‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 5)Chapitre 10 sur 125 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Comment on vint dire au duc que les Gantou levoient leur camp ei ne'^e d^ Audenarde ; lequel duc , non sachant ce que le comte avoit fait, se partit de Grandmont et les poursuivit toujours , toujours tuant jusqu'à Gand; et comment ceux de Gand feirent dc^cappiter leurs lioj^emaxis , et en feirent cinq nouveaux.

L]B duc estant à Grandmont , on lui vint dire que les Gantois avoient levé le siège d'Audenarde et s*en retournoient vers Gand ; lors le duc , comme tout plein d'ire, monta à cheval, et sans ordonnance les suivit et alla après eux avec ceux de sa compagnie ; et les chassèrent touts, tuants j usques aux portes de Gand , tellement qu'il y oit des gens d'at'mes qui allèrent hurter de leurs lanches à la porte de Gand; et tant cachèrent (chassèrent) que la nuict vint; et alla le duc celle nuict, et touts ses gens , gésir à la paillarde ; et le lendemain repassa ledit duc parmi les morts, dont il y eust grande plainte. Et jàsoit ce, comme dessus dit est , que le jour de devant le duc et ses gens les eust mis à mort , toutesfois , comme on m*a dit , le duc en eust grande pitié ; et de retour qu'il fust , s'en alla à Audenarde , auquel lieu il trouva ledit comte d'Estampes , lequel il festoja moult noblement, et feitmectre touts les engins que les Gantois avoient laissez en la ville , dont il y en avoit à grande plaineté (abondance) , et

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loutle remennant(reste)qu'ilslaissèrentdu siège fust buttiné. Les morts, tant ceux qui feurent occis à lever le siège, comme ceux de devers Grandmont, feurent trois jours sans esjtre enterrés, tellement que les oiseaux et bestes les raangeoient et peurent tout , dont c'estoit grande pitié ; mais enfin aucuns preudhommes par pitié feirent grandes fosses aux champs , où on les jetta et couvrist de terre.

Or, voulie (veux) retourner aux Gantois qui esloient eschappés, entre lesquels les trois hoyguemans eschappèrent et rentrèrent dedans Gand avecq ceux qui s*estoient peu saulver ; lesquels trois hoyguemans sitost qu'ils feurent retournés en la ville , feurent prins par le commun delà ville, et prestement y on leur coppa les testes. Après ce fait , feurent par ledit commun faits cinq hoyguemans nouveaux.

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