Cf. Six, Classement des séries chypriotes, p
2. Je profite des observations de M, Deecke, Philologische Wochenschrift^ 1886, p. 1323. [Cf. Clermont-Ganneau , Recueil d archéologie orientale, t. I, p. 198-200.]
dialecte chypriote ne ressemble-t-il au dialecte arcadien que parce que TuQ et Tautre sont achaeo-laconiens et que la population achéenne de la Laconie était proche parente de sa voisine, la population arcadienne? Ce sont là des problèmes fort intéressants. » — Le premier établissement des Achéens à Chypre pourrait remonter à une époque plus ancienne que l'invasion des Doriens, puisque nous les trouvons guerroyant dans la Haute-Égyple au xii* siècle avant J.-C. Vaincus par Ramsès et par Méaephtah, les peuples de la mei* ont dû refluer en pallie sur les îles de l'Archipel *.
— Les fouilles de Polis tis Chrysokhou, l'ancienne Arsinoé, ont été faites aux frais de trois Anglais, MM. C. Watkins et G. Christian, de la Banque ottomane, et M. J.-W. Williamson, propriétaire du Cyprus Herald, Leur succès parait dû en grande partie à la persévérance de M. Watkins, qui n'a pas reculé devant les sacrifices considérables qu'elles entraînaient. Commencées au mois de mars 1885 et poussées avec beaucoup d'activité — on a employé jusqu'à cent ouvriers à la fois — elles ont porté sur deux nécropoles, situées l'une au sud, Tautre à l'est de la ville. Les produits de ces fouilles seront probablement exposés à Paris au printemps de 1887 : MM. Froehner et Hoffmann en préparent, dit on, le catalogue.
Ce qui frappe d'abord dans l'ensemble des découvertes de Polis, ce sont les rapports qu'elles présentent avec Athènes et Vulci, d'une part, avec Camiros de l'autre. On a trouvé deux coupes à figures rouges de style sévère portant la signature HEPMAI02 EHOIEZENt qui s'est rencontrée à Vulci (Klein, p. 115-116), et une troisième avec rinscription KAXPYAION EFTOIEIEN, qui a déjà été signalée en Italie et en Attique (Klein, p. 124-130)*. Par contre, une ceinture d'argent doré, formée de quatre plaques minces avec pendeloques unies par des charnières, rappelle exactement les bijoux archaïques de Camiros découverts par M. Salzmann. Les plaques, ornées de granulé, portent des reliefs au repoussé représentant : 1® l'Artémis persique vue de face, tenant de chaque main un cerf ou un mouflon; des soleils remplissent le champ et les bords sont décorés de méandres.
1. Cf. Perrol, Histoire de fÀrt, t. IV, p. 18. Après rinvasion dorienne, une partie des Achéens sera revenue vers le sud, notamment à Lesbos et a Chypre.
2. Voir Klein, Griechische Vasen mil Meistersignaturen^ 2« édition, 1887. Le Qom d*Hermaios doit être ajouté à la liste des céramistes dont les noms se sont retrouvés sur des vases découverts eu Grèce et en Italie (Traité (téptgraphie grecque, p. 450). Celui de Nicosthèues, déjà connu en Grèce et en Italie, se lit sur un vase récemment découvert à Naucratis en Egypte (Rlein, p. 220).
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de fleurs et de boutons de lotus ; 2° deux lions ailés accroupis et adossés, motif fréquent sur les stèles chypriotes.
Les tombeaux de Polis sont généralement des fosses, mais quelquesuns offrent l'aspect de cryptes funéraires construites avec soin où Ton descend par un escalier. Nous reproduisons ici la coupe de l'un d'eux, d'après une aquarelle de M. Richter. Le couloir qui conduit dans la tombe renferme généralement des statuettes en terre cuite jetées pé!e-mêle et brisées intentionnellement. Une fois on a trouvé dans le
couloir plus de vingt figurines dont les tètes avaient été cassées. Ces obser\'ations sont de M. Richter* et concordent parfaitement avec celles que nous avons faites, M. Pottier et moi, à Myrina'; un archéologue a donc eu tort de se fonder sur nos constatations pour piétendre que la nécropole éolienne avait été violée dès l'antiquité.
M. Richter nous a communiqué la description de plus de cent tombeaux; nous en choisirons deux seulement à titre de spécimens. Dans le premier (nécropole du sud), le couloir contenait deux statuettes et une tète haute de 0"»,12 , d'un très beau style grec sévère. Le
2. « Eine absichlliche Zertrûmmerung und Koepfimg der Figuren hat stallgefUnden,.. offènbar absichtiick abgesehlagene Koepfe, u
3. La Nécropole de Myrina^ 1. 1, p. 102; cf. Rayet, Monuments de Varl antique ^ t. II, pi. LXXYII, p. 8, qui a observé le même fait à Tanagra.
tombeau renfermait quinze vases à couverte noire portantdes caractères chypriotes gravés sur le fond, une quantité de vases communs, des pointes de flèche en fer et en bronze , des ornements d'or. L'objet capital était une grande amphore ornée de peintures polychromes sur la panse (réseaux et palmettes) ; le col est couvert d'un vernis noir et la partie supérieure de la panse présente un petit déversoir latéral en forme d'urne. Entre le déversoir el le col sont deux figures debout, une femme drapée avec un chapeau rouge, un chiton rouge et un himation bleu, et un Éros également peint en rouge.
Le second tombeau (nécropole de l'est) est une fosse simple, de forme rectangulaire ; elle contenait un grand nombre de vases à couverte noire et à figures rouges, deux panthères, deux oies, etc. Onze vases portaient des caractères chypriotes incisés. Une amphore avec déversoir latéral est ornée de peintures rouges et brunes représentant deux taureaux comupètes, ayant chacun devant lui une fleur ; entre le déversoir et le col est une figure drapée coiffée d'un grand chapeau triangulaire et tenant dans sa main gauche la petite urne qui sert de déversoir.
Nous ne savons si la présence de grafûtes chypriotes sur des vases à figures rouges autorise à supposer que ces vases auraient été fabriqués dans l'Ile; nous serions tenté plutôt d'y voir des produits athéniens importés^ sur lesquels les marchands indigènes ou les possesseurs auraient pu graver quelques caractères à la pointe. Une phiale noire avec trois A incisés rentre dans la catégorie intéressante des vases avec indication de prix * .
Outre les vases que nous venons de signaler, on a découvert beaucoup
de lécythes reproduisant des types grecs connus, des urnes ornées de tèles de bœuf en relief, plusieurs vases à déversoir, dont nous avons dessiné le plus remarquable d'après une photographie de M. Richtcr.
Il y a quelques statues en pierre calcaire, notamment un Hercule et un homme couché sur une kliné.
Les terres cuites sont nombreuses et souvent d'un excellent style, sans aucune trace d'archaïsme ni de raideur. Ce sont, en particulier, des personnages assis sur des trônes,