‹ Chroniques d'Enguerrand de MonstreletChapitre 39 sur 54 · CHAPITRE LXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXIII

Gomment, après Djrnant destraite, ledit diic retoama à Namar, et tout son Qtt , pour entrer au pays de li^j et allèrent devant la cite'^ et des Tilles qui se rendirent an comte son fils.

Le premier jour de septembre, après que la ville de Dynant fust toute destrùite et desmolie , tellement que les femmes mesmes qui y alloient pour trouver leurs maisons, ne sçavoient cognoistre la place où leur maison estoit , le duc se partist de Bouvynes , et entra en ung batel couvert, et alla ce jour gessir à Namur; et tout par la rivière et à l'entrée, eus monta à cheval et j entra à grand triomphe , avecq lui grande noblesse, et l'ambassade de Liège , qui toujours alloit après lui pour avoir la paix. Ce jour et le lendemain -passa toute l'armée parmi la ville de Namur , qui meirent plus de deux jours à passer. Et alla le bastard de Bourgogne , logier au pays de Hasebain , à deux lieues de la ville de Sainct- Tron, et le comte une lieue outre en Tiremont et Sainct-Tron , laquelle ville de Sainet-Tron s'estoit rebellée , mais elle se rendit au comte , et si feit . la ville de Tuin ; laquelle ville de Tuin , le duc avoit donné au comte de Sainct-Pol pour la prendre et pillier et faire sa volonté , en rescom-

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pensation de ce qu'il n'avoit eu , ne ses gens , quelque butin à la prinse de Djrfant. Laquelle ville de Tuin se rendist audict comte de Sainct-Pol, pour et au nom dudit duc , et moyennant certaine somme de deniers que elle paya audit comte de Sainct-Pol, connestable de Franche, et qu'ils promirent d'abbattre leurs portes et toute la muraille de la ville , et Sainct^Troîi pareillement , ils ne feurent point pilliés ; et disoit-on que ledit connestable euist dix mille florins de Rhin pour sa rescoiiipense ; et encoires ne se tenoit-il pas bien rescompensé du butin de Dynant , ne ses gens aussi. Le comte de GharoUois s'en alla pour assiégea là ville de Tongres ; mais oa lui dit qu'il n'y avoit personne, et que tout s'en e^CRt fui. Par quoi le comte , le jeudi , quatriesme de septembre , feit tirer son ont et tout son carroi, vers la cité de Liège , et le duc , son père , demoura à Namur ; et alla le comte jusques à Môntenacq ^ â quatre grosses lieues de la cité de Liège , toujours estant en bataille et costdj^ant son caiyr oy; et y arriva le sixiesme jodr dudit mois , lequel jour il tust adverti que ceux de Liège estoient issus hors en grand nombre pour le combattre. Lors se meit en bataille sans aller gueres loing ; et duroient les esles de la bataille plus d'une grosse lieue.

Ledit jour , environ onfce heures , vint une ambassade par ceux de la cité , requérir seur estât jusques à lendemain dix heures, et que dedans reste heure ils asseuroient de fair^ tout ce qu'il

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leur demandoité Le comte leur accorda ; et ce fait, le connestabie et le bastard de Bourgogne allèrent pour yeoir la conduite des Liégeois qui estoient issus de Liège , lesquels estoient sur la rivière de Gerre, auxquels fust rapporté que les coureurs qui avoient conduit l'ambassade de Liège, s*escarmoucboient contre les fourriers du comte de CharoUois , pourquoi aucuns tirèrent celle part ; mais les Liégeois qui escarmouchoient, se retirèrent prestement avecq les autres; et quant vint sur le soir , ceux de l'ost du comte percheurent clairement les Liégeois. Lors se meit le comte en bataille devant eux au moins d'ung quart de lieue ; et passa le connestabie outre la rivière de Gerre , pour les enclorre ; et feit plusieurs de ses gens mectre à pied ; et estoit environ cinq heures du vespres ; et estoient les gens du comte prests pour les combattre , et ne demandoient autre chose ; mais le comte ne le vollut souflPrir pour le senr estât qu'il avoit baillié , dont plusieurs estoient courrouchiés ; car il semMoit bien que touts y fuissent demourés , et que nul d'eux ne s'en pooit fuire* On les nombroit deux mille à cheval, et dix mille à pied ; mais iceux estoient davantage, parce qu'ils se tenoient pour la pluspart en ung villaige, par quoi on ne pooit bien sçavoir le nombre. Ce jour , le comte de CharoUois feit ardoir ung villaige, nommé Varennes, qui avoit esté une ville fermée ; et y avoit quatre cents feus ou plus ; et ce feit pour faire saillir les gens hors.

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lesquels ne s'en voulloient partir, pour venir avecq les autres , et eux tenir en bataille ; auquel feu il euist plusieurs bagues de gens d*armes perdues , et y euist tel desroi que merveilles. Toutesfois chacun se meit en bataille « Ce jour , le comte de Charollois et toute l'armée feurent cinq heures eçL bataille , et jusques à dix heures en la nuict^ qu'il feit chacun retraire au logis.

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