CHAPITRE XLIX
De la prinse -da roy Henry d'Angleterre par le roy Edouard j et comment la YUle de Rouen fust prinse par le duc de Bourbon , Ponthoise par les Bretons 5 et du nurade de Sainct-Jaccpies; et d'autres choses. '
Environ le mois d'aoust, l'an dessusdit quatorze cent soixante et cinq, par les gens du roy Edouard, fust prins le roy Henry d'Angleterre, et mésme, en la ville de Londres , le feit-on monter sur ung
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petit cheval et mener tout avant' la yille, en laquelle le roy Edouard avoit fait deffense surlahart que nul ne le saluast. Et dans cest estât et mal réveramment , mais bien honteusement fust mené jusques au chastel , devant lequel avoit un arbre à manière de pillory, autour duquel le feit touppier (tourner) trois fois, et puis fust boutté dedans le chastel ; de laquelle dérision plusieurs de la ville de Londres feurent moult troublés, mais ils n*en osoient dire mot.
Audit an soixante-cinq , le huitiesme de septem>bre, en la ville d'Arras, environ les Noeufves Estuves , trois compagnons qui se disoient au seigneur de Savye , prindrent noise à trois ou quatre sergeants pour les filles ; et fust l'un des sergeants navré , nommé le Roy de la Povrelle; Roy de la Povrelle voyant que c*estoit acertes, dit à ung compagnon qui les regardoit 2 « Va prendre ces » compagnons, je te fay sergeant; » lequel le cuida ^Uer prendre, mais Fung des trois compagnons lui coppa ung poiilg , puiç s'en allèrent sans estre prins.
Ce propre jour , environ l'heure de vespres , au-? cuns compagnons se combattirent aux nocquets en l'abbaEye en ladite ville. Oyant le desbat , ung gentilhomme nommé Waurin de Vignacourt , lieutenant du capitaine d' Artois, vuidadesamaison, qui estoit devant le lieu où on se combaltoit, et en feit l'ung prisonnier , pourquof les autres l'assaillirent et le navrèrent d'ung espieu en l'es-
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paule; et s'il rie se fust deffendu, et que aucuns compagnons vindrent en aide , ils l'euissent par advanture tué.
Audit an soixante-cinquiesme , environ la fin du mois de septembre, fust prinse la ville de Pontoise , et y entrèrent les Bretons par nuict , par moyen du lieutenant du capitaine et autres.
Environ aussi ce temps , le duc de Bourbon , accompagnié de plusieurs gens de guerre , entra au chastel de Rouen en Normandie , lequel lui fust rendu au nom du duc de Berry , par la femme du séneschal de Normandie , qui mourut au Montle-Héry ; laquelle Tavoit en garde par !e roy, et se fioit le roy moult en elle. Et assés tost après , par le moyen d'aucuns des plus grands de la ville, par le conseil desquels le dame avoit fait entrer le duc de Bourbon au chastel, le duc de Bourbon fust mandé de ceux de la ville, en laquelle, et tantost qu'il y fust venu , tout le commun de la ville se rendirent à lui , pour et au nqm du duc de Berry , et prindrent le duc de Berry à duc de Normandie. Ce fait , le duc de Bourbon alla en plusieurs villes de Normandie ; lesquelles il rédyit tout à lui , pour et au nom du duc de Berry ; et mesme la ville de Caen se rendit , et à peu tout Normandie.
Environ ce temps, les gens du duc de Bourgogne ardirent plusieurs villaiges au pays de Liège; et pareillement feirent ceux de Dynant, çt les Liégeois au pays du duc , tant es pays de
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Brabaot, Lembourg, comme en la comté de Naraur ; et tant d'unj^ costé que d'autre , feurent ards infini nombre de villaiges et de maisons.
En ce temps , environ le commenchemeut d'octobre , issirent ceux de Dynant , et allèrent vers Bouvynes, et es pajs du duc, et en oit aucuns tués, et feurent contraints de rentrer dedans Dynant. Les parents de ceux qui feurent morts à ceste rencontre, s'assemblèrent en grand nombre, et allèrent en une prison où ils trouvèrent trois prisonniers du pays du duc , lesquels ils tuèrent , et les menèrent hors; et au premier arbre qu'ils trouvèrent, ils les pendirent ; mais, par la grâce de Dieu et mérite de monsieur sainct Jacques, comme l'ung des trois s'estoit voué à monsieur sainct Jacques , et le réclama à haute voix , ayant ferme espoir qu'il le garderoit de mort, la corde dont il estoit loyé au col , au cheoir de Teschelle, rompit , et oncques ne le peurent pendre par le mérite du benoist sainct Jacques ; et fut le compagnon ramené en la ville sans estre mort ou bleschié, et les deux autres demourèrent pendants. Non contents encoires de ce , prindrent ung josne fils d'Arras, fils de Martin Cornille, escolier, lequel estoit prisonnier, et avoit esté prins des gens de guerre , en retournant de l'estude; lequel ils Teuissent fait mourir; mais aucuns de la ville en olrent pitié , et leur dirent que l'enfant estoit fils d'ung riche homme , lequel leur payeroit grosse renchon , que leur seroit donnée
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pour faire prier pour les âmes de leurs amis qui estoient morts , et pour élever leurs enfants ; et ce feit sauver l'enfant , lequel depuis paya à ceux de Dynant grosse rcnchon.