CHAPITRE LIV
Comment le comte de CharoUois alla k Maiiière«-sar-Meiite, et illecq atsembla «od ost pour entrer an pays de liëge.
Le comte de CharoUois, qui, par plusieurs fois, lui estant à Conflans , avoit receu lettres du. duc de Bourgogne, son père , par lescpielles il lui mandoit que si le traictié n'estoit fait entre le roy et les princes de Franche , qu'il lui envoyast cinq ou six cents combattants pour mener la guerre contre ceux de Liège , avecq ce qu'il avoit de gens d'armes, contre lesquels Liégeois l'intention du duc estoit de aller et combattre les Liégeois et s'en ven-
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ger de l'injure que ceux deDynaut lui avoient fait et dit , sçachaut que plusieurs de ses gens d'armes se estoient partis et retournés en leurs maisons , après le traictié fait du roy et des princes, et ainchois qu'il se partist de Gonflans', envoya ses lettres par toutsles pays de son père^ mandant commande* ment sur la hart, confiscation de corps et de biens, ou d'estre bannis de touts les pays de son père , que touts ceux qui avoient esté avecq lui en Franche, et touts autres qui s'estoient accoustumés d'armer, feussent le quinziesme jour de novembre en armes à Maisières-sur-Meuse , pour entrer au pays de Liège; auquel lieu de Maisières le comte alla avecq ce qu'il avoit de gens, desquels aucuns passèrent par le pays de Soissonnois, lequel ils mangèrent fort. Le comte arrivé à Maisières, touts ceux qui estoient retournés et autres plusieurs des pays de son père feurent audit Maisières audit quinziesme jour de novembre ; et y retournoient plus contre leur vdllonté, tant pour ce qu'ils estoient marrys d'estre hors, comme pour ce qu'ils avoient esté mal payés, car de douze semaines qu'ils avoient esté au serviche , ils ne avoient esté payés que de dix semaines; toutesfois ils ne osoient laissier, car il n'y avoit si grand sur qui il n'eust frappé de quelque baston qu'il tenist, quant il les trouvoit en desroy , ou qu'ils ne faisoient ce qu'il commandoit ; et n'eust épargnié de faire mourir, en cas de désobéissance , non plus le grand que le petit. Le comte assembla audit Maisières plus grande
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armée beaucoup que il n'avoit eu en Franche , car les bonnes villes du duc y envoyèrent arcbiers et arbalestiriers ; et s^en allèrent plusieurs chevalliers et escuyers de dessus la rivière de Somme , qui de l'année n*y avoient esté , et mesme plusieurs qui paravant avoient esté en l'armée du roy y allèrent.