Gazette archéologique, III, pl. XIX
et l’Hercule de Gueuridjèh 1 sont des chefs-d’œuvre dont on trouverait difficilement les équivalents au Louvre? Mais patience, si Tchinli-Kiosk est pauvre, il va bientôt s’enrichir : « Peut-être le tombeau d’Antiochus qu’Hamdi-Bey a découvert lui-même (!) dans les neiges, à 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer, livrera-t-il un certain nombre de sculptures précieuses. J’en ai eu comme un avant-goût en voyant des estampages assez beaux. » Nous pensions jusqu’à présent et nous pensons encore, puisque nous en avons la certitude, que les statues et les bas-reliefs de Nemroud-Dagh en Comagène (le Mausolée d’Antiochus) sont d’un travail expéditif et grossier ; ensuite et surtout, que ce remarquable mausolée a été découvert en 1881 par un ingénieur allemand, M. Sester, puis visité et étudié aux frais de l’Académie de Berlin par M. Puchstein, en juin 1882 2, Hamdi-Bey ne s’étant rendu sur les lieux qu’au mois de mai 1883, comme nous l’avons annoncé ici même3. Il y précédait de quelques jours MM. Humann et Puchstein, envoyés par l’Académie de Berlin pour photographier le monument et en mouler les sculptures. A cette époque, un collectionneur de nos amis nous écrivait de Çmyrne: « Je lis dans les journaux de Constantinople que Hamdi- Bey vient de télégraphier au ministère qu’il avait découvert, sur le haut d’une montagne, des bas-reliefs antiques trop lourds pour être emportés.» Ainsi la légende dont M. About s’est fait l’écho est antérieure à son voyage en sleeping-car : elle doit être attribuée sans doute à quelque admirateur trop exclusif d’Hamdi-Bey, pour qui les droits de MM. Sester et Puchstein ne valaient pas l’honneur d’une mention.
Comme complément aux renseignements de M. About, nous pouvons indiquer quelques antiquités nouvelles dont la collection de Tchinli-Kiosk s’est récemment enrichie. Le Musée de Berlin lui a fait présent de moulages de la Gigantomachie de Pergame, où M. About voit paraître, avec infiniment de justesse, quelque chose de la manière de Puget. Le nombre des objets originaux acquis depuis la publication de notre Catalogue s’élève à plus de 120. On signale notamment les deux magnifiques sarcophages de Clazomène4 et les fragments d’un troisième5, dont le reste parait se trouver à Londres;