‹ Chroniques d'Orient; documents sur les fouilles et découvertes dans l'Orient hellénique de 1883 à 1890Chapitre 150 sur 406 · Bull, de Corr. HeUén., 1887, p. 405-444, pi. III-V · texte numérisé non relu

Bull, de Corr. HeUén., 1887, p. 405-444, pi. III-V

d'objols subsfilués. Notre jeune école d'archéologie tend à diminuer le plus possible ou même à nier tout le symbolisme cher aux contemporains de Panofka. Il y a là une réaclion salutaire, mais qui est déjà tombée dans Texcès. M. Paris m'expliquera-t-il pourquoi le type de Jupiter n'est, pour ainsi dire, jamais figuié par les coroplastes? Me dira-t-il pourquoi la céramique (je ne parle pas de celle de Smyme, exceptionnelle à tous égards) , ne représente que très rarement des hommes faits? 11 faut que le symbolisme ait sa part dans Tex^èse : c'est aux gens de goût de savoir la limiter.

Parmi les figurines qu'a publiées M. Paris (pi. III, n® 9), il en est une qu'il décrit ainsi (p- 9) : c Bonhomme debout... Au-dessous du ventre s'enroule une ceinture d'où tombe une sorte de caleçon formé de langues qui se recouvrent les unes les autres. Il y en a une triple

rangée. C'est un accoutrement de mime ou de baladin. » Je ne sais sur quoi se fonde M. Paris pour qualifier ainsi ce costume, dont le caractère comique m'échappe absolument. M. Paris aurait pu signaler une particularité tout analogue dans une statue découverte à Carthage et publiée, en 1885, par M. Babelon et moi*. C'est une œuvre qui n'a rien de comique, bien qui!

soit difficile de décider si le personnage ainsi vêtu est un dieu marin ou Melkarth . Pour faciliter la comparaison et vu la rareté de ce genre d'accoutrement, nous donnons ici un croquis de la statuette et de la statue réduites à la même échelle*. Ce rapprochement a d'autant plus d'intérêt que plusieurs fragments publiés par M. Paris ont incontestablement une allure phénicienne*. Le marbre de Carthage est de travail romain, mais reproduit sans nul doute un motif punique.

CiPHALLÉNiE. — Le musée fondé par l'archevêque Calligas ^ ^ï-

Statuette d'Élatée et statue de Carthage.

\. Gazette archéologique y 1885, pi. 19.

2. Nous avons supprimé les deux divinités plus petites placées de part et d'autre de la statue de Carthage, ainsi que le pilier contre lequel elle est appuyée.

3. ButL de Corr. Hellén., 1887. p. 111, n<>» 3, 4, 5. Comparez avec les terres cuites de Carthage reproduites dans nos Esquisses archéologiques^ PariSi Leroux, 1888.

gosioli, mufée auquel est jointe une bibliothèque, s'est augmenté d'iraf 01 tantes donations; le docteur Miliaiesis (d'Athènes) lui a fait présent de 109 monnaies d'or, 876 monnaies d'argent et 1,597 monnaies de cuivre, qui i roviennentd'un trésor découvert à Samé ^

Cythère. — M. Sclilicmarin a passé le mois de décembre 1887 à Cythère, occupé à déblayer, sous la suneillance de M. l'éphore Staïs, l'emplacement présumé du temple d'Aprhodite Uranie. Les fouilles n'ont pas donné les résultats attendus, le temple antique ayant été détruit pour bâtir l'église de Saint-Cosmas, située au centre des anciens murs de la ville. 11 était construit en tuf, avec deux rangées de colonnes doriques au nombre de quatre sur chaque côté. Quelques chapiteaux archaïques et fûts de colonnes sont conservés dans l'église de Saint-Cosmas. Sut unehauteur voisine, plus élevée d'environ 30 mètres il y a des restes de forliûcations cyclopéennes. Le mur d'enceinte de la ville présente des segments construits dans le même système. M. Schlieraann a envoyé un rapport sur ses fouilles à la Société d'anthropologie de Berlin et doit publier un rapport dans les Miltkeilungen de l'Institut allemand d'Athènes*.

A la fin de janvier 1888, M. Schliemann est reparti pour l'ÉgypIe, où il doit voyager en compagniedeM. Virchow. On lui prête l'intention d'étudier, entre autres problèmes, ceux que soulève la topographie d'Alexandrie.

CoNSTANTiNOPLE. — M. André Levai me communique l'exliait suivant du Phare du Bosphore ^ en date du 47 octobre 4887 : e Avanthier, en creusant un puits dans la maison du barbier Hadji-Hassan, aux environs d'Oun-Capan, à Stamboul, on a découvert cei tains objets datant de l'époque byzantine, entre autres deux statues de femmes. La police a pris des mesures nécessaires pour le transport de ces antiquités au Musée impérial. i>

Voyage archéologique de l'Assir, — Un navire de guerre turc, CAssh\ a récemment accompli une véritable campagne archéologique, sur laquelle les journaux du Levant nous apportent quelques détails curieux*. Ce bâtiment avait été chargé de transporter à Beyrouth les

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