CHAPITRE VI
Comment les trois membres de Flandres , avecques un no^le homme et deux des Chartreux de Gand, vindrtnt à Bruxelles devers le duc de Bourgogne pour traictier la paix des Gantois , cependant fis ass iégèrent Audenarde.
L'an de grâce mil quatre cent cinquante et ung, en la semaine peneûse , en la ville de Bruxelles en Braband, vindrent les trois membres de Flandres : c'est à sçavoir, ceux de Bruges, d'Ipres et du Franc, avecq etix ung chartreux du chartrousaige de Gand , devers le duc de Bourgogjie , comte de Flandres ; et^ droitement- par 1er jour du benoist et grand ve^derdj.au matin s'approchèrent du duc; et eux , soachant que le duc avoit volonté d'entrer
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au pays de Flandres à forche de gens d^armes pour subjuguer les Gantois ^ se jettèrent à genoux devant lui ; et le chartreux , parlant pour touts , pria douchement et humblement au duc, en l'honneur du benoist jour, il lui pleut avoir pitié de son pays de Flandres, et par espécial de sa bonne ville de Gand, et que par sa grâce leur volsist pardonner son courroux ; et des meffaits que lui avoient fait ; ceux de la ville de Gand estoient prêts de Faménder au dit et ordonnance du conseil du duc; et si ainsi ceux de la ville de Gand ne volloient faire , si tant feroient , s'ils pooient , qu'ils le ferôient. Auxquels le duc respondit que pour la révérence du jour du benoist venderdy, quel jour ils estoient, moiennant la resparation qu'ils feroient au losde son conseil, il leur pardonnoit leurs meffaits. Et ainsi, comme lesdits trois membres et le chartreux estoient devers' le duc pour traicter paix, aucuns paysans entour de la ville d'Audenarde, lesquels avoient retraict aucuns de leurs biens, pour doubte de la guerre en ladite ville, s'assemblèrent environ douze cents touts enisemble , jusques à la porte d'Audenarde, cuidanls entrer ains, mais on leur clqist les portes ; et vitit-on dire à messire Symon de Lallaing , capitaine du duc audit lieu , lequel estoit au chastel, qu'il y avoit bien douze cents hommes, lesquels disoient avoir de leurs biens en la ville , qui volloient entrer en ladite ville. Icefui messire Symon de Lallaing , qui estoit vàlliant chevalier et duict à la guerre , non scachant Quelle
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volonté ceux de dehors avoient , leur refusa l'entrée de ladite ville jusques à ce qu'il en auroit le commandement du duc , lequel l'avoit commis à garder ladite ville : ceste response de messire Symon oye par ceux de dehors qui cuidoient entrer, eux tantost se retirèrent vers la ville de Gand , et remonstrèrent aux Gantois comment ils avoient mis leurs biens en la ville d'Audenarde , lesquels d'Audenarde , quant ils leur requirent d'entrer en leur ville pour ravoir leurs biens , leur cloirent les portes et refusèrent l'entrée; et leur requéroient qu'ils fissent tant qu'ils jpuissent ravoir leurs biens. Comme iiicontinent les hoyguemans de ladite ville de Gand ojrent ceci , leur dirent qu'ils leur feroient ravoir leurs biens; lors bouttèrent leurs bannières hors , et asssemblèrent grande multitude de peuple jusques au nombre de quinze mille ou plus , gens de touts estats et mestiers ; et le quatorzième Jour d'apvril mil quatre cent cinquantedeux , après Pasques , vidèrent hors de la ville de Gand , avecq eux grande quantité de charroy chargié d'engins et de vivres , et allèrent mectre le siège autour de la ville d'Audenarde , qui e§t à cinq . lieues près de la ville de Gand ; mais ainchois qu'ils apperceurent de la ville , messire de Lalking , capitaine de la ville, doubtant que lesdits Gantois ne se logeassent es 4auxboi^rgs de la ville . issit hors de ladite ville atout tant peu de gens de guerre qu'il avoit , et livra une escarmouche auxdits Gantois ; mais peu y feit; car il fallut qu'il retournast pour
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la multitude de peuple ; et au retourner , feit boutter le feu es fauxbours d'Audenarde et les ardist ; puis entra en la ville , el les Gantois se log-èrent allentour de ladite ville ; et l'assiégèrent de touts costés tellement, que vivres ne personne ne povoient entrer en ladite ville.