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de ce genre, contenant d’abord les ouvrages généraux, livres el cartes, puis les provinces et les villes avec les différentes mentions ou monographies que les voyageurs modernes leur ont consacrées. Le travail de M. Hirschfeld, malgré tout son mérite, est fort incomplet : beaucoup de travaux français et grecs lui sont restés inconnus. Si un des plus savants connaisseurs de la géographie antique se montre ainsi imparfaitement renseigné, n’est ce pas la meilleure preuve qu’il est très difficile d’ètre au courant et qu’un répertoire bibliographique de la géographie ancienne serait un livre utile et bienvenu entre tous?

Chypre. — L'île de Chypre vient d’avoir un procès archéologique, Watkins versus Warren , à propos d’un permis de fouilles à Frangissa (Tamassos), obtenu par l’un et usurpé par l’autre. Pendant des semaines, il n’a été question que d’antiquités dans le Cyprus Herald, ou plutôt de querelles d’argent à propos d’antiquités.

Non nostrum inter vos tantas componere lites.

Nous nous sommes interdit, pour ne pas provoquer des réponses, d’entretenir les lecteurs de la Ilevue de ces affaires, non plus que de l’éternelle polémique, où l’invective tient plus de place que les arguments, au sujet du fameux trésor de Curium1. Qu’il nous suffise d’indiquer brièvement où en sont les fouilles de Chypre et les résultats qu’elles ont continué de donner, malgré les difficultés de tout genre qui les entravent et dont le gouvernement britannique devrait bien finir par s'émouvoir.

Voici d’abord quelques renseignements complémentaires sur la plaque en or estampée découverte par M. Richter à Curium. Il nous en a communiqué une photographie d’après laquelle nous avons exécuté, le plus fidèlement possible, le dessin ci-joint; l’original est dans un état déplorable qui laisse à peine reconnaître le motif. C’est une bractée ayant probablement servi de pectoral, découverte au milieu d’un sarcophage en terre cuite avec une statuette d’Astarté et un petit cavalier peint en rouge. Le sarcophage, de petites dimensions et de forme quadrangulaire, était au milieu d’une fosse profonde. Trois squelettes étaient couchés dans la terre autour de celui que renfermait le sarcophage. L’entrée était fermée par une double porte en pierre. On a encore trouvé, en dehors du sarco-

i. Nous écrivons ceei à l’adresse d’un correspondant anonyme qui nous a envoyé un journal de New-York, The Mail and Express (5 décembre 1885), contenant une lettre très violente signée The Phantom of Curium. Le principal argument du «fantôme» est que les plus récents explorateurs de Curium étaient ivres. C’est une assertion que nous n’avons pas les moyens de contrôler.

pliage, une feuille d’or, doux rondelles en or, une fibule de même métal (nepivri, cf. Helbig, Homer. Epos, p. 190), une pointe de lance en bronze à douille et des vases de style phénicien.

La bractée était tendue au moyen de baguettes de bronze passées dans les saillies qui forment le cadre. A droite on voit un cartouche avec des signes symboliques. Le motif principal est une déesse, dans l’attitude d'Astarté, debout sur un char traîné par un ou deux animaux (lesquels?). Le conducteur du char est vu de profil et rappelle, par son type d’oiseau, les plus anciennes représentations humaines sur les vases du Dipylon. L'espèce de peigne que l'on voit sur la tète est peut-être la partie inférieure d'un casque. Le vêtement du conducteur est orné de rosaces, analogues à des rondelles en métal trouvées dans la même sépulture. La coiffure de la déesse est celle de plusieurs idoles grossières recueillies dans le témïnos d’Artémis à Achna. Les caractères gravés dans le cartouche à droite sont malheureusement peu distincts, mais ils se rapprochent certainement des signes hittiques ou asianiques.

J’avais exprimé le regret (plus haut, 1885, II, p. 353) de n avoir reçu que des renseignements insuffisants sur les verres historiés découverts par M. Richter à Curium dans plusieurs tombeaux gréco-romains. M. Richter m’a envoyé des photographies et des aquarelles de ces objets, que repro¬

duit le dessin ci-joint. Le rouge est la couleur qui s’est le mieux conservée ; sur la plaque qui représente Aphrodite pudique, on ne voit plus que les contours tracés en noir. L’exécution est assez grossière, à grands

coups de pinceau. La couleur a été appliquée sur les revers après la cuisson et paraît par transparence sur la partie supérieure. M. Richter a trouvé une seconde réplique du dernier motif (2° rangée sur la droite) à Episkopi et en a acquis une troisième à Lanarka. La même nécropole a fourni une plaque de verre sur laquelle sont peints des animaux courants. Parmi les objets analogues, très peu nombreux, du reste, qui sont conservés dans les collections, on signale, au Musée de Conpenhague, quelques plaques où figure ce dernier motif. Enfin, on a découvert à Chypre une grande plaque de verre avec une tète d’Apollon bien dessinée.

Au mois d’octobre 1885, M. Richter a déblayé un four de vitrier contenant des quantités de scories et de perles de verre. Il semble donc que Chypre, comme la côte syrienne, ait été le centre d'une fabrication de verreries très active. Les verreries ont toujours formé une des principales richesses des collections d’antiquités recueillies à Chypre. On en a récemment vendu à Paris plus d’un millier, ayant fait partie de la collection de de M. Pensicher « attaché au gouvernement de l’ile »*. Le catalogue très sommaire de cette vente mentionnait un objet fort intéressant qui a passé, si nous sommes bien informé, en Allemagne. C'est une œnochoé en terre verte émaillée portant la légende BACIAéGOC FFTOAtiMAIOY oiAorrATOPOC-

Les fouilles de Polis lis Chrysokhou ont été poursuivies par M. Ricliter, aux frais de quelques particuliers et sous la surveillance d’un nouvel inspecteur nommé par le gouvernement, M. Foot. Nous nous réservons d’en rendre compte avec détail lorsque M. Richter aura terminé un mémoire qu’il rédige actuellement à ce sujet.

Égypte. — Parmi les papyrus grecs du fonds Rénier1 2, M. Wessely a récemment découvert les fragments d’un manuscrit d’Eschine, du Ve siècle, qui contient en huit colonnes les chapitres clxxviii-clxxxvi du 3e discours. On signale aussi des morceaux du 5e discours d'Isocrate (chap. xlvili et xux), datant du Ier siècle avant l’ère chrétienne, un lexique de la Midienne de Démoslhène et un fragment d’un grammairien inconnu. De nouveaux documents privés de l’époque romaine portent les noms des empereurs Hadrien, Antonin le Pieux, Marc Aurèle, Commode et Aurélien. Parmi les découvertes de l’époque musulmane, les plus importantes sont une pièce du 25 avril 643, 22e année de l’hégire, et un ordre qui porte le sceau d’Omar (Amru), le prétendu destructeur de la bibliothèque d’Alexandrie. On affirme que les dates fournies par ces textes, dont l’étude est confiée au pro-

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