‹ Chroniques d'Orient; documents sur les fouilles et découvertes dans l'Orient hellénique de 1883 à 1890Chapitre 91 sur 406 · Cf. Mittheilungen, 1883, t. VIII, pi. X · texte numérisé non relu

Cf. Mittheilungen, 1883, t. VIII, pi. X

3. Cf. Bulletin de Correspondance HeVénique, t. IX, p. 474; t. X, p. 66 et 98.

:6% 83-4; CHROMQUE DORIEM (188G) 351

poignées représentent des Harpyes, d'un art archaïque et d'une conservation remarquable;

2*» Une statue en bronze archaïque- <1 'Apollon ;

3® Un torse en marbre archaïque d'une petite statue d Apollon ;

4<> Une tête archaïque d'Apollon en marbre;

5® Une tète en pierre calcaire, de grandeur naturelle, représenlant un vieillard barbu ;

6® Plusieurs statuettes archaïques en bronze, entre autres une panthère, un lion, un manche de miroir (Atlante?), enûn nombre d'inscriptions gravées boustrophédon.

Décembre 1885. — On a transporté à l'Éphorie la grande statue archaïque d'Apollon découverte à Acraephiae par l'École française {Bulletin de Corresp, Hellén,, t. X. pi. IV)^ ainsi que d'autres sculptures de même provenance : un torse d'une statue d'Apollon plus petite que la précédente et d'un type analogue ; une tète de vieillard en pierre calcaire; une statuette en bronze d*Apollon ; un manche de miroir historié; deux poignées de lébès représentant des Harpyes; trois lions en bronze ; un petit guerrier en bronze ; une lampe en bronze avec inscription; plusieurs bases de statues en bronze avec des dédicaces, etc.

MM. Belles et Nosirakis avaient obtenu, au mois de novembre, l'autorisation de pratiquer des fouilles à Érétrie, sur un terrain leur appartenant, sous la surveillance de Téphore Tsountas. Ils ont découvert un miroir en bronze à double couvercle avec bas-reliefs, qui paraît être un objet de grande valeur. Sur une des faces on voit une Ggure \irile tenant un thyrse et une figure de femme derrière laquelle apparaît un thyrse appuyé contre un rocher: les deux figures forment un symplegma erotique. De l'autre côté est gravée une autre scène, qui se compose d'une femme ailée tenant une autre femme plus jeune sur ses genoux. Le diamètre du miroir est de 0",182, celui des disques de 0"',09. Les mêmes fouilles ont donné plus de quarante feuilles d'or, un petit tube également en or, quatre œnochoés noires en terre cuite avec figures blanches et un lion en marbre mutilé, de travail médiocre, long de 1™,10.

Le compte rendu des mois de janvier et février 1886 mentionne encore, parmi les découvertes faites à Érétrie, une statuette de femme en terre cuile^ debout sous un édicule; un lécythe blanc représentant Char on dans sa barque, avec un jeune homme drapé devant lui et une figure indistincte par derrière; une œnochoé à ouverture trilobée décorée de figures rouges (femme ? tenant une lyre, assise dans un char traîné vers la droite par deux enfants nus précédés d'un chien); deux

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lécythes à moitié blancs (éphèbe vêtu d'une chlamyde marchant à droite, retournant la tète; éphèbe vêtu d'un himation et tenant un bâton, debout devant un stèle funéraire); un lécythe à figures noires mutilé (Neptune sur un char ailé traîné par des dauphins) ; un lécythe blanc (deux éphèbes, celui de gauche vêtu d'un himation rouge, de part et d'autre d'une stèle; celui de droite tient une bandelette rouge). Tous ces objets ont été retenus par le gouvernement.

L'Institut allemand d'Athènes a été autorisé à déblayer les soubassements du temple archaïque de Gorinthe.

Janvier et février 1 886, — Les habitants de Myconos s'étaient jusqu'à présent opposés à ce que l'on transportât à Athènes les statues découvertes à Délos par l'École française. Nous apprenons avec plaisir que M. Cavvadias a pu triompher de cette résistance. Les objets dont les Musées athéniens s'enrich"ssent par l'effet de cette mesure sont les suivants :

\^ L'Arlémis archaïque à inscription ]x)ustrophède ;

2® La Victoire (ou Artémis?) ailée;

3^ Une composition bien connue décrite par M. Homolle, comprenant le groupe de Borée et Orithye, celui d'une femme enlevant un enfant et quatre statues féminines;

4° Une tête archaïque d'Arlémis;

h^ La base de statue portant le nom d'Archermos ;

6® La statue d'un guerrier nu appuyé sur le genou droit que j'ai découverte en 1882, œuvre d'Agasiasd'Éphèse;

7® Une admirable tête de femme en marbre découverte et publiée par M. Homolle.

Les fouilles entreprises à Gorinthe sous la direction de M. Doerpfeld, aux frais de 1 Institut allemand, ont complètement rendu à la lumière les soubassements du temple archaïque.

Dans le lit du Gladéos, à Olympie, on a recueilli les antiquités suivantes, qui ont été transportées au Musée local :

\^ Un poids en bronze carré, pesant 880 grammes et portant l'inscription boustrophède AI02 ;

2° Trois statuettes de bœufs (?) en bronze, très archaïques ;

3<> Un fragment d'argent mince (long. : 0",073), portant des gouttes en relief, des lignes serpentines gravées et une oreille d'animal ; c'est probablement une applique ;

4® Un poids carré en p'omb pesant 246^ ,30, portant en relief un aigle aux ailes déployées qui tient un sei pent entre ses serres : autour, l'inscription AIOPOAYMIIIQ (pour A'.oç '0Xu|i.7:{(i), avec le rho- -tacisme éléen);

5*^ Cinquante-deux monnaies, dont une en argent, d'Égine ;

6° Un fragment en marbre d'une statue nue, appartenant aux métopes du temple de Jupiter;

7* Un fragment d'inscription portant des noms de prêtres.

A Syra, on a trouvé sur la pente nord-ouest de la place Moraïtinis un tombeau contenant une urne cinéraire en bronze, pleine de cendres, et quatre vases de verre, qui ont été déposés au Musée local *.

Le même compte rendu contient la mention des statues découvertes sur l'Acropole d'Athènes, dont il a été queslion plus haut, et une note extrêmement intéressante concernant les « groupes d'Asie Mineure » que nous reproduisons intégralement plus loin.

CoNSTANTiNOPLE. — Le Moniteur oiiental du i 1 mars 1886 a annoncé la vente aux enchères, après décès, des collections d'antiquités appartenant à feu Soubhi-Pacha, ancien ministre de l'Evkaf, qui avait beaucoup contribué, pendant qu'il était gouverneur de Syrie, à enrichir le Musée de Constantinople. Soubhi-Pacha était un numismate distingué, qui a vendu plusieurs collections formées par lui au Musée Britannique et à notre Cabinet des médailles.

Le Phare du Bosphore du jeudi 6 mai publie un intéressant article de M. Levai sur une découverte archéologique qui a été faite le 8 avril dernier à Constantinople. Des ouvriers employés à l'établissement du square que Blaque-Bey fait disposer sur la place du Tunnel à Péra, ont tix)uvé, à 0",75 au-dessous du sol actuel, trois plaques et deux stèles en nnarbre mêlées à des ossements humains et à des briques byzantines. Ces objets ont été transportés à l'hôpital municipal du Vl° cercle, où M. Levai les a étudiés. Jusqu'en 1867, époque à laquelle le quartier de Péra fut transformé par de grands travaux de voirie, la place du Tunnel était occupée par des tombes musulmanes, superposées à des sépultures chrétiennes. On y découvrit autrefois un sarcophage qui est conservé actuellement près de l'hôtel d'Angleterre. Le cimetière musulman des Petits-Champs a remplacé, dans cette partie de la ville, une nécropole antérieure à la conquête turque. Voici les inscriptions relevées par M. Levai :

!• Stèle en marbre. Hauteur : O^^jôS; largeur 0™^18. Lettres négligemment gravées, f ^'EvOa | xTvts | 'IouXta|voç xà | Kjp(|Xto<;.

2* Plaque en marbre. Hauteur : 0",32; largeur : C™,19 en haut,

1. Le AsXtîov de T'Earta (n® 481, Phil, Wochenschrifl du 8 mai 1 886) mentionne deux autres tombeaux à incinération découverts à Syra. On aurait aussi trouvé dans l'ile une hache en silex, dite pierre à foudre ou àcTTpoTceXexicov par les habitants. Le Musée de Saint-Germain en recevrait avec plaisir un moulage.

25i CHRONIQUE D'ORIENT (i886) [6*, 85-6]

0"»,44 en bas. Lettres fort mal gravées. Au-dessus, un chrisme. ~ *Ev6a|îs xei|Te 'HjO'.|x!a ©[/.uplvéx (pour qjLupvoTx).

3" Stèle en marbre. Hauteur : 0",54; largeur : 0'n,28 en haut, 0™,20 en bas. Lettres bien gravées. En bas, à droite, un petit chien lève la tète vers inscription. Dans le haut, un chrisme. — MtqtpwI Swpsç I «oîsl Y^h^-i'^s (pour xaTaxeitat).

4« Plaque en marbre. Hauteur : 0n»,69; largeur : 0",29. Lettres e, 0, ff carrées. — ff-j- | EvôiSe | xataxite | Sav6i6ioç | ^'.(jtoç bv.oç\ ^ùdT:T.o^ yjiù\pio\j *Aypo\> \ âpo)^ Kiî(i)v|. Il s'agit peut-êlre de Kilo*. en Phrygie.

5" Plaque en marbre. Hauteur : 0™,71; largeur : 0"»,41. Lettres bien gravées. — f | 'EvOiîs àvTi \^.oipr^ç \ èBr^yr^Otç ::apaTtpoIî xap] I TO jvo;;.a y,o:-:ix^x[oc',] UxOXoç c^oXapioç | (r/oXf^ç B'\ ^svwOiç xap' IXt?.- 8aç I î'.' ajTcy xaTpwwv | xi^wv îoxpuwv | iSsX^ou c5jpîi.(ï)v | au^/yevwv

XpOXO I [JLtîfJÇ (fi'Xwv.

L'auteur de ce galimatias a cru sans doute faire des vers. La mention d'un scholaire de la deuxième schole ou cohorte prétorienne lui donne seule quelque intérêt. M. Levai a commenté ce texte comme les précédenls avec une érudition très sûre et le Phare du Bosphore, en insérant son article, a donné un bon exemple à ses confrères de la presse française du Levant.

Macédoine. — M. Papadopoulos Kerameus m'annonce qu'il a parcouru à cheval toute la côte entre Epibatai (près de Sélymbrie) et Gallipoli. 11 a recueilli au cours de son voyage un grand nombre d'inscriptions inédites et rectifié quelques lectures de feu A. Dumont, un <les seuls archéologues modernes qui aient visité sérieusement ce pays. De Gallipoli il s'est rendu à Cavalla et a exploré une partie du mont Pangée, les environs de Drama et de Philippes. Le but de son voyage, qui a duré trois mois, de septembre à novembre 1885, était surtout de recueillir des manuscrits pour la Bibliothèque Mavrocordatos dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs (1886, 1, p. 148). Il a pu examiner environ quatre cents manuscrits, ce qui porte à plus de quinze cents le nombre des textes inédits qu'il a dépouillés jusqu' à ce jour en vue du catalogue dont la rédaction lui a été confiée.

Thasos. — Notre excellent correspondant, le D^ Chrislidis, nous a communiqué quelques nouvelles de celte île, une de celles où nous pensons qu'il resterait le plus de découvertes à faire si l'on pouvait obtenir l'autorisation d'y pratiquer des fouilles. Non loin du bourg de

Théologos, on a trouvé, au mois de décembre 4885, un grand tombeau que les paysans bulgaies se sont hâtés de mettre en pièces pour construire une chapelle dans les environs. De nombreux menus fragments d'inscriptions, dont il n'est plus possible de tirer un sens, ont été encastrés dans les murs '. A l'intérieur de la chapelle, la dalle de la sainte table rep(»se sur une colonnetle portant l'inscription suivante :

AYPHAIA AP AjpT)X{a 'Ap-

TEMEICIA Te(iLeia{a

ZnCIMOY Z(oa(;i.ou

ETCON • lA lTa>v 17

XAIPE Î3 xatpc.

Le nom de Zozime est particulièrement fréquent à Thasos M. Christidis m'adresse le fac-similé d'une inscription datée de 1708 qui se trouve à Théologos, au-dessus d'une fontaine desséchée depuis longtemps. Les documents de celte espèce sont assez nombreux, mais on ne prend généralement pas la peine de les recueillir, bien qu'ils ne manquent pas d'intérêt pour l'histoire locale. Nous reproduisons ici le fac-similé de M. Christidis avec la transcription dont il Ta accompagné.

+ U(Iy{,J KO f Z fEfWM A T BaatXixo; xb ylvr^fia xoO

fl4 îuJ E K lEWO [ Kî'rf'o ^€ 'V 0 C ^^icâ 'Iwawou U yivo; xatayéiiEvo;

T I^(CJTPÂ2L(i)A/ T & P l) ( I ^i Tû)v icaità i:6DTr,pa«a>v t^v ?pu<nv

TAU TN £ KTiCE me \ 2 0 \A xautr^v IxTiae yi ÏÇoîa

à ! <TV E i C E ^Y y AWM 0 atxà toO tU iauioO fivrjiiii-

[YWON K )f£l iÔN 01*^0 ffuvov xai xpî^ov T(ï>v olxo-

UNT(JN \yOi ^îvTa)v^ nos.

M. Christidis m'annonce encore la découverte d'une belle tète de marbre parfaitement intacte, dont les cheveux sont ceints d'une couronne de feuillage, avec les trous destinés à l'insertion d'ornements en métal. Le possesseur actuel de cet objet prétend, en effet, avoir trouvé des feuilles d'or en même temps que le marbre : il n'en a gardé qu'une seule et a vendu les autres à un fondeur.

t. M. Christidis a déchiffré les fragments suivant: 111 ... . PONH. . .

XHAAO. . . lATCON. . . IIAY. . . TON. . .

2. L'inscription est accentuée, suivant la mode byzantine, mais le lapicide a écrit otxoOvTctfv pour oIxouvtcov.

Au mois d'avril 1886, on a trouvé, dans un jardin de Liménas (le port de Thasos), un bas-relief représentant un foudre surmonté de rinscription AI02 KCOPAYNIOY. L'E du second mot a la forme d'un petit £ cursif gravé horizontalement.

La succession de feu E. Miller comprend quelques marbres de Thasos que j'ai eu l'occasion d'examiner grâce à l'obligeante autorisation de M"»e Nf Hier. Le premier est une petite stMe à fronton portant une coloration [rouge encore vive, sur laquelle on lit Tiriscription suivante, en bons caractères du iv^' s\Me. Les S sont à branches divergentes.

AOKPinN T0Z0TA2 KOPIN0IO2

AY2I2TPAT02

EYKAE02

KOPIN0IO2

Je suis certain que cette inscription provient de Thasos, car M. Cliristidis m'en a autrefois communiqué une copie pendant le séjour que j'ai fait dans l'ile. Je suis moins sur de la provenance du second fragment, qui peut aussi avoir été trouvé sur la côte de Macédoine. Lettres de 0™,03; époque assez basse.

FILIo dui- CISSrmo Pam- (?) PHILO parentes (?) ET • CWeseius (?)

RouMÉLiE. — Les environs de Philippopolis et la Roumélie tout entière sont encore, si l'on peut dire, une terre vierge pour l'archéologie. Feu Dumont et quelques aulres voyageurs n'en ont parcouru qu'une petite partie, et nulle part on n'a encore exécuté de fouilles. Il faut espérer que la constitution nouvelle donnée à ce pays par son union avec la principauté bulgare va être le début d'une période de prospérité et de calme qui permettra de l'explorer méthodiquement.

Le doyen de la colonie italienne à Philippopolis, M. Tacchella, a bien voulu nous transmettre quelques informations touchant l'état actuel du pays au point de vue des recherches archéologiques : nous nous empressons de les communiquera nos lecteurs, dans l'espoir de pouvoir prochainement les compléter.

Avant la guerre de 1877, la ville d'Eski-Zaghra, située entre les vallées de l'Hèbre et de la Toundja à 80 kilomètres au nord-est de Philippopolis, comptait près de trente mille habitants et était le cheflieu du kaïmanlik du même nom. Au mois de juillet de cette année, elle fut complètement saccagée et détruite par Soliman-Pacha. Lors de

[6*, 87-SJ CHRONIQUE D'ORIENT (1886) 257

la constitution de la Roumélie orientale, cet amas de décombres encore fumants devint le chef-lieu d'un des départements de la nouvelle province : depuis, £ski-Zaghra a commencé à se relever et compte aujourdTiui de dix à douze mille habitants. En 1880-81, le gouvernement rouméliote, après avoir tracé le plan de la nouve'le ville, fit construire un hôtel de ville, un grand gymnase, des écoles primaires, des casernes et des prisons. En creusant les fondations de ces édifices, le hasard fit mettre à découvert un certain nombre d'inscriptions ainsi qu'une tète d'Apollon, une statue en marbre du même dieu ', des sarcophages, les restes d'un amphithéâtre, etc. On ne connaissait encore d'Eski-Zaghra que les inscriptions recueillies par M. Dumont : le Bulletin de Correspondance Hellénique, tenu au courant des découvertes nouvelles, en a publié un grand nombre qui ont permis de déterminer l'ancien nom d'Eski-Zaghra*. Cette ville s'appelait Ergissa, et porta plus tard le nom de Iraianê. M. Tacchella m'a envoyé des copies nouvelles des inscriptions d'Ergissa, qui auraient besoin d'être estampées. Dans l'une {Bulletin, t. II, p. 403), M. Tacchella lit OYAniA/nWAIWNOI (fTM liés), au lieu de BcoXicovoç qu'a donné Dumont et qui paraît incorrect. Une épitaphe métrique est inédite, mais la copie que j'en ai reçue est très défectueuse. M. Tacchella m'apprend que cette inscription a donné lieu à une discussion orageuse entre un savant bulgare et un savant grec, le Bulgare affirmant que le texte est en langue slave (il l'a transcrite en caractères cyrilliens et l'a traduite), l'Hellène affirmant qu^elle est en grec et se laisse comprendre au prix de quelques retouches . C'est l'Hellène qui a raison, mais je suis loin de tout comprendre, et je ne me permettrai les retouches que lorsque j'aurai reçu un estampage. Beaucoup de letrres sont liées.

enMONATEIAlANnrAMETI . . P . .

CETEKOYNAAEINEKAKOYPIAIO

MOYTEKOlOYTENirACTPI npniATEIAlANnPnMONTOICO KOYNAAM..EMANENECCOMENOICLE 1ÛNEKYI.

1. Elle a été publiée par le Bulletin de Corresp. Uellén. d'après uu dessin de M. Montani (t. V, p. 178).

2. BulL de Corresp. Hellén.,i, 11, p. 402; t. V, p. 128 et t. VI, p. 181. Cf. quelques autres textes donnés ^^t J'irecek, Monatsberichte der Berliner Akademie, 1881, p. 440 et suiv.; Ditteuberger, Rheinisches Muséum, t. XXXVl, p. 463; Kaibel, ibid.,i, XXXIV, p. 212; Schoell, Satura phil, Sauppio obiulit amicomm decas, p. 180.

On reconnaît B<d[i.cv 'ArsiXtavû yaiAETi^. . . 2excOv8a er/exa xcupi- 8(ou... tixot out' £vt yaorpt, i:po)ï 'AtsiXiov^ ^[i.6v... èaaojJLf/oiç. C'est Tépitaphe d*Âtilianiis par sa femme Secunda, et cette épitaphe est en mauvais vers. Encore serait-il agréable de pouvoir les déchiffrer complètement.

M . Tacchella a obtenu du gouvernement que Ton adjoignît à la bibliothèque provinciale de Philippopolis un musée archéologique. 11 a déjà catalogué le médaillier, qui compte environ trois mille pièces, dont plus de deux cents manquent au répertoire de Mionnet. M. Tacchella porte le titre de conservateur honoraire adjoint du musée; la direction appartient naturellement au bibliothécaire en chef.

Dans Tété de 4885, le gouvernement rouméliote avait alloué un crédit annuel de 400 livres (9,200 francs) à Teflet d'entreprendre des fouilles dans les innombrables tumuli des environs de Philîppopoli?. La révolution et la guerre (ni tout interrompu. M. Tacchella a bien voulu m'envoyer un article sur les tumuli de cette région, qu'il a publié dans une feuille locale VEcho des Balkans (mai 1885). Il pense que les tumuli se divisent en deux classes : ceux qui recèlent un caveau en maçonnerie et des sarcophages, qu'il attribue à Tépoque romaine; ceux qui contiennent simplement le corps du mort avec ses ustensiles et ses aimes, qui remontent à l'époque thrace. Nous serions bien curieux de connaître des spécimens des armes découvertes dans les tumuli roumélioles.

En 1860 et 1865, M. Champoiseau, vice-consul de France, a fouillé quelques tumuli^ dont il a, dit-on, envoyé le contenu à Paris. En 1870-71 (toujours suivant M. Tacchella), des ingénieuis autrichiens occupés à la construction du chemin de fer ont ouvert deux tumuli^ Tun dans les environs de Yéni-Mahallé, l'autre près de Pazardjik. Ces tumuli ne contenaient pas de caveau. Dans le premier on trouva des des ai mes en silex, dans l'autre des vases en argile et des armes en fer qui auraient pris le chemin de Vienne.

En 1878, lors de l'cccupation russe, un tumulus à caveau a été ouvert dans le Sernena-Gora ; les trouvailles comprenaient une couronne de laurier en or, une cuirasse, des armes et les fers d'un char. Après une courte exposition à Philippopolis, ces objets ont été envoyés à Saint-Pétersbourg.

En 1880, les paysans de Mardjan (village du Ovtché-Helme), voulant construire leur église, se mirent à extraire des moellons d'un luœulus voisin. Ils découvrirent un caveau dont la porte était scellée par une soudure en plomb. La préfecture de Plovdiv, informée du fait, envoya un de ses employés pour ouvrir le caveau, mais les pay-

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sans avaient pris les devants. Outre trois sarcophages, ils trouvèrent flans rhypogée des lampes et des vases en argile, des fioles en terre et en verre et des ossements. La poiie en arc du caveau portait des ornements d'un style assez correct : le panneau se composait d'une plaque en marbre représentant c une femme en pleurs soutenue par un guerrier » (?). Les paysans remirent à l'employé du gouvernement trois boucles d'oreille en bronze ; un témoin affirma que Tun des sarcophages contenait une monnaie byzantine (?).

En somme, presque tout reste à faire dans cette vaste agrégation de tumuli. Les origines thraces sont tellementimpoi tantes pour l'ethnographie européenne qu'on ne saurait trop conseiller au gouvernement bulgare de former sans retard une commission archéologique spécialement chaigée de la fouille des tumuli rouméliotes. Il n'y perdra ni sa peine ni son argent.

Crète. — Le 479* AeXiiov de VUeslia annonce la découverte, à Gortyne, d'une statue de femme colossale en marbre pentélique, haute de 2 mètres et ayant 2">,50 de circonférence à la poitrine. La tête n a pas été retrouvée. Le nom de l'artiste est donné par une inscription : EtaiSsioç 'Aôr^/aTsç irsiei. Le nom d'EloîîoToç suffit à nous avertir qu'il s'agit d'une statue de l'époque gréco- romaine.

* L'Expédition du comte Lanckoroxski en Pamphylie. — Dans la séance du 20 janvier 1886, M. Hartel a communiqué à l'Académie de Vienne * des détails sur cette expédition, qui doit faire pendant à l'exploration de la Lycie exécutée en 4884. Le voyage a commencé dans l'automne de lii84. Outre le comte Lanckoronski, qui en a supporté les frais, la mission comprenait MM. Hartel, EugtnePetersen, Georges Niemann, Maryan Sokolowski, Luschan, le lieutenant du génie Knesche,le peintre Malczewski, un jeune architecte et un photographe. Cn se sépara en plusieurs colonnes pour visiter une étendue de pays plus grande : les uns poussèrent jusqu'à Iconium, tandis que les autres limitaient leurs recheiches à la Parophylie. Une seconde expédition partit dans l'été de 1885 sous la conduite de MM. Pelersen et Niemann, accompa- «•nés d'un médecin, de deux architectes, d'un photographe et d'un mouleur. On travailla d'abord à i élever les monuments de Termessos, puis ceux de Cremna, Perge, Sagalassos, Aspendos, Sidé, déjà visités en partie l'année précédente. Les résultats de ce double voyage sont très

I. Phihtogische Wochtruchriff, 1«» mai 1886. Cf. la communicaliou de M. de Luscban à la Société archéologique de Berlin {ibid., 17 avr.l 1886, p. 51().

considérables : une carte générale de la Pamphylie, des plans des principales villes une vaste collection de dessins et de relevés, trois cents inscriptions inédites. Le tout doit être publié dans un ou plusieurs volumes qui paraîtront à la fois en allemand, en français et en polonais '. Le généœux Mécène qui a fait tout les frais — pourquoi TAngleterre et la France n ont-elles pas de Lanckoronski ? — b*est chargé d'écrire l'introduction générale ; Petersen doit rédiger la partie archéologique et topographique, Niemann s'occupera de l'architecture. Puissent les auteurs du bel ouvrage qu'on nous fait espérer se proposer un autre modèle que le Voyage en Lycie et en Carie I Puissent-ils, au risque de déplaire à quelques bibliophiles qui n'ouvrent jamais leurs livres, renoncer à la séduction de Tin-folio et nous donner un livre maniable qui soit plein de choses et peu coûteux I C'est alors seulement que le comte Lanckoronski aura pleinement atteint le but qu'il s'est proposé, qui est de rendre service à la science et non d'encombrer les tables de ses amis.

ÉoLiDE. — L'Académie de Berlin, dans sa séance du 4 février 1886, a mis une somme de 3,000 marks à la disposition d'un premier-lieutenant de hussards, M. W. von Diest, chargé de lever le plan topog raphique des environs de Pergame et de la vallée du Gaïcus.

M. Fabricius a annoncé k\di Société archéologique àe^eT\\n[^èajiÇ/^ d u 2 mars 18S6) ■ qu'il vient de découvrir au nord-est de Pei^me, près du village d'Aschaga-Beikeui, une ville bien fortifiée dont les murailles appartiennent à la même époque que celles de Pergame et de Nimroud-Kalessi (Aegae). On y a trouvé de petits temples et un théâtre. En dehors de la ville est la nécropole, avec des sarcophages en pierre de grandes dimensions ; au sud est un petit temple dorique. On y voit aussi les restes d'un aqueduc d'époque romaine et une ^lise byzantine^ qui est seule en marbre, alors que les monuments antérieurs sont en pierre. Au nord s'élève un château du moyen âge avec une tour ronde et les ruines d'une autre église. On n'a pu découvrir aucune monnaie. M. Fabricius ne pense pas que cette ville soit l"Attaleia de la Table de Peutinger, dont le nom ne serait qu'une corruption de celui d'Atarnea (Dikeli) ; il inclinerait plutôt à l'identifier à l'une des villes de Perpérène et de Triaron, dans le voisinage des mines de cuivre signalées par Slrabon (XIII, 1, 51, p. 607), et qui ont été reconnues près Aschaga-Beikeui par M. Humann.

1. [Le premier voiume de cet admirable ouvrage a paru en 1890, à la librairie Firmin-Didot.]

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