CHAPITRE XLVIII
Gomment Te r(^ de Franche alla à Conflans devers le comte de Charotlois; et plusieurs autres choses.
Durant que les princes de Franche estoîent environ Paris, et que les trefves estoient pour parlameiîter de paix, leroy de Franche se partist de là ville de Paris , et en une nasselle , par la rivière, alla près de Conflans. Quand le comte sceut sa venue, si alla allencontre, en la compagnie de ses archiers et autres seigneurs. Tantost que le roj le veit venir , issist hors de sa nasselle et alla vers Itii. Le comted'aussiloing qu*il le veit, lui feit honneur tel c^u*à tmg roy de Franche appartient; puis vindrent ensemble; et de prime face le roy l'embrassa, en lui monstrant grand honneur et amour, puis se devisèrent ensemble bien longuement ; de quoi je nesçai, mais j'ai veu lacoppie d'une lettre que le comte rescript à son père , par lesquelles lui escripvit comment il avoit parlé au roy , lequel lui avoit dit moult de belles paroUes. Quand le roy se partist du comte , il pria au comte qu'il volsist venir à Paris , et que là lui feroit grande chière ; mais le comte lui feit response qu'il avoit voeux et promis qu'il n'entreroit en nulle bonne ville jusques à son retour. Âtant s'en retourna le roy à
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Paris , lequel donna aux archiers du comte cinquante couronnes d'or pour aller boire; et le comte retourna à Conflans. Durant lesdites trefves et parlement , ceux de Croy, leurs enfants et le seigneur de Lannoy estoient à Pari3, et meirent -grande peine pour ravoir leur traie tié au comte , et mesme le roy employoil le plus qu'il pooit; mai§ oncques ny volt le comte entendre, et sur toutes choses ne volloit oyr parler de ceste matière. Le seigneur de Croy, par saulf-conduit , alla une fois avecq le roy jusques en l'ost du comte, durant que on traictoit de paix; mais il fust dit qu'il n'y vÎBSt plus. Le roy, par plusieurs fois , vint à Conflans veoir le comte de Charollois, et olrent moult de seerettes devises ensamble; et monstroit le roy moult grand honneur et amour au ccnnte, et sy grand que on ne polroit plus ; car, quant il le venoit veoir, il renvoyoit tous ses gens , qu'il n'en retenoit que bien peu; et disoit-on qu'iL estoit plusasseur avecq le comte et ses gens que dedans Paris.
Audit mois d'aoust, le vingt-sixiesme jour, en la ville de Boulogne sur la mer, feurentprinsle chastelain et le sergeant ducbastel, lesquels avoieni , vendu la ville et le chastelaux Anglois de Calaix et de Guisnes, qui y debvoient entrer le vingt-huitiesme jour ; et debvoient , les dessusdits , boutter le feu en la basse BouUt^ne ; et entre tant que on oit allé au feu, ils debvoient mectrelesdiis Anglois aa cbastel et en la ville, et tuer tout ^ réservé ceu^i
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que ledit chast^lain et sergeant avoient exceptés. De laquelle trahison ils se descoUvrirent à ung autre sergeant qui leur a voit fait serment d'eslre des leurs, lequel sergeant se repentistj, etdict la trahison au majeur de la ville , lequel y pour veut tellement que lesdits cfaastelain et sergeant Feurent prins , lesquels confessèrent leur trahison ; pourquoi ils feurent , le deuxiesme jour de septembre , descapités , et leurs corps pendus au gibbet. Iceux exécutés estoient ceux propres qui avoient tant fait que le fils du seigneur de Croj s'estoit parti du chastel , dont il estoit capitaine ; et y avoient fait entrer , au commenchement du caresme dernier passé , les gens du comte de CharoUois , lequel comte avoit donné auxdits chastelain et sergeant touts les biens estiants au €h9;stel , appartenants audit seigneur de Croy, et moult de bien* lui avoit fait et avDit intention de faire.