‹ Chroniques d'Orient; documents sur les fouilles et découvertes dans l'Orient hellénique de 1883 à 1890Chapitre 281 sur 406 · Revue des l^tudeA grecques, 1889, p · texte numérisé non relu

Revue des l^tudeA grecques, 1889, p

.64i CHRONIQUE D'ORIENT (1890) [0, 287-8]

voir la grécisation d'un mot sémitique analogue à TKQ, lumineux^ (d'où le nom propre Meïr), de Tl«, lumière *. Il y a aussi dans le livre de M. Hogarth quelques inscriptions en caraclères chypriotes, par exemple à la page 32. A la page 63 est publiée une dédicace grecque à des xpscçuXaxe; par un chef de bureau et son commis; Féditeur semble ne pas connaître le travail de M. Dareste à ce sujet [BulL de Corr. Hellén.y t. VI, p. 241). sans quoi il ne dirait pas que le mot XpecçuXaxeç est nouveau (cf. iùid., p. 244). Une inscription de Soli fp. 114) parait mentionner le proconsul Sergius Paulus dont il est question dans les Actes des Apôtres (xiii) ; c'est là une rencontre très intéressante. A Larnaca lis Lapithou (p. 113), M. Hogarth s'est assuré que l'épithète de Poséidon sur une inscription connue (Le Bas-Wad- (lington, n* 2779) se lit Napv[ajy,to; et non Aapv[a]xtO(;. « Cela dissipe, ajoute-t-il, l'illusion agréable que Larnaca serait un nom antique. » Pas du touti Napvdbcicç donne Aapvjbctoç par dissimilation comme Bononia a donné Bologna,

— Le Journal of Hellenic Studies (1889, p. 281) a publié une notice très sévère sur le programme de M. P. Herrmann, dont il a déjà été question ici*. L'auteur, qui signe J. A.-R. M.[unro] et qui connaît évidemment les lieux dont il parle, nie que l'on soit en droit de distinguer deux nécropoles, celle de Manon et celle d'Arsinoé, dont l'une contiendrait dos objets archaïques et l'autre des objets récents*. Il ^'insurge avec raison contre la tendance dangereuse qui consiste à fixer, d'après leur aspect, la date des terres cuites et des poteries de Chypre, où le style traditionnel est si longtemps resté en honneur.

Asie Mineure. — M. Contoléon a publié dans les Mittheilungen d'Athènes une longue série d'inscriptions asiatiques, dont quelquesunes sont mal copiées, déjà connues ou insignifiantes*. Je me con-

1. Cf. le grec jiiyapov et l'hébreu 7MT0 (Robert«OD Smith, The religion of the Sémites, 1889, p. 183). 11 c?t vrai qu'il s'agit ici d'un aïn et non d'un aleph; maiB on peut admettre que le mot (jL^yeipo; D'à pa» ^té sans inflaence sur la forme du vocable grec.

2. Jlevue archéoL, 1889, II, p. 122. Voir un compte rendu du même travail par M. Dammlerdans la PhiloL Woc/i., 1889, p. 1113.

3. Cette manière de voir a été indiquée d*abord par M . DOmmler, Jahrb, des Inslit,, t. Il, p. 168.

4. Athen. Mitth,, t. XIV, p. 88-M4. Provenance» : Pergame, Myrina (déjà publiée ici-méme), Bazar-Kioï en Mysie, Pordoseléué, Cadoi, Baglitza, Tfayatira, Vorlos, leSipyl»», Smyrne, Lébédos, Colophon, Coloé(î), Kilbia, Hypaepa, Erythrée, Samos, Magnésie du Méandre, Traites, Philadelphie, Simav, Laodicée, lasos, Chulok (port de Mylasa), Mylasa, Sykioé, Antioche de Pisidie.

tente de signaler ici les plus importantes : p. 98, dédicace Ai! Kpa|Jt^vo) (épilhète nouvelle); p. 91, dédicace des 'Opxtaxrîvoi; dédicace d'un Çôavov à l'époque romaine; p. 93, opsi des Mop{x6vSeii;, d'^'EXoç et de Suxcutvoç (?) sur le Sipyle; p. 95, iW^iayLa Képr^ç [jlutcojv fftptoD 3cal evSatûv tûv èv Si^upvtj (quid?); p. 95, Atcvujioç 'AvSpéco Ilep^epr^vtoç etpvapxwv (à Smyrne) ; p. 96, liste de noms, entre autres Mup'.aixoç (cf. Mowat, Revue archéoiyiSSS, II, p. 145) ; dédicace à Apollon Kt(7aXaudv}v6ç (Smyrne; on connaissait déjà, par une autre inscription de Smyrne, un Apollon KijauXoSiigvsç) ; dédicace de la KoXoTjVwv zôXtç, trouvée à Keles, à cinq heures d'Odemisch* ; p. 99, inscription mentionnant le KtXSiavûv îfjjjLoç et les *ApTe[ji.e{(jta d'Hypaepa (cf. Revue archéoL, 1885, II, p. 114); p. 101, dédicace des Romains, des Smymiotes, des Colophoniens, des Ëphésiens, des Magnésiens du Sipyle, des Cyméens, des Myrinéens, des Clazoméniens, des Téiens, des Lébédiens à un Romain dont le nom est écrit en latin et en grec (Ephem. epigr.^ V, p.* 58, avec des différences) ; p. 102, épitaphe d'un nommé Mavaaaç à Samos; p. 105, mention des Baat- Xeta ti ept. BotwTsTç, fêtes instituées après Leuctres; p. 106, dédicace à Anaïtis (Tralles) ; p. 108, dédicace à Artémis Astias [Joum, HelL Stud.y t. VIII, p. 114); p. 113, dédicace de Basile, évèque de Mylasa, à la gloire de Jésus-Christ et du protomartyr Etienne; comme on sait que le sanctuaire de ce martyr, où l'inscription a été découverte, était situé au lieu dit Aejxrj Kciji.^, près de Suxivy;, on peut désormais placer ces localités près de Sech-Keul^ à une heure vers Test de Mylasa (cf. Bull, de Coir. Hellén., t. XII, p. 24, 28).

— Une seconde série d'inscriptions asiatiques a été publiée par M. CichoriusV L'une d'elles, une épitaphe de Nicomédie, est le premier exemple d'une inscription métrique funéraire en anapestes; une autre identifie définitivement Milétopolis à Mouhalitch. Dans un texte de Mitylène, il est question d'un çcivixoYpa^oç ; M. Cichorius y voit eine unbekannte Wûrde^ mais il me semble plus raisonnable d'y reconnaître un écrivain ou secrétaire rubro scinbens (cf. le Thésaurus, s. V. èpuOpoYpa^sç) '. Signalons encore une longue inscription en dialecte éolien, engagée dans la forteresse de Mitylène, qui parait méri-

1. Laméiue iuscriptiou estdaus le Moucretov, 1, p. 136, mais avec la lecture

KoXO(TCVâ>V.

2. Athen, Mill/i,, t. XIV, p. 240-261. Proveuances : Nicomédie, Nicée, lac Ascaoius, Cius, Daskyliou(?) ApoUonle en Mysie, Milétopolis, Lopadium, Germe (?}, Sardes, Mytilène, Éresos.

3. Dans uue autre inscription lesbienne (Alhen, MiUh,, t. XI, p. 288), il semble y avoir çotvixoypâço; ypom\kOLxvj;,

««6 CHRONIQUE D'OFUENT (1890) [0, 399-90]

ter une étude sérieuse d'après les fragmente que M. Cichorius a pu en donner. Enfin, une inscription gréco-latine d'Érésos, dédicace à Jolie rainée, nous apprend que cette princesse était identifiée à Venus yenetrix et nous donne l'équivalent grec 'AçpoSdr, Fevitcipa.

— M. C. Cichorius a communiqué à l'Académie de Berlin (séance du 2 mai 1889) cinq inscriptions d'Apollonia ad Rhyndacum, d'Où- ]oui>ad (Lopadium), de Sardes, de Mitylène et d'Érésos.

— Un officier allemand, M. W. von Dtest, a publié, dans les Mittheilungen de Petermann *, le récit d'un voyage de Pergame jusqu'au Pont à travers le Didyme, avec deux cartes à grande échelle : 1* la région du Caîcus el du bas Hermus ; 2<> itinéraires en Phrygte et en Bithynie. Un voyage en Bithynie de M. B. Sdiwartz, publié sous forme d'articles dans VAuslandy a été réuni en un volume avec une carte*.

— M. Gurlitt a donné dans la Philologische Wochenschri/Ï deux articles critiques, avec des corrections intéressantes, sur les recueils épigraphiques de M. Sterrett'. D'autres articles sur le même sujet ont été insérés dans la Classical éievtew par MM, Ramsay et Weir Smyth*.

Amisus. — Quelques inscriptions de cette provenance ont été reproduites sans transcription par M. Dimitsas; les mauvaises copies qu'il en a données sont dues à l'évèque actuel d'Amasia*. On peut se demander si une pareille publication était digne des Mittheilungen d'Athènes.

Troib. — Au mois d'août 1889, pendant le Congrès international d'anthropologie et d^ archéologie préhistorique tenu au Collège de France, je fus chargé de résumer à l'une des séances un nouveau mémoire de M. Boetticher sur les découvertes d'Hissarlik «. M. Schliemann, qui était présent, répondit avec vivacité et oflrit de feire procéder sans délai à de nouvelles recherches en présence de M. Boetticher et de témoins. Après un long échange d'aménités par la voie de la presse allemande et autrichienne, les fouilles promises purent avoir

\. Ergaenzungsheft ii«94, Gotha, 1889.

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