CHAPITRE XXVI
Gommeiit ceux de ùanà ne tindrent point Tordonnance de la paix, mais recommenclièrent la guerre et ardirent Hulste ; et comme ung hërault eschappa de Gand.
Amsi, comme je vous ai dit, fùst la sentence rendue par lesdits ambassadeurs du roy en la ville de Lille. Après laquelle sentence les dessusdits deuxhéralix ettruschemans', que les Gantois avoient laissés à Lille, s'en allèrent et rapportèrent par esctipt aux Gantois la sentence rendue par lesdits ambassadeurs*, laquelle sentence fust lue publiquement devant la communauté, dont il oit grand murmure entre euit ; car les ungs estoient contents
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d^eotretemr le traictié , mais la plus grande partie n'en vonllul rien faire ; et feurent bien dix jours sans response s'ils tiendroient ledit traictié ou non. Durant lesquels dix jours aucuns compagnons de la ville deGand s'assemblèrent et prindrent le nom des compagnons de la Verde-Tente ; et fust capitaine de ceste compagnie ung qui s'appeloit le bas tard du Blancq Estrain ; et après ce qu'ils se feussent assemblés bien armés et embastonnés , vuidèrentparmiict hors de la ville deGand et allèrent vers Hulste, unggrosvillaigeaupaysde Wast; et pour abuser et surprendre ceux qui estoient audit Hulste , lesquels s'estoient rendus au duc de Bour^ gogne , ils feirent allumer à ung des lez de la ville destorsins et fallots,adfin que ceux de Hulste cuidassent qu'ils vinssent parce costel-là ; et quant ceux de Hulste yeirent lesdits torsins et lumières, si se tirèrent touts c^Ue part , cuidants eux deftendre contre les Gantois venants celle part , et de ce costel-là les assaillir.
Et comme ils s'estoient touts tirés de ce costel , ceux de la Yerde-Tente entrèrent audit Hulste par ung aultre lez et en meirent plusieurs à l'espée ; ceux qui peurent eschapper se sauvèrent au mieux qu'ils poeurent. Après ce , lesdits Gantois pillièrent toute la ville et l'ardirent toute ; puis se re-^ traièrent dedans Gand. De tout ce ne scavoient les ambassadeurs rien , lesqijels estoient encoire^ à Lille, et attendoient la response des Gantois; lesquels ne leur envoyèrent quelque response s'ils
tiendroient leur sentence ou non. Pour laquelle chose ils envoyèrent un héraut à Gand avecq lettres addressantes à ceux de Gand , contenants s'ils leur feroient sçavoir se ils tiendroient leur appointement ou non. Lequel héraut , sitost qu'il fust arrivé en la ville de Gand et descendu en une hostellerie , pria à son hoste que il le voisist addrecher à baillier ses letlres , lesquelles il apportoit de la part desdits ambassadeurs ; lequel hoste, sitost qu'il entendit cela, en ayant pitié de lui, lui dit quel mal estoit arrivé , et qu'il se gardast bien de dire qu'il estoit venu pour ceste cause ; car , s'il le disoit , sa vie estoit finie. Quant le héraut ojpt ce, si pria humblement qu'il le garandist de mort se il pooit ; l'hoste lui dit qu'il se ttnst tout coy en son hostel, et que le lendemain luisçauroit à dire sy on le voudroit oyr ou non. Quant ce vint le lendemain, l'hoste lui dit que s'il estoit cognu, il estoit mort; mais s'il pooit, il lui aideroit à sauver sa vie. Sy lui conseillia qu'il retournast sa robbe , et le feit monter à cheval , et lui baillia son varlet , qui alla avecq lui; et lui dit que si on lui demandoit qu'il estoit, qu'il diçt qu'il estoit ung marchand de Franche qui revenoit d'Anvers. Ledit héraut cfust son hoste et son conseil ; mais sitost qu'il fust venu à la porte , on lui demanda d'où il estoit , et il respondit comme son hoste lui avoit dit ; lors on lui ouvrit la porte, et ceux qui gardoientla porte lui demandèrent le vin , et entre tant qu'on ouvroit la porte , mectoit sa main à sa bourse , mais la porte