans laisser d'enfants , et en lui finit la branche d'Artois , qui avait commencé à Robert , tué en Egypte en laSo en accompagnant saint Louis, Cbrohiques de Momstrelbt. — T'. ///. 3
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vrance du duc d'Aquitaine; lequel leur avoit mandé par ses lettres , et aussi par le comte de Vertus , comment lui , le roi son père et la reine étoient contraints, comme prisonniers » sous le gouvernement , garde et puissance de ceux de Paris , non pas en leur franchise et liberté ; dont il lui déplaisoit très grandement , qu'ils étoient ainsi abaissés de leur hautesse et majesté royale. Sur quoi lesdils seigneurs ainsi assemblés , comme dit est , après qu'ils eurent tenu conseil ensemble , par grand' délibération du conseil, écrivirent devers le roi 9 son grand conseil et la bonne ville de Paris, qu'ils laissassent aller ledit duc d'Aquitaine où bon leur sembleroit , et délivrassent lesdits ducs de Bar et de Bavière avec tous les autres prisonniers; ou, si ce ne faisoient, ils feroient guerre à ladite ville, et détruiroient à leur pouvoir tous ceux qui étoient dedans , réservé le roi et ceux du sang royal qui dedans étoient. Et tant qu'étoit de ceux qui étoient morts à présent , ils n'en parloient plus , pource qu'on ne les pouvoit ravoir.
Lesquelles lettres , reçues de par le roi, furent mises en conseil, et sur icelles fut délibéré qu'on envoieroit certains ambassadeurs devers lesdits seigneurs pour traiter de paix; lesquels d'iceux furent bénignement reçus. Et le samedi, premier jour de juillet , après que son procès eut été fait , fut décollé es balles de Paris , messire Pierre des Ëssarts , naguères prévôt de Paris y jadis fils aîné de Philippe des Ëssarts , citoyen de ladite ville ; duquel la tête
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fut mise es halles, au boutd*une lance, et le corps à Mootfaucon en la manière accoutumée; et son frère messire Antoine fut en grand péril d'être exécuté , maiS| par aucune attargation (délai) qui se fit par ses amis, fut la besogne attargée (retardée) ; et depuis fut mis à pleine délivrance.
Esquels jours. le roi de France^ qui étoit assez en bonne santé, alla à l'église cathédrale de Paris feire son oraison y et là ouït messe ; et icelle ouïe et visité les saints et reliques, issit hors et s'en retourna en son hôtel , et avec lui le duc de Bourgogne et le connétable de France; et si y étoient grand' planté (quantité) de gens populaires ^ qui étoient là venus pour le voir.
Et le lendemain, sixième jour de juillet, fut ordonné^ par le conseil du roi, auquel présidoit le duc d'Aquitaine , et fut commandé à Jean de Moreul , chevalier du duc de Bourgogne , qu'il portât deux lettres et mandements royaux en deux baillages , c'est à savoir au baillage d'Amiens et au baillage de Vermandois , et à toutes les prévôtés d'iceux baillages ; et à chacune ville fit assembler tous les prélats , conseillers et gouverneurs desdites bonnes villes d'icelles prévôtés. Et eux assemblés en pleine audience , leur fit lire lesdites lettres du roi, scellées de son grand scel, données cedit jour septième jour de juillet, ainsi signées Jean Millet , sous la congrégation de ceux qui avoient étéaudit conseil , c'est à savoir le duc de Bourgogne, le connétable de France , le chancelier d'Aquitaine, le chancelier
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de Bourgogne et plusieurs aulres , lesquelles en substance contenoient, qu'ils se tinssent constants et fermes en loyauté et obédience devers le roi , et qu'ils fussent prêts toutes fois et là où on les manderoit à lui servir, et aussi son très cher et très amé fils duc d'Aquitaine , à Tencontre des ennemis de son royaumeetdelachose publique; et qu'ilsajoutassent foi à sondit chevalier , conseiller , et chambellan , Jean de Moreul , selon l'instruction qu'on lui avoit baillée souslesceldu secretdu roi, laquelle chose ils liront et feront lire ; laquelle chose il fit.
Et quand il eut été en plusieurs cités et prévôtés desdits bailliages , le lundi seizième jour dodit mois de juillet , vint à Dourlens , au bailliage d'Amiens. Là en la présence des prélats, nobles, et ceux des bonnes villes de ladite prévôté, lesdites lettres lues avec son instruction devant dite, haut et clair, car il avoit belle façon de parler, exposa comment le roi étoit , et est moult affecté à la paix et union de son royaume , et comment on avoit fait les procès de ceux qu'on avoit décolés à Paris , par plusieurs et notables personnes, tant des seigneurs et avocats de parlement, comme de bons chevaliers et prud'hommes et sages à ce commis de par le roi; et comment messire Jacques de la Rivière, soi désespérant, s'étoit occis d'un potd'étain, en quoi on lui avoit porté du vin , et la manière comment il fit ce; et que chacune information de ceux qui avoient été décolés contenoit soixante feuilles de pa-
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pier;et que par vraie et bonne justice, sans faveur et sans haine , ils avoient été condamnés et mis à mort , el aussi que monseigneur le duc d'Aquitaine ne l'avoit oncques mandé aux seigneurs desaligne, si comme ils disoient. Et dit ledit Moreul à ceux qui là étoient : « Sachez , vous qui » ci êtes présents , que toutes les choses ci-dessus M déclarées , sont vraies et notoires. » Et ce fait , leur demanda s'ils étoient et seroient vrais et obéissants au roi , et qu'ils lui dissent leur intention.
Lesquels tous, tant prélats, nobles qu'autres , répondirent tantôt, qu'ils avoient toujours été vrais et obédients au roi, et qu'ils étoient tous prêts et appareillés de le servir , crojant qu'il leur disoit vérité. Et par ainsi au prévôt de ladite prévôté, pource qu'il avoit fait si bonne diligence , il même demanda lettres^ lesquelles il eut, et puis s'en retourna. Et pareillement de par le roi furent envoyés autres seigneurs atout (avec) semblables lettres et instructions , à tous les autres baillages et sénéchaussées , de celle même date , et aux prévôtés desdites comtés de toutle royaume; lesquels, chacun en leurs termes, députés, diligemment prirent et rapportèrent lettres.
Et en tandis que ce sefaisoit, les Anglois, à grand multitude de navires, descendirent en la comté d'Eu, et prirent port en la ville de Tresport; lesquels, après qu'ils eurent pris tous les biens avec plusieurs des hommes d'icelle , boutèrent le feu dedans; et pareillement ardimnt l'église et monastère dudit lieu de Tresport , et aucunes villes
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assez près d'illec. Et après ce qu'ils eurent été environ vingt-deux heures sur terre , rentrèrent en leurs vaisseaux 9 et rétournèrent en Angleterre atout (avec) leur proie.