Revue archéol., 1888, ï, p
5. MiUheilungen des d, InstiU, t. XIIl, p. 81, 87, 412; pi. 11, IX, X, XI, XII.
6. Furtwaengler, Jahrbuch des Instituts, 1888, p. 248; Boehlau, ibid., p. 325 etsuiv.
5i2 CHRONIQUE D'ORIENT (1889) [9«, 109-lOJ
Thespies'. — Aux mois d'octobre et de noYembre 1888, M. Jamot. membre de l'École française, a commencé des fouilles au sanctuaire des Muses à Thespies, dont l'église d'Haghia-Trias occupe l'emplacement. Le temple avait 12™,50 de long sur 6^^,50 de large ; il était amphiprostyle, avec quatre colonnes ioniques sur le devant. A l'époque romaine il a été remanié et allongé de manière à former un carré de 12™,50 de côté. Parmi les découvertes faites au cours de la première campagne, on signale des monnaies, un vase portant une tète de Gorgone entourée de dauphins et d'oiseaux, et un assez grand nombre d'inscriptions (entre autres des dédicaces de statues élevées par les Thespiens à Sylla, à Agrippa et aux membres de sa famille). Les fouilles ont aussi porté sur le théâtre qui doit être l'objet d*excavations plus complètes.
Platées. — Au cours des fouilles entreprises par l'École américaine à Platées, on a découvert un fragment du préambule de l'édit de Dioclétien qui sera prochainement publié par M. Mommsen. Ce texte comble la plupart des lacunes que laissaient subsister Tf'xemp/um stratonicense et VExemplum aegyptiacum *,
Delphes. — Nous avons rendu compte ici-même des recherches exécutées à Delphes par M. Pomiovf {Revue archéoL, 1887, 1, p. 72]. Ce jeune archéologue vient de les exposer dans un volume in-4^, accompagné de planches photoly piques, de cartes et de plans •. Toutes les maisons du village moderne ont été numérotées, de manière à faciliter Tindication des découvertes qui pourront se produire au cours de fouilles ultérieures. Je regrette de dire que M. Pomtow s'est exprimé d'une manière aussi injuste qu'inconvenante au sujet des travaux poursuivis à Delphes par M. Foucart, Wescher et Haussoullier. Il prétend (p. 3) que les fonctionnaires du gouvernement grec 1 ont engagé à parler ainsi ; en ce cas, l'inconvenance serait partagée, mais elle n'en reste pas moins très grossière. J'ajoute que parmi les reproches que M. Pomtow adresse à ses prédécesseurs, les uns sont frivoles et les autres peu fondés ; si on voulait le traiter avec la même
1. Comptes rendus de l* Académie des inscriplionfy 1888, p. 463; The Alhenaeum, 5 janvier 1889, p. 22.
2. Classical Review, 1889, p. 285. J'ai eu récemment l'occasion d'étudier avec M. Mommsen l'estampage d'un fragment latin, du même édit, trouvé a Samos et transporté de là au Musée de Tchinli-Riosk ; il donne un passage tout à fait nouveau.
3. H. Pomtow, Beitràge zur Topographie von Deïphi, Berlin, Reimer, 1889.
rigueur, on pourrait lui faire un crime d'avoir aliribué à Delphes (p. 64) un bas-relief qui se trouve à Thèbes, comme cela a été observé depuis longtemps dans les Miitheilungen (t. III, p. 414, n*» 194). Mais il vaut mieux ne pas discuter avec un homme assez dépourvu d'éducation pour accuser de plagiat (p. 4), de mensonge (p. 5) et même de détournement (p. 45) des gens qui ont rendu à la science de bien autres services que lui*.
— Un assez long travail sur le temple d'Apollon à Delphes a été publié par M. Middleton dans le Journal of Hellenic Sludies (1888, p. ^82-322) ; on y remarquera (p. 295) un essai de restitution de Vomphalos d'après les monuments figurés. M. Middleton a visité Delphes en 1875 et y a pris des mesures; son essai repose donc en partie sur des recherches personnelles. Il est d'ailleurs peu au courant de ce qui a été déjà écrit sur le même sujet.
On ne lira pas sans intérêt un article de M. W.-R. Thayer dans la Nation du 24 janvier 1889, intitulé A (rip to Delphi ; il se termine naturellement par un appel aux millionnaires américains, que l'on conjure de rendre à la lumière les restes du sanctuaire d'Apollon. Sous le litre bien yankee de Delphi in the markety la même revue a résumé une conférence faite à New- York, au mois de janvier 1889, par le professeur Norton d'Harvard, à la fin d'obtenir des souscriptions pour l'achat du territoire sacré* : c Nous ne voulons pas dire Delphi dans l'État de New- York, ni Delphi dans le Tennessee, ni Delphi dans 1 Indiana, ni Delphi dans le Montana, mais the original Delphi in Gree^e. » Le gouvernement grec, au dire de M. Norton, aurait offei t ces fouilles aux États-Unis lorsque le rejet du traité de commerce franco-grec eut interrompu les négociations avec la France', mais il demandait, pour l'expropriation du village de Gastri, la modique somme de 400,000 francs — de quoi permettre à tous les bakals castriotes de faire leur tour de stade en Victoria. Quatrevingt mille dollars ne se trouvent pas si aisément, même dans le pays des Jay Gould et des Vanderbilt, mais le projet de M. Norton suscite encore des difficultés plus sérieuses qu'il était réservé à un Américain de lui faire sentir.
— M. Stillman a écrit à la Nation de New-York (28 mars 1889, p. 267) une lettre très sensée et très loyale, rappelant que l'École
1. Le même M. Pomtow prétend (p. 3} que les « fouilles françaises » de Bélos, de Myrina et du Ptoïon ont été mal conduites, mais il n'apporte pas 1 ombre d'un argument à Tappui de cette triple impertinence.