Cf. Revue arc/idot., !8W, H, p. 9<k
[O*, 232] CHRONIQUE D'ORIBNT (1890) 679
Le dernier article de M. Léchai sur les statues archaïques de TAcropole* est consacré à Télude de deux questions difficiles: la- polychromie et rinterprétatlon des sujets. Sur le premier point, Tauteur est affjrmatif: il distingue nettemmt la polychromie intransigeante des sculptures en tuf, de la polychromie plus discrète des ouvrages en marbre; il n'admet pas-que, dans ces dernières, les parties nues fussent coloriévis comme lé veut M. Treu ; il insiste sur le caractère conventionnel et décoratif de la polychromie, qui ne vise nullement à rillusion. Peut-être n'a-t-il pas tenu assez compte des phénomènes chimiques qui ont altéré les couleurs, ou même fait disparaître les teintes supérieui-es pour ne respecter que les gros badigeonnages formant dessous*. Pour rinterprétation des statues, M. Lechat est plus réservé : il expose les différents systèmes, en- montre les difficullés et ne conclut pas. Je persiste à croire que le moins objectionable est celui qui reconnaît des Âthénas dans les statues féminines de l'Acropole. — Dans un travail très imporïant, mais qui n'est pas facile à Ure', M. Botho Graef a essayé d'établir les pointa suivants : 1* le groupe des Tyrannicides n'est pas d'Anténor, mais de Critios; 2® ce groupe est sorti d'une école péloponésienne dont les oeuvres se rencontrent dans le Péloponèse, en Sicile, ainsi qu'en Attique et en Béotie ; elle attribue aux tètes des proportions caractéristiques que l'auteur appelle le canon olympien. L'expression sévère et presque triste qui les distingue est une réaction contre le maniérisme de l'école de Cliios ; 3® cette école est peut-être d'origine argivo-sicyonienne ; son influence sur l'art attique indigène donna naissance au style de Phidias.
Poui-quoi M. Graef et se» confrères ne publient-ils pas eux-mêmes, à la suite de leurs articles, des résumés analogues à celui-ci ? Craignent-ils que le résumé empêche les paresseux de lire le mémoire ? Mais ce serait plutôt un moyen de leur en donner envie.
— Tout ce que M. Graef dit d'Anlénor se fonde sur l'hypothèse de M. Studniczka (Jakrb, d. Jhst.^ t. II, p. 135), d'après lequel la base portant le nom d'Antélior serait celle d'un^ des statues archaïques trouvées sur l'Acropole. On sait que cette hypothèse a été fortement contestée par M. E. Gardner (cf. Hevue archéoLy 1890^ I, p. 262). La question a été examinée sur place par une commission composée de MM*. Gardner, Wolters et Heberdey. Ce dernier a publié dans les