CHAPITRE XIX
Comment les ambassadeurs du roy de Franclie s^en allèrent à Gand, et retournèrent sans rien faire.
Ces choses ainsi faites , les ambassadeurs du roy de Franche, réservé le comte de Sainct-Pol , après ce qu'ils eurent envoyé à Gand pour sçavoir si c'estoit leur voUonté qu'ils allassent dçvers eux , entrèrent en la ville de Gand , en laquelle ville ils feurent très hautement receus par les Gantois ; et après qu'ils feurent descendus allèrent à la maison de la ville , et illecq desclarèrent aux Gantois comment le roy les ayoit envoyés pour mectre paix et accord entre le duc de Bourgogne leur seigneur et eux. Pour de laquelle chose venir à chief , avoient impétré devers ledit duc trefves de trois jours, avecqle sauf-conduit pour aucuns de la ville venir vers lui traictier de la paix. Après lesquelles paroUes proposées par lesdits ambassadeurs , lesdits de la ville respondirent aux ambassadeurs , que ledit duc leur seignçur estoit -si merveille , que nullement ne les vouUoit Quyr ni entretenir en leurs franchises et privilèges, et que rien ils ne laisseroient perdre leurs privilé^s ; et dirent aux ambassadeurs, si autre chose ne voulloient dire, que hastiyement partissent de la ville;
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lesquels ambassadeurs se partirent incontinent après ce qu'ils perchorent la grande orgueil qui estoit es Gantois, et s'en revindrent devers le duc sans rien faire.
CHi^PITRE XX.
Comment Antkoine, fils bastard du duc de Bonrgo^e, desconfit les Gantois, et da coastéUier qui fost prias et pendu, auquel au retour ceux de Gand avoient promb de le fiôre comte de Gand,
Les ambassadeurs du roy de Franche ne feurent point pl'utost vuidiés de la ville de Gand pour retourner devers le duc, qu'une grande compagnie de Gantois, en armes, vuidièrent de la ville de Gand jusques au nombre de cinq mille ou plus, pour aHer derechief combattre le duc et ses gens. Et estoit le chief dfe l'armée desdits Gantois et comme capitaine^ ung nommé. ...... cous-
tellier de Gand , lequel estoit gras homme*, et forgeoit des cousteaux qui portoient enseignes de lunettes; lequel cou&tellier s'estoit v^nté de destruire et ruer jus le duc et sa puissance ; et ceux de Gand avoient promis aiidit cou^l;elIier que, au cas qu'il peut desconfire et ruçr jus le duc et sa puissance, qu'ilsle ferbient comte dePlandres. Lesquelles compagnies des Gantois se tirèrent vers Huste, ung gros et fort villaige qui estoit au des-
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susdit "^ajs de Wast, lequel estoit mis eu la garde du duc , et illecq estoient le bastard du duc et plusieurs autres gens de guerre, qui le gardoient pour le double des Gantois. Tant exploitèrent lesdits Gantois, qu'ils arrivèrent audit Hubste^ et cuidèrent prendre ledit Aathoine et ses gens en dcsroj» , et qu'ils ne sceussent point leur venue; mais le bastard estoit adverti de leur venue, et vuida allencontre d'eux, et si fièrement les assaillit qu'il les desconfît tellement qu'il en demeura bien trois mille morts ; et fut prins le coBStellier , qui estoit leur cliief et capitaine, avecq plusieurs autres ; lesquels feurent menés devers le duc , lequel duc les feit touts pendne.
Et en vérité je vous dirai ung grand metveille, et à peu sembleroit-elle croyîible : c'est que les Gantois hajoxent tant le duc leur seigneur , et estoient tant obstinés à le nuire et faire guerre , que quant ils estoient prins ils aimoient niieux que on les pendisse-et faire mourir , quede prier merchi au due leur seigneur; quoy faisant , on leur respiteroit (épargneroit) leurs vies. Ils respondirent qu'ils aimcttent mieux à nlourir que de lui prifer metchi, et qu'ils mouroient à bonne querelle et comme martyrs.
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