CHAPITRE XXin
Comment le dac d' Yorck se combattit au roy d^ Angleterre , et y monit le duc de Sombreset et autres seigneurs, et reprint le duc le gouvernement du royaume, et si fust le roy blescié.
Eu Tan précédent mil quatre cent cinquantecinq , Henry, roy d'Angleterre , par le conseil du duc de Sombreset, manda touts les seigneurs de son royaume venir vers lui, en leur simple estât, pour ordonner des hautes affaires de son royaume , comme ils disoient, dont en vint une grande partie à Londres. Le duc d' Yorck s'appensa qu'il se y trouveroit à la journée. El de fait se meit en chemin, et partist de son pays atout mille combattants , et après lui quatre à cinq mille conibattants. Le roy et ceux de Londres feurent bien advertis de mille combattants , mais non pas des autres qui venoient après; sy se délibéra le roy et le duc de Sombreset, accompagniés du comte de Nortombellant et plusieurs autres seigneurs avecq eux, à tant de gens qu'ils peurent finer à Londres, de aller allencontre de lui et le ruer jus. Sy se meit le roy sur les champs , lui et son ost , et chevaucha tellement qu'il rencontra icelui duc ; et incontinent , sans quelque parlement, commenchèrent les parties à frapper les ungs sur les autres ^ et là fust sy fort combattu .
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qu'il y oit grande foison de morts d'iing costé et d'autre. Toutesfoisla journée de la victoire derhoura au duc d'Yorc ; et là fust tué le duc de Sombreset, le comte Norto^ibellant et plusieurs autres, tant seigneurs que autres , jusquesau nombre de quatre à cinq cents hommes; et mesmement fust le roy navré et blescié d'une flèche parnd le col; et fust en grande advanture de son corps ; et print le duc d'Yorc plusieurs prisonniers, tant seigneurs, nobles que autres, lesquels il mena à Londres avecq le roy, et là feurent les ungs délivrés et les autres punis , selon leurs mérites ; et de ceste heure fust tout le gouvernement du roy renversé ; et demoura le duc d'Yorc gouverneur du roy et du royaume , seul et pour ]e tout.
En ce temps, le roy de Franche tollit par forche d'armes, au comte d'Armignac, la pluspart de toutes ses terres; lequel, quant il oit tout perdu, se retrait au royaume de Navarre et d'Arragon.
Environ la fin du mois d'octobre, l'an d.nquantesix , Philippe, duc de Bourgogne , envoya en ambassade devers le roy de Franche messire Jehaa de Croy, grand bailly de Haynaut, et messire Symon de Lallaing, chevalier, et autres,, pour le fait de monsieur le dauphin de Vianne, en laquelle il« feurept jusques au jour des trois rois en&aivaqt ; H ne peust-on sca voir ce qu^ils avoien t besoingnié ; naais durant ce temps, le roy meit garnison de getis d'armes à Compiègne , à Lyon et sur les mairches de Bourgogne , et partout environ le pays du duc ;
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et pareillement eux retournés , le duc de Bourgogne'feit publier par touts ses pays , que touts ceux quise avoientaccoustumés d'arnler, feussent prez et en armes toutesfois qu'il le manderoit , sur la hart.
Audit an cinquante-six , environ le Noël , il oit son dernier jour le duc de Bourbon , et succéda en la duchié son fils, comte de Clermont, fils de la sœur du duc de Bourgogne.