Bull, de Corresp. Uellén., t. XIII, pi. III
qui ont été découverls par M. Halbherr dans la caverne du monl Ida en Crèle *. Sur un des nombreux fragments du bouclier brisé où figuraient des scènes de chasse, on voit la silhouette d'un lion bondissant, fort analogue à celui d'un des poignards inscrustés de Mycènes. c La comparaison est intéressante, dit M. Frothingham, non seulement parce qu'elle offre une indication nouvelle sur l'origine crétoise de l'art mycénien, hypothèse suggérée par M. Milchhoefer, mais parce qu'elle peut contribuer à dater toute la série des antiquités de Mycènes, qui se placeraient vers le viii^ siècle avant J.-C, si l'on admet l'analogie des poignards avec les bronzes crétois. j> Quatre boucliers votifs en bronze, provenant de Van en Arménie, ressemblent, comme les trois boucliers de Caere, aux disques de la caverne de rida; or, les boucliers de Van sont approxima'ivemeht datés par la mention sur Tun d'eux d'un roi d'Arménie, Rushas, contemporain d*Assurbanipal. Nous ne négligerons jamais de signaler ici les indices qui peuvent jeter quelque lumière sur l'obscure question de la chronologie mycénienne.
— Les frères Baunack préparent, assure-t-on, un Corpus des inscriptions Cretoises, comprenant les textes récemment découverts près de Gortyne. Sous le titre De dialecto cretica, M. E. Herforlh a réuni et étudié toutes les formes de ce dialecte qui nous sont connues par les inscriptions et les auteurs*.
SiRiNA. — M. Th. Bent a découvert dans cette ile^ située entre Astypalée et Carpathos, une forteresse quadrangulaire où il a recueilli beaucoup de couteaux en obsidienne', dont quelques spécimens sont entrés au Musée Britannique *.
RuoDES. — Une intéressante épitaphe, récemment découverte dans une chambre sépulcrale près de la ville moderne, a été publiée par M. Foucart' d'après les estampages de M. Aublé, ancien receveur des postes françaises dans l'Ile. Ce monument fait connaître de nouvelles
i. Frothingham, American Journal, 1888, p. 431, pi. XVIXX. Nous avons douné aussi une rédaction du disque de style assyrien (Mclquarth foulant aux pieds un taureau entre deux génies ailés), dans la Gazette des beaux-arts^ 1889, I, p. 59. Rien ne montre mieux que ces réductions in-8 l'inutilité, pouf ne pas dire Fabsurdité, da format grand in-folio de la publication italienne.
2. E. Herforth, De dialecto cretica^ dans les Dissertationes Halerises, t. VIIÏ, p. 192-292. Cf. Meister, PhiloL Wochenschrifl, 1888, p. 852.