a. Bevut archéol,, 1887, II, p
426 CHRONIQUE DORIENT (1888) [8, 84-5]
personnes qui, fort heureusement pour elles, n'ont ri^i de commun avec la Mater dolorosa du paganisme.
Tralles. — Dans la partie supérieure de la ville, des paysans ont trouvé une statue de femme plus grande que nature, sans tète ni bras, et un buste de grandeur naturelle ressemblant, dit-on, à Alexandre le Grand. H. Démosthène Baltazzi s*est transporté sur les lieux.
Cymé. — M. Démosthène Baltazzi me donne avis d'une découverte très importante qui a été faite à Cymé au mois de novembre 1887. En 1881, j'avais pratiqué des fouilles auprès d'une petite cabane appartenant à un nommé Perganli, qui, en labourant son champ, avait trouvé, quelques années auparavant, une inscription grecque intéressante. La présence d'un petit chapiteau ionique et d'un assez grand nombre de colonnes, employées dans la construction de la maisonnette, signalait cet endroit à mon attention. Je réussis à dégager le soubassement d'un petit édifice, dont le pavé était formé de carreaux de marbre et où les bases des colonnes et la naissance des montants d'une porte étaient encore reconnaissables. Il me sembla que cette construction avait dû être transformée, à l'époque chrétienne, en une chapelle byzantine avec abside. N'ayant découvert qu'une monnaie de Licinia? et deux fragments épigraphiques, je fus obligé d'interrompre mes recherches pour ne pas endommager les récoltes sur pied et les vignes. A quelques mètres de là est une colline basse, voisine d'une autre colline plus élevée, qui a peut-être été autrefois l'acropole de la ville. Un cultivateur, voulant enlever des pierres qui encombraient son vignoble, découvrit en cet endroit un mur qui fait le tour de la colline. Ce mur est construit en pierres de grand appareil, ajustées par des crampons en fer. En dedans du mur était une masse de moellons, au
milieu desquels on découvrit d'intéressantes sculptures, que la lettre de H. Baltazzi décrit brièvement. Il y a d'abord un bas-relief en
marbre dont le fond est peint en rouge foncé : on voit au milieu un bucrâne, de part et d'autre une guirlande, sur cette guirlande un Éros endormi et un autre becquetant un cygne. Les sculptures sont parfaitement conservées et peintes de couleurs vives. Les autres objets sont en ronde bosse, à savoir : 1<» un buste de femme, en marbre, de grandeur naturelle; elle porte un diadème percé d'un trou au milieu ; les oreilles sont aussi percées pour recevoir des pendants; les cheveux sont ondulés et peints en rouges; le type rappelle celui des figures deJunon; 2** un buste viril (Tibère, suivant M. Baltazzi),^* lement de grandeur naturelle. Il est voilé en pontife; détail singulier,
la face serait en marbre de Paros et le revers de la tête en marbre bleuâtre. Une partie du nez manque ; 3« un buste viril en marbre de Paros, d'un beau caractère, d'une parfaite conservation; les cheveux sont couds; grandeur naturelle; 4o un buste viril, de grandeur natuturelle, très bien conservé. La tête est ceinte d'un bandeau coloré en pourpre et percé de trous ;nes cheveux sont bouclés ; couleur rouge sur le haut de la diaperie; type semblable à celui d'Apollon; 5" une statue de femme drapée, parfaitement conservée, aux trois quarts de la grandeur naturelle. La tète, en marbre de Paros, est rapportée ; traces de rouge sur le chiton et de dorure sur l'himation ; 6' dififérenls morceaux d'une statue d'empereur romain, de grandeur naturelle, à savoir : les jambes jusqu'au haut du genou ; les brodequins historiés et peints en rouge, bleu et ocre ; le bras droit levé tenant un bâton de commandement; un autre bras sans poignet, etc.; ?• une jambe d'une autre statue.
Ces premières fouilles n'ont porté que sur un espace de 30 mètres carrés envi: on. M. Baltazzi, qui a immédiatement averti le Musée impérial, se propose de déblayer toute l'enceinte lorsqu'il aura reçu des instructions à cet effet.
Les sculptures découvertes à Cymé paraissent avoir figuré dans quelque Augvstevm, analogue à celui qu'on a trouvé en 1777 à Otri coll. Comme M. Baltazzi ci oit reconnaitre les traits de Tibère dans un des bustes, on peut se demander s'il n'y a pas quelque rapport entre cet Augusteum et la généreuse intervention de Tibère, restaurateur de plusieurs villes asiatiques, entre antres de Myrina et de Cymé, à la suite du terrible tremblement de terre qui les détruisit*. Cette hypothèse me paraît confirmée par un texte épîgraphique. Il existe, en effet, à Ali-Aga, un fragment d'inscription latine qui a été copié par M. Hirschfeld et publié, d'après sa copie, par M. Mommsen, dans VEphemeris epigraphica*. M. Mommsen l'attribue à J/yrina Mysiae^ mais c'est là une légère erreur : les gens d' Ali-Aga, en 188i, savaient que ce texte avait été apporté deNamourt (Cymé), et je suis en mesure d'ajouter qu'il provient de l'endroit même où l'on
1. Tacite, Annales^ U, 47; cf. les textes cités dans La nécropole de Myrina^ p. 50 et suiv.
2. Ephemeris epigraphica, t. Il (1875), p. 473, n» 1045. Cette iDscription est certainement identique à celle dont une mauvaise copie a été pubUée dans VEphemeris^ t. IV (<879-lS81), p. 35, n» 55, avec l'indication : in agro Pascha TschifHk rep. ubi Cyme fuit; est Myrinae. Pacha-Tchiflik est à dix minutes de marche de la cabane de Perganli. On sait d*ailleurs, depuis nos fouilles, qa'Ali-Aga n'est pas remplacement de Myrina.
a découvert mainleDant les bustes d'empereurs. J'ai déjà parlé de ia cabane de Perganli, située tout près des nouvelles fouilles. Or, dans le mur de cette cabane J'avais observé^ dès 1880, le fragment épigraphique suivant {litlerae apicalae) :