‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 4)Chapitre 86 sur 103 · CHAPITRE CLXVIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXVIIl

CoQipieiit ledit duc de Bo«tgogne alla à Valencieniiès au maBdement du d^yphin^ beau--fib du eomte de 0ajfi?|it^, et J^ «ermente^'iU . firent Pun ^ Pautrç.

ApR£3 le retopr du duc deBourgojçne, çlela ville de Calais, le dqo Guillaume, cofnte de Haii^aut, enivoja devers lui ses ambassadeurs, lui reqqjEirr^ qu'il voulsît fille? devers Ije daupl^n ' son bea^rflls. Laquelle requçte il refusa, ppurce que pa? plusieurs fpis avpii envoyé en Hollande devers ledit duc Gui|r laqpe, son beau-frère, jen lui requérant, qu'il am^ nât ledit dauphin par deçà^ ce que point p'avpit vQulu fairç à sa première requête. Toutefois l^dit dauphin renvoya deve^rçleduç de Bourgogne lettrf^$ écrites de sa n?ain , pajr lesquelles lui mandoit^M'U allât devers lui à YaletcienDes. Lequel duc prpmit ai) messager d'y aller; et y alla le doqzièpoe jour dç novembre^ A i'enconltrp duquel allajedpç Guillaume, hors de Yalenciennes l'espace d'une lieipe , aqnenant icelui ver$ ledit dauphin ; e\ le lendeiiiain furent faites entre le dauphin, le duc de Bpurgo-

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I. Jean lY , fils de Charles VI, était devenu dauphin à Itf mort de Louis , et il mourut lui-même dans les premiers j^urs d'JAvnl < 4 < 7 9 ^i^^î qu'on le verra dans le chapitre sui- Tant.

4o4 CHRONIQUES d'bNGUERRAND ("4«6)

gne el le duc Guillaume , les choses ci-après déclarées en la présence de la dame de Hainaut, du comte de Charrolois, du comte de Conversan , et de plusieurs autres notables chevaliers, écuyers, et grand conseil des trois parties , c'est à savoir niessire Jean de Luxembourg, messire Jacques de Harcourt^ le chancelier du dit dauphin , Beaudouin des Fresnes , trésorier de Hainaut ; Robert de Vendègrès, Jean, bâtard de Blois ; maître Euslache de Lactre , le seigneur d'Antoing , le vidàme d'Amiens , le seigneur de Fosseux , le seigneur de Roubaix , le seigneur de Himberconrt , messire Hue de Launoy , messire Guillaume Bouvier, gouverneur d'Arras ; messire Athis de Brimeu , messire Andrieu de Valines, maître Philippe de Morvillers, et plusieurs autres.

Premièrement, ledit duc de Bourgogne offrit lui et son service à icelui dauphin , et jura et promit à servir le roi son père et lui de tout son pouvoir contre tous ses adversaires;taquelle promesse ledit dauphin reçut agréablement, et avec ce pareillement jura et promit audit duc de Bourgogne lui aider, porter et défendre de tout son pouvoir contre tous ses adversaires et malveillants à lui et à ses sujets.

En après, ledit dauphin requit très affectueusement audit duc de Bourgogne , qu'il aidât le roi à garder et défendre le royaume contre ses ennemis d'Angleterre, laquelle chose lui promit et jiira ledit duc de Bourgogne.

(i4l6) DE MONSTRELET, /^o6

En outre, reqtiitledit daupbin audit duc de Bourgogne , qu'il voulsît entretenir bonne paix audit royaume; à laquelle requête répondit ledit duc de Bourgogne^ que ce feroit-il très volontiers , et qu'il ne vouloit mal à quelque personne , mais vouloit tenir paix à grands et à petits , excepté le roi Louis de Sicile. De laquelle réponse ledit dauphin fut bien content » et promit audit de Bourgogne , que s'il lui sembloit bon aucune cbose être à ôter ou ajouter en la paix faite dernièrement , que ce ii feroitet feroit faire volontiers, tant au regard des choses passées devant ladite paix comme depuis.

Après, lesdils seigneur et dame de Hainaut jurèrent et promirent au duc de Bourgogne, que de ce faire ils feroient leur loyal pouvoir ; et avec ce promirent et jurèrent l'un à l'autre le duc de Bourgne , et le duc Guillaume, en bonne et vraie fraternité, qu'ils mettroient peine et conseil à avoir bon gouvernement au royaume , es personnes du roiet du dauphin dessus^dit, et que eux deux s'en tretiendroientet porleroient l'un l'autre en leurs honneurs sans aucunes divisions , tant en absence comme en présence , en exposs^nt leurs corps et biens à entretenir les choses dessusdites, sauFque ledit duc Guillaume dit , qu'en tant que toucholt les guerres de France et d'Angleterre , ses prédécesseurs ne s'en sont aucunement entremis, et pour ce n'avoib-il pas intention d'en faire autrement qu'ils avoient fait, pour la doute qu'il n'en vinit aucun mal à ses pays.

4o6 CHRONIQUES d'e NGU li R 0 AND (Ut?)

Et en aprè^ , promil ledit duc GdillauiDe aiidit duc de Boorgo^ne^ qn'll rte meltroit pas ledit dauphin en la puissance d'aucune personne , que toujours n*en fût bien sâr, pour poiiToir énlrelenit' lesdites piximesses ; et avec ce promit que dedans quinze joui^s, qu'il seroil devers la reine, il mandéçoit ledit de Bourgogne , pour avoir bon traité el amitié avecque elle pour le bien du roi , et de tout son royaume.

Après toutes les promesses dessusdites , le dut de Bourgogne atout ( avec ) séâ gens s'en retourna à Douai.

CHAPITtlE CLXIX.

Cotakineni le comte de Hainaut mena soh beau- fils dessusdit à àaint- Quentin ) et de là à C<Miif>iëgiie , où il mourût, let lès ibàniéreé qoi fusent tenues ce ▼oyage. •

Lê quatorzième jour dé novembre, le duc Guillàumeraiïienason beau-fils, ledauphih,àson châteK ah'Quèsnoi, auquel lui furent envoyés plusieurs attibàssadèurs de tous étatâ de par le roi et la reine, afin qu'icelui dànpbin allât à Paris devers lé vbi son père ; toutefois ils demeurèrent audit lieu dû Questioi jusques après la Nativité de Jésus- Christ.

El après, ledit duc Guillannfie Tuena iceVui dan-

(«417J DE MONSTRBLET. ^Oj

phin à Saint-Quentin, en Vermandois , où ils attendirent la reine jnsques après les Trois-Rois. Et pour tant qu'elle ne voulut pas aller audit lieu de Saint-Quenlîn, ledit dauphin fut mené par le duo Guillaume en la ville de Compiéfjne; et là se logea en l'hôtel du roi son père ; auquel lieu, tantôt après ia dame de Hainaut amenaladauphinesa fille, en ^rand' compagnie. Et après ce, la reine, en grand état, vint de Paris à Senlis , accompagnée du duc de Touraine son fils et du duc de Bretagne son beau-fils, aveeque le grand conseil du roi, Esquels jours vint le jeune duc d'Alençon , et aucuns au* très jeunes seigneurs à Compiégne, devers le dauphin, et lui firent très grand honneur. Et adonc les seigneurs commencèrent à traiter en envoyant am-»bassadeurs de Compiégne à Senlis.

Et lors la dame de Hollande mena sa fille, la dauphine, à Senlis, vers la reine ; et après qu^elles eurent été Tune avec l'autre en grand' liesse, elles retournèrent audit lieu de Compiégne , et la reine e't sa compagnie retourna à Paris; et là traitèrent le duc Guillaume et le conseil du dauphin , avec lesquels allèrent les ambassadeurs du duc de Bourgogne. Et est vrai qu'en ces jours le dauphin envoya ses lettres au bailli de Vermandois , d'Amiens et autres lieux , scellées de son grand scel , contenant que ils fissent publier que tous ereus de guerre cessassent leurs rapines et se relrahissent , sur confis< ation de corps et de biens. Lesquelles lettres peu profitèrent au peuple , car

4o8 GHUOMQUBS D^ENGUBURAMD (i4«7)

pour ce ne laissèrent pas iceux gensd^armes à tenir les champs. Et le mardi pénultième jour de mars, le duc Guillaume, comte de Hainaut, étant à Paris , dit en pleine audience du conseil du roi , qu'il mettroit ensemble le dauphin et le duc de Bourgogne , ou il ramèneroil icelui dauphin en Hainaut, si autrement n'étoit pourvu par le roi et son conseil , à la réparation et paix du royaume. Pourquoi fut conclu de ceux qui gouvernoient le roi, que le dessusdit duc Guillaume seroit arrêté jusques à tant qu'il auroit mis le dauphin et rendu au roi son père. Laquelle choselui fut noncée secrètement par aucun sien ami ; et pour ce , le lendemain^ très malin, il feignit s'en vouloir aller à Saint-Mor-des- Fossés en pèlerinage , et retourner à Paris ; mais il s'en alla hâtivement, lui troisième, à Compiégne, où étoit le dauphin , son beau^fils , lequel il trouva très grièvement malade , de laquelle maladie il trépassa le jour de Pâques fleuries. Etavoit euiprès une oreille, un apostume , lequel se creva par dedans son col et Tétrangla. Et après sa mort fut mis en un cercueil de plomb , et enterré à Sainl- Cornille , présent le duc Guillaume, sa femme et sa fille, dauphine; pour l'ame duquel ils donnèrent pour Dieu très grand' somme de pécune; et après retournèrent en Hainaut en très grand* tristesse. El lors fut très grand' renommée que ledit dauphin avoit été empoisonné par aucuns de ceux qui à présent gouvernoient le roi , pour tant qu'icelui étoit fort ^llié au duc de Bourgogrîe , comme son frère précédent.

ri4i7) UE MONSTRBIiKT. ^OQ

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