CHAPITRE XXXVIL
Commeot les Gantois vUidrent assaillir Courtray , et commeiit le sieur de Drael sortit de la ville.
Le dix-lmitiesme jour de febvrier , mil quatre cent cinquante deux ^ , ceux de Gand , scachant comme ceux qu'ils avoient envoyés en ambassade estoient prins, vuidèrent en grand nombre, et se
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meitent en trois batailles; et ainsy en belle ordonnance se vindrent rangier devant Courtray , en laquelle ville le marischal de Bourgogne n'estoil point, ains estoit à Lille devers le duc. Tantost que ceux de la garnison sceurent leur venue , sy allèrent aux cresneaux adfin de deffendre la ville. En la ville y avoit un chevallier nommé messire Gauwin Quyeret, seigneur de Druel, lequel estoit renommé d'estre l'ung des plus valliants chevalliers de la compagnie du duc ; lequel chevallier , avecq le peu de ses gens , vuidia pour aller escarmoucber les Gantois ; mais il n'y gagna rien ; ains feurent occis de ses gens deux hommes d'armes et ung archier, et fust constraint par forche de rentrer dedans la ville. Après ce fait, les Gantois assaillirent les fauxbourgs de la ville ; mais ceux de dedans, qui peu cremoient les Gantois*, les deffendirent sy bien , que les dessusdils Gantois n'y gagnèrent rien , sy non qu'ils occirent sur ung boullovert , de traict , ung homme d'armes. Et après ce que lesdits Gantois veirent que par forche d'assaillir n'y leroient rien , sy s'en retournèrent en belle ordonnance en la ville de Gand ; et jà-soit-ce que en ladite ville de Courtray y avoit grosse garnison, et vaillants gens , sy ne feirent toutesfois quelque saillie sur les Gantois. Ne scay sy c'estoit pour ce que ledit marischal n'y estoit point , ou par advanlure qu'ils n'estoient mie sy grand nombre qu'on cuidoit , car plusieurs s'en estoient rallés en leurs maisons, pour ce qu'on ne leur payoit point bien
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leurs gages ; sy disoient aucuns que ledit marischal de Bourgogne leur retenoit leurs soldes; pour laquelle chose les Picards cominenchèrent à hayr ledit marischal.