‹ Chroniques d'Orient; documents sur les fouilles et découvertes dans l'Orient hellénique de 1883 à 1890Chapitre 118 sur 406 · Cf. Revue archéoL, 1887, 1, p · texte numérisé non relu

Cf. Revue archéoL, 1887, 1, p

6. Cf. Revue archéoL, 4887, 1, p. 68; Mitlheil d. d. Instit., 1886, p. 330.

ctetix, notammer.t ane statuette de femme en bronze, avec chiton et diploïdion, qui appartient à l'art archaïque (haut. 0°^,093). C'est M. Tzountas qui est chargé de la direction des traraux*.

TiRYNTUB. — Je reçois la Jet/re suivante de M. Slillman et me fais un. devoir de la tradu're m ea:tenso :

Tivoli, le 20 juin 1881.

Cher Monsieur,

Dans le résumé de la discussion ^ur le palais royal de Tirynihe qui a occupé les colonnes du Times et la Société des Études helléniques de Londres, résumé que vous avez publié dans votre dernière Chronique^ Taperçu de mes arguments était beaucoup trop incomplet pour donner une idée exacte de la question en litige. Permettez moi de Texposer brièvement à mon point de vue.

La discussion du Times et celle de la Société doivent être soigneusement distinguées. Dans la première, je pouvais lutter à armes égales avec mes contradicteurs ; dans la seconde, je me trouvais dans une situation défavorable à tous égards. Mes devoirs ne me permettant pas d'y assister, on m'avait demandé d'envoyer une note contenant l'expression de mon sentiment, qui est en substance celui de M. Penrose, mais on m'avait averti que la discussion serait limitée à Tirynthe, la question de Mycènes ne devant pas être abordée. Je consentis à cette exigence, mais mes adversaires se servirent librement des matériaux fournis par Mycènes pour affaiblir mes arguments — alors que je ne pouvais pas répondre en les suivant sur ce terrain.

Mes arguments, les voici : M. Schliemann prétend avoir découvert les ruines d'un palais archaïque^ celui de Proetus le fondateur de Tirynthe. Je maintiens que cette hypothèse est une fantaisie, et cela pour les motifs suivants :

1° Les murs de Tirynthe appartiennent à une classe de monuments communs en Italie, en Grèce, dans l'Archipel et sur les rives orientales de la Méditerranée, monuments qui sont bien antérieurs aux constructions grecques proprement dites et se rattachent à l'époque néolilhique. Là où ils n'ont pas été habités d'une manière continue comme à Mycènes, Tirynthe, etc., jusqu'à la véritable époque hellénique» on n'y trouve aucune trace d'outils autres que la hache de pierre et le foret plein (solid drlll). La scie {sione-saw) n'apparaît jamais et resta inconnue en Grèce jusqu'au vn« siècle avant J.-C. Jusqu'à la dernière phase du style grec archaïque on ne connaît l'usage ni du ciment ni de la brique ; celle-ci ne paraît dans le monde classique qu'à l'époque de la dynastie lydienne en

i, 'ApxatoX. 8sXt{ov, T<rA. xa\ Avy. 4886.

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Asie Mineure. Dans la Grèce propre, brique et mortier ne se trouvent dans aucun édifice touchant à la période archaïque ; la scie ou le foret creux {tubular drill) ne se rencontrent pas antérieurement à Tan 800 avant J.-C. Or, dans les ruines de la citadelle de Tirynthe explorée par M. Scbliemann, non seulement il y a beaucoup de matériaux provenant d*une construction plus ancienne qui attestent Tusage de la scie, du foret creux et du ciseau (mortised with the chisei), mais dans le mur du prétendu palais on trouve beaucoup de mortier et par endroits des briques d'une espèce connue seulement dans les constructions byzantines. M. Schliemann répond que c'étaient des briques séchées au soleil, qui, par TefTet de la conflagration où le palais a péri, furent changées en briques cuites, en même temps que le calcaire avec lequel le mur était construit devenait de la chaux et du mortier par la même cause. Et cependant, M. Schliemann a pu retirer des murs les restes des peintures en stuc qui ornaient le palais, peintures que la conflagration aurait épargnées en laissant également intacte la mosaïque du sol ! M. Dôrpfeld, par contre, nie l'existence des briques, en admettant celle du mortier ; mais cela est contraire au témoignage de mes yeux ainsi qu'à celui des archéologues anglais qui m'accompagnèrent à deux reprises sur les lieux. Ils ont comme moi vu les briques qui, je puis l'affirmer, étaient visibles sur deux points au moins du mur du palais. M. Dôrpfeld répond qu'il y a eu un établissement byzantin en cet endroit et que les briques ne se sont rencontrées que dans la partie de la ruine désignée comme byzantine sur son plan. f oppose à celte assertion un démenti formel. Les murs de l'établissement byzantin, comprenant la chapelle, ne difl'èrent de ceux du palais que par leur construction plus hâtive et moins soignée ; par leur caractère général et leurs matériaux, ils sont identiques, le palais ayant seulement comporté l'emploi des matériaux de ruines plus anciennes qui étaient trop massifs pour les petites constructions avoisinantes. Non seulement je maintiens que les murs, désignés dans le plan de M. Dôrpfeld comme ceux du palais, contenaient des briques et du mortier, mais j'ajoute que les briques étaient de celles que l'on rencontre dans les constructions byzantines du xr siècle après J.-G. Elles étaient d'ailleurs peu nombreuses, comme si elles n'avaient pas été un élément essentiel dans la construction, mais apportées là de quelque autre endroit. L'ensemble du mur était en pierres de carrière cassées, avec du mortier en quantité par endroits ; le mortier même était de mauvaise qualité, friable, ne ressemblant en rien au ciment que nous trouvons quelquefois à l'intérieur de très anciennes citernes.

2® On a recueilli dans les fouilles des fragments de poteries byzantines, grecques archaïques, gréco-romaines, mais le tout était confondu dans un puits où l'on avait évidemment jeté ces débris après que l'emplacement avait été fouillé ou cultivé. Toutes les époques étaient absolument mêlées et tous les fragments avaient été déposés là en même temps. Je tiens ce détail d'un des auxiliaires de M. Schliemann. Les témoignages de l'occu-

pation byzantine sont incontestables et couvrent toute la colline de la citadelle, formant le dernier stmtum de débris. Mais dans le palais comme ailleurs cette couche est la plus élevée et n'a été recouverte par rien ; le palais lui-même est la dernière en date des constructions faites à cet endroit.

Si les Byzantins ont construit sur toute la colline, pourquoi auraientils respecté les ruines du palais qui occupait la position la plus élevée et la plus désirable? Il y a bien des années, le site a été examiné et les plates-formes aujourd'hui visibles ont été déblayées, mais comme on reconnut qu*elles étaient byzantines, on les abandonna comme dénuées d'intérêt.

3* Toute la construction connue sous le nom de palais repose sur des débris auxquels M. Schliemann n'a pas touché. Le sol s'est même aflaissé par endroits, parce que les matériaux inférieurs ont cédé ; il serait nécessaire d'examiner ces cavités pour se rendre compte de l'époque à laquelle les constructions peuvent appartenir. C'est ce que M. Schliemann aurait dû faire avant d'émettre une opinion touchant l'antiquité du a palais de Proelus ».

4* Les bases de pierre des colonnes qui formaient la grande salle sont incontestablement d'un travail barbare et de basse époque ; dans certains cas elles sont superposées à des débris, ce qui serait inadmissible dans une construction primitive.

5** Le sol est pavé en mosaïque. Il est vrai que cette mosaïque est très simple et grossière, mais le procédé lui-même était inconnu à Tépoque grecque archaïque ou même à Tépoque classique.

6« Les fragments de peintures murales n'ont rien d'archaïque, mais sont d'un travail byzantin pauvre et hâtif avec quelques traces aiïaiblies de la tradition classique.

Tels sont les motifs généraux sur lesquels nous nous sommes fondés — cinq archéologues anglais et américains, parmi lesquels M. Penrose et moi-même — pour nier le caractère antique du palais de Tirynlhe. Malheureusement j'avais quitté la Grèce avant le commencement de la discussion, et je n'ai pu revenir sur les lieux pour y chercher des arguments nouveaux. Je ne voudrais pas contredire M. Dôrpfeld sur une question d'architecture classique ; mais ici il s'agit de savoir si les ruines sont préhistoriques ou byzantines. Je me suis occupé pendant de longues années, surtout au point de vue technique, des restes de monuments préhistoriques qui subsistent en Grèce et en Italie ; c'est une question sur laquelle je suis en droit d'avoir une opinion. On ne me répond pas en disant que les briques, les scies, etc., étaient connues en Egypte à une époque plus ancienne que celle où nous les rencontrons en Grèce ; bien d'autres procédés, inconnus à la Grèce, étaient pratiqués en Egypte, en Mésopotamie, peut-être aussi en Chine. Jusqu'au jour où l'on pourra signaler des briques, du mortier, de la mosaïque et des peintures murales dans une construction incontestablement archaïque, nous n'aurons pas le

droit d*attribucr les édifices de Tirynlhe à une époque très ancienne. Admettre cette attribution sans autres preuves, c'est renverser tout ce que nous savons sur la technique de Fart dans l'antiquité.

Bien à vous,

W-.J. Stillmah.

Larissa. — La démolition d'une mosquée a fait découvrir deux frag^menls d'architrave avec une inscription où l'éphore des antiquités de Thessalie, M. Kousis, a lu ces mots : Maxwv *0ji.ça)v{a)voç tov va[cv] Al! M6iXtx-*î>*-

Bardarion. — A Bardarion, en Thessalie, on a découveit un sarcophage en marbre décoré de sculptures : un homme et une ''emme entourés d'Éros, un homme avec deux couronnes, entre deux aigles et des tètes de lions; les petits côtés sont ornés de sphinx. A Tinlérieur du sarcophage on a trouvé différents bijoux et une monnaie en or*.

Olympie. — Au sujet de l'identification définitive du Léonidaîon avec le grand monument du sud-ouest de l'Altis, dont il a été question dans notre dernière Chronique (plus haut p. 284j, M. Gust. Hirschfeld veut bien nous faire observer que cette identification avait été proposée par lui dès 1882 [ArchaeoL Zeilung, 1882, p. 120). Combattu sur ce point par M. Chr. Scherer dans la dissertation De Olympionicarum statuts (Gotlingue, 1885, p. 45 et suiv.) et par M. Kalkmann (Pausanias der Perieget^ p. 93), M. Hirschfeld a persévéré dans son opinion, qui vient de recevoir une confirmation éclatante.

Nous devons dire aussi que M. Laloux, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, et auteur d'une restauration encore inédite d'Olympie, était arrivé au même résultat en 1884 par Tétude comparée du terrain et de la périégèse de Pausanias.

VoLO. — Une très importante découverte a été faite en 1887 (26 janvier-2G février) près de Dimini, à une heure de Volo, sous la direction de MM. Kondakis, nomarque de Larissa, et Kousis, éphore des antiquités. MM. Lolling et Wolters, qui ont assisté aux fouilles,

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