CHAPITRE XXXVIII
Comme les Gantois Guidèrent prendre la duchesse de Bourgogne , et de la vaillance d'un^ chevallier de Flandres qui oit nom le sieur de Maldeghem , et de messire Symon de Lallaing.
Le deuxiesme jour de mars audit an cinquantedeux , le bastard de Bourgogne et sa compagnie alla encoires vers Gand , et rencontra grand planté (quantité) des Gantois, èsquelsilsse férirent; et en occit bien cinquante, sans plusieurs qu'il print prisonniers.
^ Le cinquiesme jour dudit mois de mars , la duchesse de Bourgogne, au command du duc son mary , se partist djs Lille pour aller à Bruges , pour aucunes besognes, ne sçay quelles. De laquelle aller furent advertis ceux de (iand. Les Gantois, cui~ dants que ladite dame deubt aller tout le grand cherhin de Lille à Bruges , s'assemblèrent en grand nombre avecq touls ceux de la Verde Tente , et allèrent vers ledit chemin , à intention de prendre ladite dame ettoute l'assemblée mettre à mort ; mais la dame fust advertie de leur voUonté ; sy print autre chemin par où alla à Bruges. Messire Symoa
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de Lallaing , lequel estoit capitaine de TEscluse, et s'y tenoit, scachant cpie ladite dame debvoit venir . à Bruges, separtistdeTEscluse, environ deux cents combattants avecq lui, pour venir allencontre de ladite dame, et la conduire jusques à Bruges; et comme il venoit le grand chemin de Bruges à Lille , ung chevallier de Flandres , seigneur dç Maldeghem, qui estoit en sa compagnie, et alloit devant , et n'alloit point le droit chemin , et avoit laissé la compagnie dudit messire Symon , lequel chevallier , ainsy qu'il chevauchoit , veit et perchut l'embusque des Gantois, qui sans dire mot attendoient tout quoy ledit messire Symon de Lallaing. Lequel sieur de Maldeghem , sitost qu'il les veit, feit sonner ses trompettes , adfin que messire Symon, qui venoit derrière , se retrahit ; mais jà estoit ledit maître Symon , quand il oyt les trompettes dudit sieur de Maldeghem , sy avant qu'il estoit ainsy comme au milieu de l'embusque. Quant ledit messire Symon oyt lesdites trompettes dudit sieur de Maldeghem, et veit les Gantois saillir de leurs embusques, sy veit bien que retraite ne se polroit sans dangier , car jà assailloient les Gantois ses gens et avoient abbatu son estendart. Lors ledit messire Symon, comme valliant chevallier, et ceux de sa compagnie se férirent et ruèrent sus les Gantois , et se deffendirent comme hardis et proeux ; et jà euissent bien peu avoir du pire quand ledit Maldeghem les vint secourir, et se frappa es Gantois, et par la valliance de lui et de sa compagnie feit