‹ Chroniques d'Orient; documents sur les fouilles et découvertes dans l'Orient hellénique de 1883 à 1890Chapitre 37 sur 406 · Corpus inscriptionum semiticarum, t. I, p · texte numérisé non relu

Corpus inscriptionum semiticarum, t. I, p

sur l'origine du culte d'EscuIape, que Creuzer et M. Maury ont déjà cru originaire de Phénicie, nous ferons remarquer que Téquivalence d''A<nt)iTr itt6; et de la divinité phénicienne Eschmoun est attestée d'une manière formelle par Damascius, et que la coutume d'entretenir dans les temples des chiens sacrés a fort bien pu passer de Phénicie en Grèce. Nous avons insisté plus haut sur ce fait que le chien, autrefois associé au serpent dans le cortège d*Esculape, semble avoir tellement perdu son importance primitive que les textes littéraires ne font plus mention de lui comme agent du dieu et que les exégètes ont dû même inventer une légende pour justifier sa présence sur d'anciens monuments de ce culte. 11 y a là déjà un indice qui peut faire admettre une superstition importée, contraire au génie de la race grecque qui s'en est affranchie peu à peu. Nous avons tenté d'expliquer la substitution du serpent au chien par le caractère impur et lubrique que les Grecs et les Romains ont toujours attribué à cet animal. Plu tarque, dans les Questions romaines, se demande pourquoi les Romains défendent à un prêtre de toucher un chien ou une chèvre, pourquoi les Grecs ne laissent pénétrer un chien ni dans l'Acropole d'Athènes, ni dans l'Ile sacrée de Délos. Il reconnaît que l'on a expliqué cette interdiction par le caractère impur et lascif des animaux qui en étaient l'objet.

Enfin nous devons écarter une objection que l'on pourrait fonder sur la difTérence de date entre l'inscription d'Épidaure et l'époque où la civilisation grecque était soumise à des influences phéniciennes. D'après les caractères de l'écriture et du dialecte, la stèle découverte par M. Cavvadias ne peut guère être antérieure à Alexandre ; mais les récits qu'elle reproduit, ou du moins une partie d'entre eux, sont antérieurs aux guerres médiques. En effet, M. Cavvadias a fait observer que l'histoire de la guérison miraculeuse d'une femme, rapportée par Hippys de Rhégium, contemporain des guerres médiques, se retrouve en substance ■sur la seconde stèle d'Épidaure. Il en conclut avec vraisemblance que les textes découverts par lui ont été compilés d'après des inscriptions très anciennes, gravées sur les ex-voto que les malades guéris déposaient dans le temple. Ainsi s'explique, d'ailleurs, que dans certains récits de la première stèle, le nom du personnage soit omis ou indiqué d'une manière très vague.

Pour conclure, nous pensons que les textes épigraphiques cités plus haut prouvent que les chiens du temple d'Épidaure n'en étaient pas seulement les gardiens et que la même conclusion est légitime à l'égard des kelabim de l'inscription de Citium *.

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