‹ Chroniques d'Orient; documents sur les fouilles et découvertes dans l'Orient hellénique de 1883 à 1890Chapitre 211 sur 406 · Cf. Revue des Études gt^ecques, 1888, p · texte numérisé non relu

Cf. Revue des Études gt^ecques, 1888, p

5i4 CHRONIQUE D'ORIENT (I889j [9«, 110-1]

française d'Athènes possède des droits incontestables sur remplacement de Delphes et que les Américains agiraient d'une façon peu courtoise en essayant de Py supplanter aujourd'hui. Il ajoute que le seul bruit de cette intervention des millionnaires du Nouveau-Monde a eu pour effet d'augmenter au delà de toute mesure la valeur attribuée à leurs terrains par les Castriotes. « Lors de la dernière campagne de M. Foucart, écrit M. Stillman, les Castriotes calculèrent qu'il avait gagné 14,000,000 de francs {sic) en publiant les inscriptions découvertes par lui. » Je ne sais qui a donné ce renseignement à M. Slillman, mais s'il le tient de bonne source, il y a là un exemple bien amusant de la formation des légendes dorées en pays grec.

— On avait annoncé que la Société archéologique d'Athènes allait émettre, de concert avec VUnionbank de Vienne, un emprunt à lots de 4 millions, dont une partie serait consacrée aux fouilles de Delphes. Le gouvernement autrichien ayant interdit l'émission de cet emprunt, la Société devra chercher ailleurs des ressources, si elle veut absolument far da se,

Démétrias (Volo). — En démolissant l'enceinte turque de celte ville, on a découvert une importante inscription du ii* siècle avant J.-C, décret honorifique rendu par la confédération des Magnètes, qui fait connaître pour la première fois l'hipparque et le navarque de la ligue*.

J'ai copié autrefois à Volo, chez M. Robert, consul de France, deux courtes inscriptions que je donne ici, sans être certain qu'elles n'aient pas été publiées ailleurs :

TENNÀIÀ

I. stèle avec fronton, TCiurk-ckirkv H. 0»,65; en marbre. TEIMOiENOY J ;

OHBàIH

II. Tombeau en forme d'urne cylindrique en pierre calcaire, avec couvercle. Reliefs : un serpent, une tète de cheval, un serpent, une tête de cheval, un serpent, l'inscription, une tète de cheval. H. O^jSO; diam. 0"»,38. Les caractères sont d'une forme assez bizarre, se rapprochant de la cursive :

HPninN HPniicnN

KTICTHN

1. Fougères, Bu/i, de Corr. Helién., t. Xïl!, p. 21i; Chronique deiArU, !889, p. 100; AeXriov, i8S9, p. 40.

Je suppose qu'il faut lire : ^Hpciwv T^pw.dffoiv xtiœtwv.

Le même collectionneur possédait une figurine en terre cuite trouvée à Pharsale, représentant une femme assise tenant un chevreau (H. 0",125)- La terre est rouge et le style assez grossier. Un sarcophage découvert près de Pharsale lui avait fourni une grande tête de femme diadémée en terre cuite. Il me montra encore, entre autres intailles, une amulette en calcédoine achetée par lui près de Larissa : on y voyait, gravé en creux, le groupe d'un roi perse combattant un lion ailé, représentation commune dans la glyptique orientale*.

— On a encore découvert à Volo un relief en marbre représentant un cavalier au galop avec l'inscription 'Aôiorévaç *I|ji.6poTou ^o; ^atpe et une plaque mutilée avec l'inscription : HPni22EI TTARME- NIZKA MENANAPOr MEAIBOIZZA*.

Mont Athos. — M. Spiridion Lambros a fait paraître en 1888 à Athènes la première partie de son KaTaXoyoç twv èv toîç PiôXtôOiQxaiî Tolî 07(00 opouç *EXXYîvtx(5v x(i)î{x(i)v. Ce catalogue est fait pour dissiper bien des illusions ; ce n*est décidément pas à la Montagne Sainte qu'on retrouvera Ménandre ni Sappho. Mais les papyrus d*Égypte et d'Herculanum ont encore beaucoup de jolies choses à nous apprendre. Quand on pense à Timmense réputation des poésies de Sappho dans l'antiquité et jusqu'au xi* siècle, on ne peut se figurer que le xix® doive finir sans avoir la joie de retrouver ce trésor.

RouMÉLiE. — Un des lecteurs de cette Chronique pourrait-il nous fournir des renseignements exacts sur les peintures byzantines et autres objets précieux conservés dans le couvent de Bastkhovo, à quatre heures de Philippopolis? M. Musaeus, qui a écrit une intéressante dissertation sur Grégoire Pakourianos ' , le fondateur de ce couvent au XI* siècle, dit que le jxeuoçuXda'.ov est inaccessible. Le serait-il à quelq[ue homme éclairé de l'entourage du prince de Bulgarie, qui, muni d'un appareil photographique, voudrait rendre service à la science en se promenant?

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