Numéros des 21, 26, 31 octobre; 8, 11, 13 novembre
2. La collection se formait déjà en 1850, comme nous l’avons montré ailleurs (Gazette archéologique, 1883, p. 253).
milliers de siècles. » - Il y a de par le monde beaucoup de gens qui, n ayant pas lu l’autobiographie de M . Schliemann dans llios, s imaginent que le célèbre explorateur s’est enrichi du produit de se's fouilles. Or • 1° M. Schliemann n’a pas trafiqué du trésor de Priam, puisqu’après l’avoir enlevé aux Turcs et payé 50,000 francs de dommagesintérêts au Musée de Constantinople1 2, il a donné ledit trésor au Musée de Berlin; 2° M. Schliemann n’a pas trafiqué des reliques d’Agamemnon, puisque Mycènes est en Grèce et que tous les objets qu’il y a découverts sont conservés au Polytechnicon d’Athènes, où M. About peut aller les admirer; 3» le collier moderne et d’autres bijoux bien antiques que l’on montre dans la même vitrine à Tchinli-Kiosk n’ont pas été offerts par M. Schliemann, tout au contraire ils lui ont été volés. Voici la vérité sur ce petit point d’histoire*. En 1873, trois mois avant la découverte du trésor dit de Priam, deux ouvriers grecs employés aux fouilles trouvèrent, à une profondeur de 10 mètres, un petit vase qu’ils dissimulèrent et dont ils se partagèrent le contenu pendant la nuit. la part de l’un d’eux, nommé Costanti, tomba entre les mains d’Izzet-EfTendi (un ennemi personnel de M. Schliemann), qu’on avait averti de la découverte du trésor; cette part est au Musée de Constantinople ou du moins elle y était autrefois, car plusieurs objets paraissent avoir été soustraits pendant la dernière année de l’administration de Déthier, prédécesseur de S. E. Hamdi-Bey. Les objets volés par le second ouvrier, Panayoti, avaient été confiés à un Hadji Alexandre, grand-père de la fiancée de Panayoti. Le recéleur les porta à Renkeuï, gros bourg turco-grec à deux heures de Troie, chez un orfèvre qui les fit fondre et les convertit en ornements de style turc pour la jeune fiancée. Ces bijoux d’or antique, confisqués également par la Porte, sont exposés à Tchinli-Kiosk. On voit que M. About a été mal renseigné et que <t l’épicier Schliemann » n’est pas aussi bon spéculateur qu’il le suppose.
Suivant M. About, le Musée de Tchinli-Kiosk possède « quelques jolis fragments de bronze, quelques vases antiques et un certain nombre d’inscriptions ». L’auteur de tant de Salons charmants ne s’est-il pas aperçu que les deux athlètes de Tarse3 4, la patère de Lampsaque*
1. Sur le procès singulier intenté à M. Schliemann par le gouvernement turc, on peut consulter, outre le volume llios, Déthier, Études archéologiques, 188), p. 40.
2. Cf. Levant Herald, 27 janvier 1874 ; Revue archéologique, 1874, t. I, p. 198; Schliemann, llios, p. £41.