‹ Chroniques d'Orient; documents sur les fouilles et découvertes dans l'Orient hellénique de 1883 à 1890Chapitre 31 sur 406 · PhilotogUehe Wochenschrifi, 19 janvier · texte numérisé non relu

PhilotogUehe Wochenschrifi, 19 janvier

bataille d'Amazones exécutée en relief. Les mêmes fouilles ont donné une plaque d'argent ornée de fleurs. La plupart de ces objets ont été transportés au nouveau musée archéologique de Nicosia. On prête à M. Richter l'intention de reprendre les fouilles de Curium commencées par M. de Cesnola.

ÉOLIDE. — M. Démosthènes Baltazzi, qui habite Àli-aga (enlre Myrina et Cymé), continue à s'occuper avec zèle des antiquités de cette région, dont il a récemment envoyé quelques intéressants spécimens au Musée de Constanlinople. A Cymé {Namourt et non Lamourt, comme Técrit M, E. Reclus)*, un cultivateur de Nouvelle- Phocée, voulant convertir un champ en vignoble, a découvert plusieurs tombeaux. Sur Tun d'eux, construit avec des pierres de taille unies par des scellements de fer, on a trouvé deux stèles funéraires formant couvercle. L'une représente deux femmes ayant chacune à côté d'elle un petit serviteur : l'inscription est illisible. Sur l'autre stèle, on voit un éphèbe drapé. Le tombeau ne contenait que des ossements et du bois calcinés. Tout auprès on a trouvé un autel dont la base porte une couronne avec Tinscriplion : OAHMOZ. A côté était une stèle funéraire avec l'inscription métrique suivante, en caractères du ii« ou du i^^ siècle avant J.-C* :

MévTOpa Tov XTov Xeuaaeti;, Ç£v£, tov 6' Oxo |xr^Tpo<; Xiaç, 6l<; At$oç $cd|xa )taÔ£Xx6[i.evov,

E£(vt(jev ifj Y^vétstp' àpyaXéot; Çevioiç. 5 'AjjLçoTépcwt 0' Taov Çù)Y)<; ^povov -îSvuae MoTpa, EtxocxrcevraeTeTç (sic) 6' ^Xtov eÇéXiTuov, At^Ijlou il <r:if^%^o^ mvjTïjv çpevà ixtqvusi àv8po<; 'ApTiçuouç • XeCicei S' oXyea zatpi ç (Xg).

Sous la corniche, au-dessus de ce texte, on voit une rangée de feuilles et l'inscription :

IloaetîwvCou Taôt ^ xoupov Mévropa Xïov.

1. Géographie universelle^ t. IX, p. 603. Il y a beaucoup d'inexactitudes dans la descriptioQ que M. Reclus doane de TÉolide; on dirait qu*il ignore Texistence de Myrina et les publications dont cette ville a été Tobjet dans le Bul» Min de Correspondance Hellénique,

2. Communiquée par nous à TAcadémie des inscriptions, dans la séance du 13 juin 1884.

[4«, 93-i] CHRONIQUE D'ORIENT (188i) 81

L'épigramme est au premier abord assez obscure. La mère de Mentor est morle à vingt-cinq ans ; elle avait donné le jour à son fils huit ans auparavant, et ce fils est mort, loin de sa patrie, au même âge que sa mère. Il faut remarquer la forme etxsaaTCercasTeTç, au lieu de etxojtxsvTasTetç, qui est nouvelle *. Au cinquième vers, 6' Tjov au lieu de-c' Tjov est une incorrection résultant de la prava aspiratiOj phénomène souvent constaté à l'époque hellénistique et même dans les inscriptions attiques de la bonne époque *.

Dans le même champ, on a rencontré plusieurs sarcophages mutilés en pierre calcaire de Phocée, contenant des ossements et divers petits objets, tels que miroirs de bronze, aiguilles, strigiles, objets de toilette, verreries, monnaies autonomes de Cymé et beaucoup de menus fragments de terres cuites fort analogues à celles de Myrina*. Il est probable que celte nécropole, datant de l'époque grecque, a été bouleversée et violée à Tépoque romaine et byzantine.

A Cymé également, dans un vignoble, on a trouvé Tinscriplion fragmentée qui suit, dont nous donnons une copie d'après un estampage :

ArpiEnPE/////////

AAAAIAAIE20A///////// E2BE2ENArP01AH2 M///// nAI2INA0P<t>ANIK02////// X£{]nEIN02TEAKAI2nOAlAN EYAinNrENETAAHMO TEKN0YTAN2TYrEP//////

Ce qui reste de cette épitaphe, dont l'estampage est assez indistinct, prouve qu'elle était rédigée en vers comme la précédente. Elle parait du reste d'une époque bien plus tardive.

1. Dans icevTaéTYjç, l'a est produit par l'analogie de SsxalTyj; et d'imaixT^ç; le mot slxodaicevrairtic montre un progrès ultérieur de la môme contagion analogique.

2. Roscher, Studien zur griech. und lalein, Grammatik, t. î, p. 107.

3. Les collections de l'Europe et en particulier celles de Paris contiennent des groupes en terre cuite qui ont été répandus dans le commerce sous le nom de terres cuites de Cymé. Nous ne perdrons jamais une occasion de protester contre cette attribution fantaisiste : Torigine de ces groupes nous est entièrement inconnue, mais nous sommes certain qu'ils ne proviennent pas de Cymé. [Nous avons retranché qnelques mots du texte primitif de cette note; la raison de cette suppression est donnée dans la Classical Review de 1888, article qui sera reproduit plus bas.]

82 CHUOMUt'E DOHIEM (I88i) 4*, 94-5]

Llnscripiion suivante a été trouvée en démolissant Tenceinte fortifiée de Nouvelle-Phocée.

AI0NYI|'E//////7/;7E0Z inOANN ArOPA

Remarquez Torlhographe du dernier mol, avec deux N, qui sont parfaitement lisibles sur Teslampage.

A une heure eldemie de Nimroud-Kalessi (Aegae), se trouve un village nommé Jénidjé-Keui, où l'on a, dit-on, découvert une nécropole conlenant des terres cuites. Les tombeaux sonlconslruils de la même manière qu'»i Doumanly-Dagh [Revue archéologique, 1883, 1, p. 362), c'est-à-dire en terrasse avec un petit mur d'enceinte. Enfin, on parle de lombes récemment découvertes dans la région de TÉolide du nord, nommée aujourd'hui Gun-Dagh. En 1877, on ne connaissait en Éolide qu'une seule nécropole, celle de Cymé ; grâce aux recherches de rÉcole d'Athènes et de M. Baltazzi, on en connaît aujourd'hui une demi-douzaine.

Puisque nous sommes en Éolide, signalons encore deux nouvelles signatures de fabricants sur des terres cuites provenant de ce pays. L'une d'elles, 0EIAIPPOY, se lit sur un groupe que nous avons vu à Paris; l'autre, CCOOPONOC, se trouve sur le revers d'une petite colonne découverte à Myrina *.

— M. E. Curlius a présenté à la Société archéologique de Berlin (séance du 1^"* avril 1884) un groupe de terre cuite, représentant l'enlèvement de Ganymède, récemment acquis par le Musée de Berlin. La provenance indiquée est Myrina. Gomme nous n'avons trouvé dans cette nécropole, où la plupart des motifs sont représentés par de nombreux exemplaires, aucun groupe analogue à celui que décrit M. Gurlius, nous mettons formellement en doute, jusqu'à nouvel ordre, Taulhenticité de la provenance indiquée. Le nom de Myrina sert aujourd'hui, comme celui d'Éphèse il y a sept ou huit ans*, de pavillon à des marchandises d'origine et de valeur très diverses; c'est un abus qu'il importe de signaler avant qu'il ne s'introduise dans les catalogues des Musées, où il donnerait lieu à des confusions très regrettables.

1. Voir, pour les autres signatures relevées sur des terres cuites, BulL de Corresp. Ilei/én., 1883, p. 204; Rev. archéol., 1883, H, p. 123; [ Nécropole de Myfinna^ p. 172 et suiv.]

. 2. Dans la salle des terres cuites grecques au Musée du Louvre (2« vitrine coatre la fenêtre en entrant) se trouvent plusieurs têtes de Sœyrne qui sont encore désignées par réliquette sons le nom de terres cuiles d'Éphèse. Espérons que celte étiquette trompeuse ne tardera pas à disparaître. [EIU a disparu.]

:4«, 95-6] CHROMQIE D'OUIENT {\S8\) 83

Pergame. — Dans la séance du 15 janvier 1884', M. Gonze a rei>4u compte à la Société archéologique de Berlin des derniers travaux étécutés à Pergame, travaux dont la direction était conûée à M. Befcin et que le conser\'ateur du Musée de Berlin a inspectés au mois de décembre 1883. Les résultats de cette campagne sont très impoHants pour la topographie de la ville antique. On a retrouvé la trace des différentes enceintes, dégagé le péribole de l'ancienne agora sur la colline et découvert, presque au sommet de TAcropole, au-dessous et à l'ouest du temple d'Athéna, un grand théâtre datant deTépoque des rois. II fut abandonné à l'époque romaine, sans doute parce que Tacces en était trop difficile, et les Pergaméniens construisirent un autre théâtre au pied de la colline. Nous avons déjà parlé des sculptures découvertes au cours de ces fouilles : ce sont notamment un géant ailé et de très nombreux fragments de la grande frise ainsi que de celle de Télèphe. Ces fragments ont surtout été recueillis dans le mur d'enceinte byzantin, que Ton a presque complètement démoli. Au mois d'avril dernier, Hamdi-Bey, accompagné de M. Dém. Ballazzî, s'e^l rendu à Pergame, et le partage des découvertes a élé erTeclué de concert avec M. Humann. Nous avons déjà donné la liste -des objets abandonnés au Musée de Tchinli-Kiosk : TAllemagne a eu pour sa part 434 fragments et 308 menus débris de la Gigantomacliky une tête de serpent, des bras et des mains, une tète, un torse et une aile de géant, une roue de chariot, une vingtaine de morceau.\ delà frise de Télèphe, deux boucliers de la balustrade du portique d*Eumène, quelques statuettes et morceaux de sculpture peu importants, etc. Il est probable que les fragments de la Gigantomackie que Ton a transportés à Berlin serviront à compléter en partie les groupes trouvés dans les fouilles précédentes. Le permis de l'Allemagne a élé prorogé pourun an. Dans la prochaine campagne on se propose de déblayer le théâtre, ce qui prendra au moins cinq ou six mois, à cause de l'accumulation des terres; on terminera aussi l'exploration de l'agora et Ton commencera celle du gymnase.

M. Conze a raconté {Silzungsberichte der Akademiezu Berlin^ 17 janvier) comment la découverle de lagora est due à une inspiration heureuse de M. Kirchhoff, qui a rétabli le ihot orfopjiiciq dans une inscription métrique mutilée, gravée sur la base d'une statue d'Hermès. La pierre élant en place, M. Bohna pu retrouver le péribole de l'agora en fouillant presque à coup sûr. Des inscriptions de l'époque royale mentionnent l'ânsavérraToç tozoç -rij^ oyopaç kizi toîJ P«;a55 xtO

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