VALLÉE DU LYSIS
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phique que je reproduis ici. Nos lecteurs ont accueilli avec trop d'intérêt les détails que nous leur avons donnés à diverses reprises sur les explorations antérieures de M. Ramsay pour que nous ne nous fassions pas un devoir de traduire aussi complètement que possible les importantes communications.de notre ami.
« Environs de Koniahy juillet i 886. — En quittant le chemin de fer, je me suis d'abord proposé pour but d'éclaircir la seule difûculté sérieuse que présente encore la topographie de la Phrygie méridionale, ridentiOcation de Trapezopolis. La situation de cette ville est déterminée, d'une manière générale, par deux considémtions : 1» elle élait sur la frontière de la Carie et de la Phrygie, c'est-à-dire au sudouest de la Phrygie; aussi Tattribuait-on tantôt à la Phrygie, tantôt à la Carie ; 2® elle faisait partie du conventus d'Alabanda et doit, par suite, avoir été située à l'ouest de la route conduisant de Cibyra à Laodicée, car toute ville placée sur cette route doit avoir appartenu au conventits qui comprenait Laodicée et Cibyra. Par suite, la position assignée à Trapezopolis par M. Waddington [KiziL-Hissar) est inadmissible, Kizil-Hissar, est, en effet, sur la route de Cibyra à Laodicée.
« La Carie et la Phrygie sont limitrophes sur un assez court espace suivant les deux versants nord et sud du Baba-Dagh (mont Salbacus, suivant l'identiûcation proposée en premier lieu par M. Waddington). Trapezopolis peut donc avoir été au nord ou au sud de cette montagne. J'examinai d'abord le pays dans la région du nord et je me convainquis qu'il avait existé deux villes anciennes dans un district où Ton n'en avait encore signalé qu'une seule, Attoudda. Une de ces villes était près de Serai-Keui, actuellement la tête du chemin de fer ottoman ; l'autre était à Assar ou Hissar, à quatre heures de Serai- Keui, sur la route d'Aphrodisias. Jusqu'à présent, on a placé sans hésitation Attoudda à Hissar, sur la foi d'une inscription publiée dans le Corpus. Je ne veux point entrer dans l'examen de ce témoignage : qu'il me suffise de dire que si j'ai raison de reconnaître le site d'une ville gréco-romaine près de Serai-Keui, cette ville n'a pu être qu'Atioudda. Le temple de Men-Karou appartenait à Attoudda (la légende MHN KAPOY se lit sur les monnaies de cette ville) et le temple en question était dans la plaine un peu à l'ouest de Serai-Keui. Hissar est à une hauteur considérable dans la montagne, et le seul nom antique qu'on puisse lui attribuer est Trapezopolis. Sa situation à miroute entre la ville phrygienne d'Attoudda etlavillecarienne d'Aphrodisias explique pourquoi les Romains l'assignèrent à la Carie et au conventus d'Alabanda, tandis que les Byzantins la mettent en Phrygie sous la métropole de Laodicée.
« En second lieu, j'ai examiné le pays montagneux entre les villes cariennes bien connues de Heracleia (Makuf) et de Sebastopolis (Kizilje) à l'ouest, la route de Cibyra à Laodicée à l'est. Il me semble qu'aucune cité antique n'a pu exister dans cet espace de terrain.
€ En un mot, l'ancienne ville de Hissar réclame un nom, et le seul
qui lui convienne est Trapezopolis ; Trapezopolis réclame un emplacement, et aucun ne remplit les conditions voulues, si cen*est Hissar.
€ Pendant les dix jours suivants, nous explorâmes le pays montagneux au nord et au sud-est de Colossae, à Teflet de corriger la carte de la Pisidie. Kayadibi doit représenter remplacement de Ceretapa Diocaesareîa, comme je le pensais en 1884 : l'inscription àtel [K]ai(yapi sur un autel dans le bazar de Kayadibi indique une forme locale du culte impérial qui justifie le nom de Diocaesareia. Le lac de Kayadibi est TAulindenos mentionné par les monnaies. La frontière entre la Phrygie et la Pisidie sur ce point est la ligne de partage des eaux entre Kayadibi et Gebren. Toute la vallée du Gebren-Sou avec ses nombreuses cités antiques appartient à la Pisidie. Le cours supérieur du Gebren-Sou traverse de grands domaines impériaux ; les cités des environs datent leurs documents suivant le procurateur impérial (eicl êiciTpéicdu) et les locataires de ces domaines (eicl ijlwtwOôv). Tout le territoire d'Ormelion parait avoir formé un grand domaine impérial.
« Cette ville a été étudiée d'abord par MM. Duchesne et Collignon, mais je dois contester sur bien des points la lecture et Tinterprétation qu'ils ont données de ses nombreuses inscriplions. Le nom d'Ormeiion (je l'écris ainsi d'après l'analogie de Philomelion), n'est connu que par les inscriptions. Cette localité paraît avoir été élevée au rang de TcéXtç vers l'époque de Dioctétien ; à l'époque byzantine, elle s'appelle toujours Maximianopolis. Hiéroclès, dans sa liste de cités pamphyliennes, qui nous est parvenue fort altérée, la nomme deux fois : 1** Maximianoupolis ; 2^ Ktéma MaximianoupoleoSy c'est-à-dire le € domaine impérial de Maximianoupolis >.
« Gebren marque l'emplacement d'une cité antique, probablement d'Ariassos, qui est mentionnée par Hiéroclès à côté de Maximianopolis. L'ère employée dans une inscription de Gebren paraît être l'ère asiatique d'octobre 85 avant J.-C.
c A Ormelion, deux ères étaient usitées concurremment, l'ère asiatique et une autre remontant à 37 après J.-C, qui donne peut-être la date où le domaine impérial fut organisé.
« Une borne milliaire à Ormelion marque la distance de cette ville
« L'emplacement de Gebren a été d'abord étudié par M. Hirschfeld, qui reconnaît dans le nom moderne celui d'une ancienne ville hypothétique de Kebrene.
« A Eyinesh, sur xm affluent du Gebren-Sou, il y avait une autre cité antique, découverte par MM. Duchesne et Collignon. L'ordre
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suivi par Hiéroclès me fait croire que cette ville est Palaiopolis ou Alieros ; le dernier nom est le nom indigène qui fut remplacé pour un temps par le nom grec, mais qui reparaît dans les listes ecclésiastiques byzantines de basse époque. Les noms proposés par les explorateurs récents (Sanaos, par M. Duchesne ; Themissonion, par M. Sterrett), ne sont pas d'accord avec les données topographiques. Palaiopolis a frappé quelques rares monnaies, si toutefois j'ai raison de lui attribuer les pièces données jusqu'à présent à une ville supposée de Palaiopolis en Lycie ou en Carie.
c Olbasa a été découverte, il y a longtemps, par Scboenborn à Belenli : c'est, à mon avis, la seule ville antique qui eût été identifiée d'une manière certaine avant mon voyage dans la vallée du Gebren- Sou.
« Hassan-Pacha, au sud d'Ormélion, dans la vallée du Gebren, est aussi un site antique et pourrait disputer à Gebren le nomd'Ariassos ; l'un et l'autre de ces emplacements conviennent à Tordre suivi par Hiéroclès. Strabon donne la forme Aarassos, qui parait n'être qu'une transcription grecque différente du même nom indigène.
c Ainsi, les résultats de notre voyage de 1884 se trouvent confirmés dans leur ensemble par nos explorations plus minutieuses de cette année. J'avais été aussi conduit à la pensée que Lysinia doit être cherchée sur le Lysis (Gebren-Sou), dans la partie supérieure de son cours, mais à quelque distance au-dessus de son embouchure, et que Colbasa, Corbasa, Cormasa ou Colbassos (quatre transcriptions grecques d'un nom pisidien), est située à l'extrémité septentrionale du passage par lequel Manlius traversa le Kestel-Dagh, entre la vallée du Taurus et celle du Lysis, dans sa célèbre campagne contre les Galates.
< Nous avons passé beaucoup de temps et pris beaucoup de peine pour arriver à éclaircir ces questions, et bien que nous ne soyons pas parvenus à des résultats indiscutables, je crois avoir définitivement résolu le problème de l'itinéraire de Manlius et déterminé remplacement des cités susdites.
K La rivière appelée aujourd'hui Gebren-Sou a deux branches principales : celle du nord commence près de Gebren, celle du sud près d'Ali- Fakhreddin-Yaila (l'ancienne Lagùon, la Lagon de Tite-Live). La branche du sud était considérée dans l'antiquité comme la principale. Les sources du Lysis sont sur la route de Manlius, et c'est à ce fait que nous devons d'en connaître le nom.
c La situation de Lysinia est déterminée par trois conditions : 1* nous pouvons inférer de son nom même qu'elle élait sur le Lysis ou près de cette rivière ; ^ elle est dans le voisinage, mais non sur le
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tracé même de la route de Manlius; 3« elle n'était pas voisine de Tembouchure du Lysis, car ce territoire appartenait à Sagalassos et n'était pas une cité indépendante.
ce Cela posé, pour découvrir Lysinia, il nous suffisait d'étudier le cours du Lysis. A Elmadjik, nous trouvâmes une inscription dédiée par le sénat et le peuple, V; gouXrj xal 5 SfJ'^cç; le possesseur du marbre m'informa qu'elle avait été apportée là d'un ancien site placé sur la rivière à 3 milles de distance environ. Nous nous y rendîmes et trouvâmes un pont romain avec quelques ruines m situ.
« Colbasa est presque certainement représentée par les ruines étendues de Giaour-Euren, près de Geuldé, à six heures au sud de Bouldour, près de la route directe de Bouldour à Termessos. Quelques rares monnaies, dont deux sont au Musée Britannique, portent la léi^ende KOABACCEnN.
< De la vallée du Gebren, nous fîmes une courte excursion par delà les montagnes dans la vallée du Taurus (Istanoz-Tchai). Mon but était de voir la route par laquelle Manlius passa dans son raid en Galatie. La vallée de l'Istanoz-Sou a élé si complètement explorée au cours de notre expédition de 1884, et les inscriptions recueillies ont fourni tant de noms anciens, que la topographie de cette région pouvait être considérée comme fixée. Dans les Mittheilungen de 4885 *, j'ai montré que les cités d'isinda, Pogla, Andeda, Berbe, Colonia, Comama et le dème des Perminodeis se partageaient ce district. Je me rendis en hâte à Comama et j'y trouvai trois ou quatre inscriptions qui m'avaient échappé dans une visite précédente. Je crois qu'aucun autre Européen n'a jamais visité Comama et le nom même en était ignoré, jusqu'à ce que les inscriptions que j'y découvris en 1884 justifièrent la lecture de certaines monnaies et permirent de le retrouver dans un texte corrompu de Ptolémée. Mais en 1885 l'éditeur des Mittheilungen n'a pas cru devoir accepter le nom de Comama et Ta corrigé partout en Comana.
<i Je crois qu'il ne peut plus y avoir de doute aujourd'hui sur ce point : Manlius, dans sa marche de Termessos en Galatie, suivit partout la route directe. En parcourant aujourd'hui cette route, on trouve une série de points qui tantôt ont certainement été touchés par lui, tantôt s'accordent le mieux avec le récit de Tite-Live. Les identifica-
1. Ramsay, Mittheilungen des deutschen Instituts, 1885 (t X), p. 334 et suiv. Je profite de Toccasion pour signaler l'excellent index des tomes VI à X des Mittheiiungen, qui vient d'ôtre publié à Athènes, et celui de VArchaeologische Zeiiung, 1843 à 1885, qui est un monument de patience et d'exactitade.
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lions les 'plus certaines sont Synnada (CassaLa) et le Meiropolitanus Campus (Tchal-Ova), puis les Rhotrini fontes (les grandes sources à 10 milles à l'est d*Apamée). En identifiant les deux derniers points (ridentifîcation de Synnada est due à M. Perrot en 1876) dans le Journal of Hellenic Studies de 1882, je négligeai de faire remarquer que le nom latin Rhotiini fontes (généralement changé, par une conjecture malheureuse, en Obrimae fontes) ^ n'est guère qu'une légère altération du nom grec Aipoxpr|Vct TUYjyaC ou AyXoxp/,vY) et devait s'écrire Rhocrini Fontes, M. Hirschfeld a identifié Aporidos Komè avec la m(5derne Paradis ou Baradis, voisine également de la route directe. Darsa doit être Darsila, c'est-à-dire Darzela ou Zarzela, la moderne Bouldour. Cormasa et Lysinia sont l'une sur le chemin de Manlius, l'aulre à peu de distance de la route directe, d'après les positions que je leur ai assignées, et les fines Sagalassensium se trouvent près du lac de Bouldour (la A{[ji.vyî de Polybe, improprement appelé paludes dans Tite-Live). Si l'on cherchait le plus court chemin praticable entre Termessos et Synnada, on n'en trouverait pas de plus direct que celui que j'indique*.
€ Le passage à travers les montagnes s'ouvre au sud entre Foulia (Pogla) et Urkudlu; au nord, il s'ouvre vers le petit village d'Azizié. C'est un passage facile, excepté là où la route, autrefois parfaitement aménagée sur le versant plus rapide du côté sud, a été ruinée par suite de la négligence des Turcs.
c L'identification de Bouldour (le nom officiel est Bourdour) avec l'ancienne Zorzila, Zarzela ou Durzela, et de celle-ci avec Darsa (pour Dar[si]!a) de Tite-Live, peut sembler un peu téméraire. J'ai d'abord été amené à croire^ en étudiant la liste des cités de Pisidie dans Hiéroclès, que le groupe des villes de Mallos, Adada et Zorzila devait se trouver sur le lac de Bouldour, et que l'ordre suivi autorisait l'identification de Bouldour avec Zorzila. La ressemblance qui existe entre ces deux noms était un argument de plus. Puis, je remarquai que la Darsa de Tite-Live devait être dans le voisinage, et je ne mettais pas en doute que l'axa^ etpr^ixévov Darsa ne fût un nom corrompu par les copistes.
€ Il reste daas la vallée du Gebren-Sou trois sites de villages ou de villes : un près d'Aksché-Euren (petite ville, une seule inscription), un autre à Azizié (simple village), un troisième à Ak-Euren. Dans celte dernière localité, nous trouvâmes une curieuse inscription men-
1. Cf. un récent article de M. Ramsay dans VAmetncan Journal of Archaeohgj, 1886, p. 128-131.
tionnant Je dème tôv MaxpoxeSstTÔv. Le Maxpov 7ceB(ov est la longue vallée étroite qui longe le Lysis au-dessus de Lysinia. Linscription porte une double date, ïxoix; ^p' pv', qui indique l'emploi de deux ères. Si Tune est de celle de Qbyra, 22 après J.-C, l'autre serait 70 après J.-C, probablement celle de la formation par Vespasien de la province de Pamphylie.
« Le long du lac de Bouldour, il y a de nombreux sites antiques : à l'extrémité sud et sur la rive du sud-est, jusqu'à Bouldour et au delà, le territoire appartenait à Sagalassos. A l'époque byzantine il était probablement séparé de Sagalassos et peut-être identique à la Regesalamara (Regio Salis Amara) d'Hiéroclès. Le lac de Bouldour est, en effet, un lac salé et produit du salpêtre.
€ Près de l'extrémité sud du lac, à Kilij, se trouve une ville découverte en 4885 par M. Sterrett : c'éUit probablement MaUos ou Malos de Pisidie. De l'autre côté du lac est le village dllias, que les Turcs prononcent Illes ou Elles. MM. Duchesne et Collignon entendirent parler de ruines sur ce point : M. Smith, qui m'accompagnait en 1884, visita le village et y copia quelques inscriptions; en 1885, M. Sterrett découvrit le site de Tancienne cilé à un mille environ vers l'est du village moderne. Je suis arrivé à la conclusion que cette cité doit être Adada et que le nom moderne dérive de saint Élie, auquel une chapelle aura été consacrée dans le voisinage.
11 y a toutefois une objection sérieuse à celte identification. Un milliairedu consul M'. Aquilius (430 av. J.-C), trouvé à Yarashli, l'ancienne Takina ou Tagina, donne la distance d'Éphèse sous la forme CCXXIII ou 2Kr. Cette distance est évidemment mesurée sur la grande route orientale d'Éphèse par Tralles, Laodicée ad Lycum et Apamée; en cet endroit une route secondaire doit s'être détachée et avoir longé la frontière méridionale de la province d'Asie en passant le long des rivages nord et ouest du lac de Bouldour à travers les villes que j'ai nommées par conjecture Mallos et Adada. La conséquence naturelle est que ces deux cités étaient asiatiques, puisque la route qui longeait la frontière sud de la province devait se tenir en deçà de cette frontière. Or, Adada ne paraît pas avoir été une cité asiatique : comme Termessos, c'était une ville autonome et Ptolémée la place en Pamphylie. Il y a, il est vrai, une monnaie d'Adada avec un nom de magistrat, citée par Mionnet d'après Sestmi; mais c'est là une médiocre autorité. Si la monnaie est authentique et a été bien lue, il faudrait admettre qu'Adada faisait partie de la province d'Asie; mais jusqu'à ce que cette pièce ait été étudiée de près, il faut laisser Adada en Pamphylie là où la place Ptolémée. On n'est pas autorisé à sup-
poser que les frontières de TAsie varièrent entre l'époque de Manlius et celle de TEmpire, bien qu'une grande partie de la Pisidie ait été détachée de la Galatie et incorporée dans la nouvelle province de Pamphylie.
c Nous avons suivi les rivages des lacs d'Egerdir et d'Hoiran sur une moitié de leur développement. La véritable forme de ces lacs diffère beaucoup de celle que leur assignent les cartes. Comme Ta conjecturé M. Hirschfeld, ils s'appelaient probablement Limnai dans l'antiquité.
c Je suis allé examiner de nouveau la longue inscription du village de Gondanli * que j'ai publiée en 4882 dans le Journal of Hellenic Sludiei (IV, p. 25). L'en-tète peut être approximativement restitué ainsi : ['Ayaôfj T]j^. .. Jxouç ep'? tu^^, ixeYaXrj *'ApTe[jLtç. [Sévot TexiJLoJpetot èxôtrjaav ^taXifjv [xal ... xal àvB]p6{avTa xal ^!xi^Y,{ù\kx xal TzxziXkxq xal Xt6av(»)Tp(8a èx tc5v tJfwv àvaXwjjiaTwv. Pour la seconde ligne j'ai pensé également à lire eiTu^f,? ^^£kr^ ; 6xàp tu^^QÇ n'est pas sur la pierre.
c Les Xenoi lekmo7*eioi sont une corporation bien curieuse. M Sterrett a découvert le même nom en 1885 dans une inscription de Sagbir, village situé à 9 milles environs au nord-nord-est de Gondanli. Il suppose que Saghir s'appelait autrefois Tekmorion. C'est ce que je ne puis admettre; ayant rencontré la mention des Xenoi Tèkmoreioi dans deux inscriptions de Gondanli, je suis arrivé à croire que les Xenoi étaient un corps qui existait également dans les deux localités. Elles sont d'ailleurs toutes deux des sites anliqnes, et rien n'autorise à penser, comme le fait M. Sterreit, que des pierres aient été transportées de l'une à l'autre. Je maintiens donc mon explication de 188^2. Artémis, dont le culte est si souvent associé à celui de lacs et de marécages, était adorée aux Limnai, Le pays alentour des extrémités est et nord-est des Limnai était organisé en villages, wxeTto '/,tù\)x^i^ ; à l'origine, il était gouverné par les prêtres d'Artémis, mais sous l'Empire romain ce régime théocratique fut remplacé par une sorte d'union fédérale dont le centre était le temple d'Artémis. Aujourd hui encore, il y a une église de la Vierge dans une petite île à l'extrémité nord-est des Limnai; cette ^lise est particulièrement vénérée de toutes les communautés chrétiennes à 100 milles alentour, et beaucoup de chrétiens y viennent en pèlerinage le jour de la fête, qui tombe le 30 septembre. Cette fête de la Vierge chrétienne a remplacé une fête de l'Artémis Parthénos, célébrée à la même époque de l'an-
1. Dans le Journal of Hellenic Sludies^ cet endroit est appelé Gonddne,
née. Je ne pus me rendre dans cette île, qui passe pour contenir beaucoup d'anliquités, parce que le seul bateau existant sur le lac était brisé. L'Ile est voisine du petit village de Kaziri ou Ghaziri.
« Les membres de ce xotvcv, unis par le culte d'Artémis, adoptèrent le nom de Sivot Texjxspe'.o».. Ils admirent parmi eux des étrangers de Synnada, Julia, Mallos de Pisidie, Adada, Metropolis de Phrygie, etc. Vers la fin du ii* siècle, ce devint une habitude parmi eux d'élever des statues votives et d'autres œuvres d'art en l'honneur d'Artémis et de l'empereur régnant. Les frais de ces dédicaces étaient supportés par les S£v5t. Une des statues votives dédiées à un empereur est appelée r^izq Içtxzsç ; plusieurs autres dédicaces mentionnent des statues de Tyché. Les fonctionnaires du xotvdv étaient un ivaYpaçeu^ et deux Ppa6euTa{. L'ensemble de ces inscriptions offre la plus instructive peinture de l'ancienne vie municipale des villages anatoliens; il est à souhaiter que le rapport de M. Sterrettles porte bientôt à la connaissance du public. Je les ai toutes relues à mon tour et j'en ai ajouté quelques-imes qui lui avaient échappé. Je dois vous exprimer ici mon admiration pour le savoir et la minutie dont M. Sterrett a fait preuve en 1885 dans sa chasse aux inscriptions de ce pays'. J'ai déjà voyagé sur les traces de bien des explorateurs, et n'ai jamais trouvé difficile de corriger leurs lectures ou de glaner après eux. Mais quand je suis venu après M. Sterrett, dans le dessein arrêté de contrôler ses lectures, j'ai eu peine à découvrir à mon tour tout ce qu'il avait vu ; c'est à Saghir seulement que j'ai pu mettre la main sur quelques inedita qu'il avait laissés de côté. Dans celte lettre j'ai évité avec soin d'exprimer un jugement sur les localités que M. Sterrett a découvertes, excepté lorsque j'avais des faits nouveaux à signaler, par exemple dans le cas des emplacements où je reconnais Adada et Mallos, noms que M. Sterrett ne leur avait pas attribués.
« En publiant la longue inscription de Gondanli, j'avais exprimé l'opinion qu'Ambladaou Ampelada, qui y est souvent nommée, devait avoir été située près de (îelandos. Plus tard, M. Sterrett ayant affirmé, dans son Report de 1884, qu'il n'y avait pas de ruines à Gelandos, je crus devoir changer d'opinion. Mais, maintenant, je vois que des inscriptions et des ruines se trouvent à 2 milles de Gelandos et que les environs de ce village sont plantés de vignes [ambelia] : j'en conclus qu'il est très probable qu'Amblada et Gelandos sont bien identiques.
i. M. Sterrett a rapporté de son voyage en Asie lilineure p/t/« de mille inscriptions inédites ou imparfaitement copiées avant lui.
[7, 9:-8j CHRONIQUE D'ORIENT (1887) 319
c Les trois localités nommées le plus souvent dans ces inscriptions sont Amblada, Oinia et Kinnaborion. Oinia a conservé son nom, sous la forme d*Oinan, dana les montagnes au nord-ouest de Gondanli ; Kinnaborion est presque certainement Karamuk-Ova, au nord-est de Gondanli, et Amblada est dans le voisinage immédiat de Gelandos au sud de Gondanli. J'ai visité Oinan et j'y ai découvert un fragment, malheureusement fort couri, d'un décret du sénat romain.
« Je ne vois pas de raison pour modifier mon ancienne opinion que Misthia était située près de Kirili (M. Sterrett a découvert l'emplacement exact un peu au nord de Kirili) et que Pappa Tiberiopolis, l'autre cité des Orondeis, était un peu au nord-ouest de ce point; mais je n'ai pu déterminer l'exacte situation de celte dernière ville. Anaboura était dans le voisinage de Karagatch, comme je l'ai prouvé en 1882 : M. Sterrett a trouvé que le nom ancien s'était conservé à l'endroit môme sous la forme h'nevre. Néapolis de Pisidie, fondée probablement à Tépoque de Tibère ou de Claude, paraît avoir pris la place d'Anaboura, dont le nom ne se rencontre dans aucun écrivain après Sirabon. La survivance du nom indigène Anaboura et la disparition complète du nom grec, Néapolis, est un phénomène commun en Analolie; de même, Diocaesarea en Isaurie reprend son nom indigène Pracana au viii* siècle après J.-C.
€ Nous avons visité Khadyn-Khan, le site de l'ancienne Sinelhandos ou Siniandos, et y avons copié, dans une matinée, soixante-quatre inscriptions funéraires, en laissant de côté beaucoup de fragments effacés ou illisibles. A Ladik (Laodiceia Katakekaumene), ou dans les environs de cette ville, j'ai recueilli, tant en 4882 qu'en 4886, environ soixante-quinze inscriptions. Entre Khadyn-Khan et llghyn, j'ai examiné la curieuse pierre décrite par M. Solokowski dans la Revue archéologique de 4885 (t. I, p. 257 et suiv.). C'est un des meilleurs spécimens que j'aie vus des hiéroglyphes cappadociens ou hittites ; rinscription est écrite sur trois lignes, comme à l'ordinaire en boustrophédon. Les deux tiers des caractères sont faciles à lire. La pierre se trouve sur un petit mamelon dans la plaine, à 2 milles environ de la yaila appelée Koelitolu. De l'éminence où elle est placée on peut voir Khadyn-Khan et Koelitolu, mais llghyn est dissimulé par un pli de terrain; les visées obtenues au compas prismatique sont Khadyn-Khan à 416^ Koelitolu à 439^', la colline conique qui domine llghyn à 275o (180» étant le sud magnétique, et 270* l'ouest). Ces indications suffisent pour que tout voyageur, disposant d'une bonne boussole prismatique, puisse retrouver la pierre en question, qui n'a été exhumée que depuis peu. Elle faisait plus anciennement partie d'un mur- ou
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d'une construction; ses dimensions sont 5 pieds 9 pouces de long sur 2 pieds 11 pouces de large.
« Nous observâmes à cet endroit une élévation courant à travers la plaine. J'en suivis la crête sur une longueur de plusieurs centaines de mètres : l'aspect est celui d'un ancien rempart, recouvrant un mur de pierres intérieur. Une colline éloignée d'environ 3 milles (orientation 320") passe pour contenir des fortifications et des pierres éanles. Cet emplacement récompensera quelque jour ceux qui prendront la peine de l'explorer. Je croirais volontiers que c'est l'ancienne Tyriaion, que Xénophon et Cyrus ont traversée.
«J'ai aussi visité le remarquable monument découvert en 1885 pai* M. Sterrett à Fassiller, à quatre heures vers l'est de Beisheher sur la route de Konieh*. Bien qu'il ne présente pas d'hiéroglyphes, il appartient sans aucun doute au même ancien art cappadocien ou hittite. C'est une espèce de grand obélisque élevé sur le dos de deux lions ; lions et obélisque sont taillés dans un seul bloc trachytique. Les lions ne sont pas sculptés en ronde bosse, mais seulement dégagés en partie du bloc central. Sur une face de l'obéHsque, entre les lions, on voit une grossière figure humaine, sans doute une femme, sculptée en relief; les mains sont croisées sur la poitrine, exactement comme dans la Niobé de Magnésie. Notre figure porte ce qui, dans l'intention de l'artiste, devait représenter une couronne murale. Au-dessus d'elle est un dieu, plus grand de taille, qui semble sortir de l'obélisque en avançant le pied gauche ; il pose ce pied sur la tête de la déesse, tandis que sa jambe droite n'est indiquée que vaguement en bas-relief. 11 porte le grand chapeau conique particulier aux sculptures cappadociennes. Les trois autres faces de l'obélisque paraissent être sans figures ; la face postérieure est profondément enterrée. Je pris quatre ouvriers qui, après une journée de travail, dégagèrent complètement une des faces de l'obélisque et du lion et creusèrent une tranchée audessous d'une partie du revers. Cela me convainquit que le revers ne portait pas de sculptures continues, mais il est bien possible qu'il y ait une inscription sur la partie encore enterrée. Je dois d'ailleurs laisser à M. Sterrett le soin de décrire d'une manière complète ce monument qu'il a découvert.
« J'ai également observé diverses sculptures rupestres appartenant à l'époque romaine. L'une d'elles, qui a échappé à l'attention de M. Sterrett, est un relief représentant les Dioscures avec l'inscription : àihç x6pci 2a(jLcOpax(i>v Oeol sTct^aveTç. J'ai trouvé aussi une tombe
i. Cf. Perrot et Chipiez, nistoire de l'Art, t. IV, p. 739.
creusée dans le roc avec une inscription latine; les autres monuments de ce genre seront décrits par M. Sterrett. La ville dont ils font partie est peut-être la capitale des Homonades, qui paraissent avoir possédé ce district.
« J'ai \isité le monument d'Eflatun-Bounar qui a été inexactement décrit par M. Sokolowski dans la Revue archéologique *. Eflatun- Bounar, c la source de Platon », ou, d'après la prononciation vulgaire, Flfatun-Bounary est une belle fontaine qui s'élève au milieu d'un petit bassin demi-circulaire dans la plaine à Test du lac de Beysheher, le long de la grande route de Beysheher à Kirili et Yalowadj (Antioche de Pisidie), près du point où une route s'embranche à droite dans la direction du village de Selki, éloigné de 4 milles. Le bassin a l'aspect d'une cavea de théâtre et la scène est formée par une digue artiflcielle, qui a refoulé l'eau de la fontaine dans un petit espace. Le trop-plein des eaux s'écoule par un ti ou pratiqué dans la digue et arrive au lac de Beysheher. A côté de la fontaine actuelle, sur le bord même de l'eau, un édifice, qui avait probablement la forme d'une simple celia, a été construit à une époque ancienne. Un bloc au moins, long de 17 pieds, a été employé à contenir la digue; d'autres, sans doute, sont dissimulés dans la construction. Le mur de l'cdifice, qui est presque complet, mesure 22 pieds et demi de long et 12 de haut. Derrière l'édifice on voit deux grands fragments qui faisaient autrefois partie d'un même bloc. Ce bloc présente les deux faces d'une porte ou d'une fenêtre, pratiquée dans la partie postérieure de l'édifice. Au-dessous de la porte, il reste une partie d'un grand animal, probablement un lion, sculpté en haut relief. i>
On ne regrettera certainement point la place considérable que nous donnons, dans cette Chronique, aux lettres de M. Ramsay. Grâce à son obligeance, les lecteurs de la Revue ont la primeur de découvertes topographiques et archéologiques du plus grand intérêt, clairement exposées par celui qui les a faites, écrivant sur le théâtre même de sa féconde et intelligente activité.
— L'inscription hittite découverte par M. Sokolowski entre Iconium et Ilgùn, et copiée plus exactement par M. Ramsay, a été l'objet d'une très intéressante notice de M. Sayce dans VAcademy du 23 octobre 1886'. Ce texte est gravé sur trois lignes, en caractères identiques à
1. Voir maintenant Perrot, Histoire de VArt, t. IV, p. 73C-739, 810. M. Perret à pu tirer parU des photographies de M. Haynes, d'une lettre de .M. Ramsay fiur le môme sujet et d'un mémoire inédit de M. Radet.
2. Cf. la lettre de M. Cheyne dans le môme recuei), 30 octobre 18:6.
322 CHRONIQUE D'ORIENT (1887) [7, 99-lOOJ
ceux des pierres de Carchémish et de Hamath. Depuis la seconde édition du livre de M. Wright, The empire of the Hittites^ M. Sayce croit avoir fait un pas de plus dans le déchiflrement de ces mystérieux hiéroglyphes. Un des titres porlés par le roi de Carchémish est roi du pays de la tête de taureau. Or, la tête de taureau est un idéogramme qui permute avec les trois caractères e-me-er, dont les deux derniers sont connus par Tinscriplion bilingue de Tarkondémos. La valeur phonétique de ce signe serait donc Emer ou Emeris, D'autre part, les Assyriens appellent Gar^Emerûy la contrée située au nord de Damas; M. Sayce traduit cette expression par le grar (district?) des Amorites, Dans les textes égyptiens, suivant une remarque de M. Maspero, la r^on hittite au sud de Carchémish s'appelle pays des Amorites. Ces rapprochements paraissent confirmés par des textes de la Bible. Hébron, dans l'Ancien Testament, est à la fois une ville hittite et une ville amorite. Ézéchiel dit que la mère de Jérusalem était hittite et 5on père amorite. Suivant Manéthon, Jérusalem aurait été fondée par les Hycsos après leur expulsion d'Egypte ; si donc Mariette a eu raison d'identifier les Hittites et les Hycsos, Ézéchiel et Manéthon sont presque d'accord.
M. Sayce a encore fait observer, avec l'assentiment de M. Deecke, que la tête de taureau hittite, équivalent de e-me-er^ est le prototype du caractère chypriote me. On sait que M. Deecke, après avoir soutenu l'origine cunéiforme du syllabaire chypriote, s'est entièrement rallié à l'opinion de M. Sayce qui le fait dériver des hiéroglyphes hittites. Il nous semble que cette manière de voir est aujourd'hui tout à fait inattaquable. Elle n'empêche pas, du reste, de reconnaître un lien de parenté entre les alphabets asianigues de M. Sayce et le groupe des alphabets phéniciens. Si les Hittites ont été en Egypte, leur écriture peut être, comme l'alphabet phénicien, un dérivé plus ou moins direct des hiéroglyphes. Ainsi s'expliquerait le caractère égyptien du monument de Nymphi et du cartouche qu'il porte, où l'on a si longtemps cru reconnaître des hiéroglyphes.
Le syllabaire chypriote serait un cousin germain de l'alphabet phénicien auquel on le trouve réuni dans les textes bilingues de Chypre. De la sorte, la doctrine du monogénisme alphabétique, s'il est permis de s'exprimer ainsi, doctrine que les progrès de la science des alphabets n'ont fait que confirmer, ne recevrait aucune atteinte par l'existence de ce groupe asianique, dont le chypriote indigène est encore le seul représentant auquel la philologie contemporaine ait arraché son secret.
Asie Mineure [Terres cuites prétendues trouvées en). — Les groupes de terre cuite dits d'Éphèse, de Cymé, de Grynium et d'autres lieux continuent à dissimuler leur origine ; les défenseurs de leur authenticité observent le silence de Conrarl. Nous avons eu récemment l'occasion d'étudier un beau groupe de cette classe, une scène de lécylhe attique, V offrande à la stèle ^ exéculée en haut relief. Notre interlocuteur* croyait fermement à l'authenticité, et, comme de juste, après deux heures de discussion, nous avons conservé chacun notre manière de voir. L'avenir prononcera ; nous attendons son verdict sans inquiétude. Disons seulement qu'il ne faudrait pas essayer, à cause du caractère attique de ces groupes, de les attribuer à quelque île de clérouques, comme Sa'amine, Imbros ou Lemnos; ces îles sont bien connues, nous avons été une fois à Lemnos, deux fois à Imbros, et n'y avons pas vu le moindre fragment de ce genre. Il ne faut pas non plus faire le silence sur les groupes faux conGsqués par l'Éphorie d'Athènes, ni surtout — quod quibusdam placet — substituer, dans une question aussi délicate, les injures aux arguments. Il est d'ores et déjà certain pour nous que la grande majorité des groupes sont fabriqués à Naples ou près de Naples*, mais il reste toujours à en déterminiîr les prototypes, c'est-à-dire les modèles authentiques dont les faussaires se sont inspirés. C'est une étude qui vaut la peine d'être poursuivie avec un peu de sang-froid et un esprit scientiGque exempt de toute prévention.
Myrinà. — Les terres cuites de Myrina sont aujourd'hui exlrèmement répandues dans les collections publiques et privées ; la concurrence des fameux groupes d'Asie Mineure a pour heureux résultat d'en maintenir le prix dans des limites raisonnables. Nous venons de publier, M. Poltier et moi, le catalogue de celles du Louvre, qui comprennent la collection découverte par l'École d'Athènes et celle qui a été acquise depuis d'un antiquaire anglais. Il serait bien désirable que l'on possédât un inventaire des terres cuites de Myrina qui figurent aux Musées de Constantinople, d'Athènes et de l'École évangélique de Smyme. Le Musée Britannique n'en avait qu'un très petit nombre au printemps de 4886; j'ai publié ici la plus remarquable, le groupe des Derniers conseils. Au cours d'un récent voyage en Allemagne, j'ai pu cataloguer sommairement les figurines de Myrina
!. [C'était M. Furtwaengler ; la discussion avait lieu dans son cabinet au Musée de Berlin.] 2. [A U Téiilé, je n'en sais rien.]
324 CHRONIQUE D'ORIENT (1887) [7, lOi-2]
acquises récemment par les musées d'outre-Rhin ; comme elles n'ont encore été l'objet d'aucune publication, je crois devoir les signaler brièvement ici. J'indiquerai à la même occasion quelques petits objels grecs intéressants qui risqueraient de rester inaperçus.
1. Bonn, Akademisches Kunstmuseum (conservateur : M. Kekulé).
— A côté d'une série de figurines de Chypre, quelques bons spécimens de Myrina : danseuse pA^nom^rirfe; danseuse voilée ; Bacchant debout, couronné de pampres, ailé, le bras droit levé, l'himation jeté sur l'épaule gauche. Dans la même collection, il y a un beau fragment de vase du Dipylon (mort étendu sur un char orné de deux svastikas, avec un homme debout à gauche) et trois lécylhes blancs attiques {offrandes à la stèle).
2. Francfort-sur-le-Mein, Historisches Muséum (conservateur : M. 0. Comil). — Deux xdpa». de Tanagre; une chaussure sunnontée d'un bombylios peint en rouge; quelques bonnes terres cuites de Sélinonte.
3. WoRMS, Pauluskircke (conservateur: M. Weckerlin). — Objets chypriotes, entre autres une lampe en forme de coquille plate (voir plus haut, p. 305), donnés par M. Naue.
4. Carlsruiie (conservateur : M. Wagner). — Cette collection contient, outre de nombreuses terres cuites italiennes, en partie décrites dans le catalogue de M. Froehner, une excellente série de figurines grecques et asiastiques récemment acquises*. — B. 1527 (achetée en juillet 1879), petite tête de Myrina [Kleinasien sur l'étiquette), remarquable par une coiffure dont je ne connais pas d'autre exemple. — B. 611. Éros lyricine monté sur un dauphin, provenant d'Italie; le même motif s'est rencontré plusieurs fois à Myrina. — B. 456. Groupe dont j'ignore la provenance; une femme porte un personnage dont le dos présente des amorces d'ailes. Le sexe de la (igure portée, qui est nue jusqu'à mi-corps, est incertain. On voit que c'est une réplique du motif de la %xii^o\j':!Xy que la présence des ailes rend curieux. — Un autre groupe analogue (B. 458) montre une femme drapée portant un Éros ailé couronné de feuillages. Je ne sache pas que ces deux terres cuites aient encore été publiées. — B. 370. Artémis debout, une jambe croisée sur l'autre, comme dans la statue de Conslantinople que j'ai publiée [American Journal of Archaeology y iS85, pi. IX), tenant une torche (?) à la main, avec un chien à càXé d'elle.
— B. 839, 840, 863. Grossières statuettes cariennes (?) en marbre,
i. Je n'ai malheureusement pu les étudier qii*au travers des vUriDe?^
an ilotes à celles que l'on a trouvées à Naxos et à Amorgos (cf. Koehler, Mitthellungen, 1884, t. IX, p. 156); Tune d'elles est une femme qui lient un enfant sur sa tète.
Une grande vitrine p^rte l'étiquette suivante: November 1885, Griechische Figuren aus Graebern von Myrina, Indiquons-en rapidement le contenu.
Première rangée en haut. — (2130) Éros bachique. — (2213) Parlie supérieure d'une grande statuette de femme rappelant le groupe de la Mère et la Fille au Louvre. — (2227) Éros avec une haute couronne, bon style. — (2226) Éros appuyé sur une colonne, couleur rose. — (2229) Éros lyricine assis, réplique d'une statuette de la collection Lawson acquise parle Louvre *. — (2228) Éros debout.
— (2223-22*25) Trois danseuses phénomérides, mutilées et grossières. — (2202) Danseuse voilée. — (2212) Femme debout, dans l'attitude d'une Muse.
— (2199) Femme appuyée sur un cipe de la main gauche, tenant la main droite sur sa hanche ; bon style. — (2201) Éphèbe debout de style romain. La plus intéressante statuette de celte série est une femme debout, nue à mi-corps et tenant une pomme de la main droite. Le motif, qui est nouveau, n'est pas sans analogie avec celui de la Vénus de Milo. Je donne, à titre de renseignement, le calque d'un méchant cro ■ quis fait sur le pouce, qui vaut cependant mieux qu'une éloquente description.
Deuxième rangée, — (2108) Sirène très bien conservée, belles couleurs. — (2191) Deux enfants avec une oie sur un pan de mur, motif identique à celui d'un groupe du Louvre. — (2237) Éros funéraire marchant. —(2203) Jolie figure de Vénus drapée, marchant en avant, tenant un double miroir ouvert, avec un petit Éros sur son épaule. — (2200) Petite figurine de style tanagréen, le poing sur la hanche. — (2207) Figurine de style tanagréen, marchant. — (2240) Éros enfant dansant. — (2236; Éros funéraire. — (2217) Petite femme assise. — (2l95j Éros lyricine sur le dauphin, réplique médiocre du type connu.
— (2235, 2249) Deux Éros nus, mauvais style. — (2215) Femme nue assise. — (2231) Enfant ailé conduisant un char, motif connu. — (2214) Femme à haut diadème assise, drapée, avec bras articulés; couleur rouge vive, très bonne réplique du type connu. — (2233) Bac-
1. Le Musée de Carlsruhe possède une seconde réplique de Id môme figurioe, où les ailes de rÉros soot conservées.
326 CHRONIQUE D'ORIENT (1887) p, 102-3]
chant et lion, bonne réplique avec couleurs vives. — (-2192) Éros avec cygne, motif connu.
Sur le devant, une trentaine de tètes 3ans intérêt particulier; Tune d'elles (22^) est une tète d*Hercule qui me parait porter à tort Téliquette Myrina,
Au revers d'une statuette d'éphèbe drapée, d'un mauvais style romain, on lit la signature connue :
MHNO 0IAOY
Troisième rangée. — (2204) Éros debout. — (2209) Femme assise.
— (2243) Enfant drapé. — (2195) Jeune fille avec un livre siir ses genoux. — (2194) Éros ailé avec un livre (?) à la main, type connu.
— (2232) Femme drapée. — (2254) Très belle tête de Bacchus, couronnée de pampres ; la main droite repose sur sa tète, comme dans le type connu de la sculpture qui parait remonter à Praxitèle. — (2219) Hercule au repos appuyé sur sa massue, intact, mais gro^ier. — Deux Éros funéraires, une femme assise, un Éros jouant avec un chien et des fragments.
Au milieu des terres coites italiennes, j*ai remarqué une figure du type des danseuses voilées (n* 1465), avec Tétiquelte : December i 877, Griechische Taenzerin, Terraeotta, Original gefunden 1 87 2 in einem Grabe zu Merina (sic) bei Smyrna in Rlein^Asien^ in Besitz des Hm. von Canain, Carlsruke, L'exemplaire exposé e^ un moulage. J'apprends de M. Wagnerque l'original a été donné, en 1872, par M. Épaminondas Balfazzi, à un sculpteur^ M. H. Schaeffer, et qull a passé depuis entre les mains de M. de Cancrin, capitaine en retraite. Cest donc une des premières figurines qui aient été découvertes à Myrina.
Quelques lécythes blancs ont été envoyés d'Athènes par lif. Furt- -waengler : (790) éphèbe assis devant un stèle; (1510) jeune fille agenouillée devant une stèle, dans le haut un er^wXov; (1528) deux jeunes filles faisant des libations sur une stèle, beau travail; (788, 789) offrandes à la stèle.
Le n» F. 1058, acquis en 1879, est une tète de griffon très archaïque formée d'une feuille de bronze repoussée. La provenance indiquée était le Pirée, mais on soupçonne que la provenance véritable est Olympie.
Le n*» F. 1059 est un petit bronze archaïque provenant de Clitor (Arcadie) ; il représente un homme trapu courant, les bras écartés, une main posée sur chaque cuisse (acquis en 1879).
Le n" B. 834 est un curieux groupe en terre cuite de l'fle de Nysi-
[7, î03-i] CHRONIQUE DECRIENT (1887) 327
ros, rq)résentant Éros ou Adonis debout à gauche d'Aphrodite assise. L'éphèbe est nu, Aphrodite est nue jusqu'à mi-corps et écarte du bras droit la draperie qui forme un nimbe derrière elle.
5. Dresde (conservateur : M. Treu). — Deux bonnes statuettes féminines de Tanagre ; une danseuse phénoméride de Myrina. — Une statuette en plomb haute de 0™,05, sur un socle orné de spirales, représente un cornac sur un éléphant; elle a été acquise par M. Dresse! à Rome et mérite d'être signalée à cause de la rareté du motif (cf. Bulletin de Correspondance Hellénique, 1885, t. IX, p. 485).
Œil d'une statue en marbre très fin ; la partie antérieure de Tœil est en marbre noir, en marbre rouge et en verre.
6. Berlin (conservateur des terres cuites : M. Furtwaengler) *. — J'ai revu le groupe de Charon publié par M. de Duhn et ne puis que maintenir l'opinion que j'ai exprimée ici à son endroit [Revue archéologique, 1886, I, p. 159). Je ne voudrais pas être aussi affirmatif pour le groupe de la jeune fille enlevée par l'aigle, que M. Curtius a attribué à Myrina, et qui a été depuis publié par M. Furtwaengler dans la Collection Sabouro/f\ mais le travail et la terre rappellent singulièrement ceux des groupes dits d'Asie Mineure dont je ne puis admettre l'antiquité.
Yoici quelques-unes des terres cuites les plus remarquables que j'ai notées ; je ne m'occupe, bien entendu, que des pièces peu connues ou inédites.
Quatre danseuses voilées, achetées à Athènes. — Aphrodite du type de la Venus genetnx, avec diadème élevé (Athènes)". — Acteurs comiques (Athènes). — Petit laraire, boîte rectangulaire ouverte sur un côté, contenant un Hermès et deux déesses. — Homme conduisant un âne chargé de raisins (Tanagre.) — Amour sur un dauphin (Capoue). — Nombreuse série de têtes (caricatures) provenant de Pergame, Lesbos, Éphèse (?j et Assos. Les spécimens de Pergame ressemblent beaucoup à ceux de Myrina. — Léda semblant se dérober aux caresses du cygne, terre noirâtre (Smyme; travail médiocre). Une figurine semblable a été acquise à Athènes. — Base en terre cuite d'Éphèse ornée d'un relief médiocre, Iphigénie avec Oreste et Pylade. — Beaucoup de tètes et de torses de Sm^Tue, entre autres un admirable torse d'Éros, haut de 0">,20 environ du cou jusqu'à la naissance des cuisses. — Grand masque de femme en terre cuite rapporté de Délos par Ross.
1. Je tiens à remercier ici M. Furtwaengler des facilités qull m*a données pour Tétode de cette belle collection.
2. Ce mot indique seulement que Tobjet a été acheté à Athènes.
J ai trouvé à Délos deux petites têles ei> terre cuite d'un style plus grossier. — Femme coiffée d'un chapeau tanagréen, assise à droite sur un mulet. — Revers d'une terre cuite avec l'inscription NIKHNOC (8708 b), — Buste d'Aphrodite, provenant de Crète, fort semblable à une terre cuite analogue provenant de Cyrène. — Deux bonnes danseuses pkénomérides^ dont l'une tient des crotales (Myrina). — Danseuse voilée, plus grande et meilleure que les spécimens analogues du Louvre (Myrina). — Grotesque de Myrina, genre pêcheur* ] manquent les bras et la jambe droite. — Femme assise donnant le sein à un enfant, avec couleurs très vives, d'un bon travail (Kirkagatch, acquise en 1879). — Enfant assis avec manteau bordé de fourrures et capuchon (Crète). — (7741) Jeune fille assise, avec couronne bachique, tenant une pomme, une jambe croisée sur l'autre qui s'appuie sur un kypopodion. Signée au revers en graffite €PMOKPATOYC. L'étiquette porte Myrina, avec un (?) ajouté au crayon. La signature €PMO- KPATOYC s'est rencontrée à Myrina [Nécropole ^ t. I, p. 11 7) et le type est fort semblable à celui de la femme assise dans le groupe restauré par M. Chapu [ibid,^ pi. XL) ; mais le bras avancé qui tient la pomme est suspect et le tout paraît avoir été relouché par un marchand trop habile.
Deux Éros bachiques (Myrina, 1885). — (7736) Artémis assise à droite sur un coq, peinte de vives couleurs (le Pirée?; — (7808) Femme pleurant, assise près d'une stèle peinte, le visage appuyé sur le bras. L'étiquette porte Kleinasienn). M. Furtwaengler a publié cette curieuse terre cuite, dont la coloration est très vive, dans la Collection Sabouroff\ je ne sais trop que penser de sa provenance. — (7652) Éros bachique debout, dans le style des terres cuites de Myrina; l'étiquette porte Kyme^ 1 879. — (7066) Femme conduisant un enfant (Myrina). — (7605) Personnage chauve et ventru marchant. Pasdetroud'évent; au revers, la signature
NOIA YOIDY
L'étiquette donne comme provenance l'Asie Mineure ; je ne crois pas que l'objet vienne de Myrina. — (7675) Aphrodite au bain, travail très fin (Smyme?). — (7946) Femme portant un enfant, t^-pe connu (Myrina). — (7963, 7964) Jeunes filles debout, style tanagréen (Myrina, 1885). — (7533) Aphrodite dorée entrant au bain. L'étiquette donne comme provenance Éphèse, suivant l'ancienne terminologie des marchands (Smyrne?). — (7962) Homme portant un enfant, style grossier (Myrina). — (7956) Éros conduisant un char,
motif connu (Myrina, 1885). — Éros bacchant accompagné du lion sur lequel est un chien; bonne réplique du type connu (Myrina, 1885). — (7612) Déméter debout tenant une torche (Nisyros).
(7947) Éphèbe couronné de feuillage, la chlamyde rejetée sur le dos : au revers ÀfA (Myrina, 1885). — (7264) Petit groupe de Myrina analogue à celui du Louvre {Nécropole^ I, pi. LX; cf. Bulletin de Correspondance Hellénique, 1886, l. X, p. 324); il a été rapporté de Myrina par M. Hirschfeld {Nécropole, I, p. 7). Sur un lit sont assis deux personnages qui semblent engagés djms un entretien amoureux ; à leur droite, une petite servante debout; à gauche, un Éros nu qui parait s'appuyer sur une torche. — (7959) Éros assis jouant de la lyre, motif connu (Myrina). — (7635). Acteur avec grand cyxo^ (Pergame). — (7695, 7696). Deux très intéressantes figures de Pergame, représentant Tune un guerrier avec casque pointu étendu mort sur son bouclier^ l'autre deux guerriers avec grands boucliers ovales combattant; l'un des guerriers tient de la main gauche une courte épée. Le casque et les boucliers rappellent l'armement gaulois.
Esclave ; acteur sans masque étendant les bras ; acteur masqué ; Éros debout ; femme debout drapée ; deux Sirènes ; trois Éros funéraires ; vieille femme conduisant une petite fille (Myrina).
Comme la publication des figurines en terre cuite des musées d'Allemagne est réservée aux volumes à venir du Corpus de M. Kekulé, elles risquent de rester encore inédites pendant longtemps ; c'est ce qui m'a déterminé à signaler ici celles qui m'ont particulièrement frappé^ au cours d'un voyage entrepris d'ailleurs en vue des antiquités celtiques et mérovingiennes plutôt que pour l'étude des terres cuites grecques.
L'archéologie et les journaux. — L'ancienne Revue archéologique racontait parfois à ses lecteurs, ridendi causa, les bévues commises par les journalistes quand ils se mêlent d'archéologie. Si nous voulions en faire autant, cette Chronique entière n'y suffirait pas. Citons du moins quelques exemples qui ne laissent pas d'être assez divertissants.
Au mois de septembre dernier, M. de Villefosse eut l'excellente idée de remanier la salle archaïque du Louvre. Il donna des places d'honneur à la /unon de Samos et à la Philisde Thasos, fit transporter ailleurs quelques sculptures archaïsanfes, et modifia, pour les éclairer le mieux possible, l'ordonnance des bas-reliefs d'Assos. Nous lûmes alors dans le Figaro, et bientôt après dans la Chronique de CArt, la singulière nouvelle que voici : « On a commencé à placer, dans la
330 CHRONIQUE DORIENT (1887) [7, 106]
s€ctioa des Antiques du Musée du Louvre, des bas-reliefs en pierre provenant du soubassement des barrièi^es du Parthéncm. Bien qu'usés par le temps, les sujets gravé» sur les pierres, représentant des animaux, des lutteurs et autres sujets empruntés à l'histoire ou à la mythologie, ont pu être reconstitués en leur entier. >
Les Athéniens de Paris et ceux d'Athènes ont bien ri du soubassement des barrières du Pai*thénon. J'ai profité de l'occasion pour présenter les bas-reliefs d'Assos, transportés sur l'Acropole par la fantaisie d'un reporter, aux lecteurs de la République française *. Il est inutile de transcrire ici cette notice d'archéologie élémentah^e. Je dirai seulement que je ne puis me résoudre à accepter l'opinion de M. J.-T. Clarke, l'architecte américain qui a dirigé les fouilles d'Assos, d'après lequel les bas-reliefs et le temple lui-même seraient postérieurs aux guerres médiques. M. Clarke compte en donner la démonstration dans la grande publication qu'il prépare sur Assos. J'attends ses preuves, mais je doute fort qu'elles me persuadent. Le temple d'Assos me paraît antérieur au Parihénon de près d'un siècle.
Passons à V Intransigeant du 24 août dernier. Ici l'ignorance se complique de calomnie; mais contentons-nous de regretter l'ignoi*ance : c Ce jeune archéologue (c'est de moi qu'il s'agit) s'est feit donner il y a quelque temps, par le gouvernement, une mission en Grèce et dans le golfe Cymmérien (sic), pour y rechercher des anti- «}uités et, notamment, ces délicieuses figurines de Tanagra, si recherchées aujourd'hui et qu'on trouve dans les tombeaux. Or, après avoir dépensé des sommes considérables, il est revenu les mains à peu près vides, les fouilleurs de là-bas ayant pour habitude de tromper et d'égarer sciemment les étrangers. Furieux de son insuccès, il a éciit dans une revue spéciale (il s'agit de la notice), que la plupart des terres cuites qu'on offrait comme provenant de Tanagra ou de Cymé étaient fausses, et il a notamment signalé comme contenant des figurines toutes modernes l'admirable galerie d'un de nos plus savants collectionneurs... Indigné d'une pareille audace panachée d'une pareillo incapacité, M. F..., sur le conseil de ses amis, a pris la résolution d'intenter une action judiciaire au pseudo-archéologue, dont l'ignorance va être traînée ainsi en plein prétoire. »
Cymé sur le golfe Cymmérien est une belle trouvaille; mais on n'attend sans doute pas de moi que je réponde à de pareilles billevesées. Bien entendu, je n'ai reçu d'assignation de personne. Si les défenseurs des groupes pseudo-asiatiques n'ont pas d'autres alliés que