‹ Chroniques d'OrientChapitre 130 sur 410 · Cf. Revue archéol., 1887, 1, p · texte numérisé non relu

Cf. Revue archéol., 1887, 1, p

6. Cf. Revue archéol., 1887, I, p. 68; Mittheil d. d. Instit., 1886, p. 330.

deux, notamment une statuette de femme en bronze, avec chiton et diploïdion, qui appartient à l’art archaïque (haut. 0m,093). C’est M. Tzountas qui est chargé de la direction des travaux1.

Tirynthe. — Je reçois la letire suivante de M. Stillman et me fais un devoir delà traduire in extenso :

Tivoli, le 20 juin 1887.

Cher Monsieur,

Dans le résumé de la discussion sur le palais royal de Tirynthe qui a occupé les colonnes du Times et la Société des Études helléniques de Londres, résumé que vous avez publié dans votre dernière Chronique, l'aperçu de mes arguments était beaucoup trop incomplet pour donner une idée exacte de la question en litige. Permettez -moi de l’exposer. brièvement à mon point de vue.

La discussion du Times et celle de la Société doivent être soigneusement distinguées. Dans la première, je pouvais lutter à armes égales avec mes contradicteurs ; dans la seconde, je me trouvais dans une situation défavorable à tous égards. Mes devoirs ne me permettant pas d’y assister, on m’avait demandé d’envoyer une note contenant l’expression de mon sentiment, qui est en substance celui de M. Penrose, mais on m’avait averti que la discussion serait limitée à Tirynthe, la question de Mycènes ne devant pas être abordée. Je consentis à cette exigence, mais mes adversaires se servirent librement des matériaux fournis par Mycènes pour affaiblir mes arguments — alors que je ne pouvais pas répondre en les suivant sur ce terrain.

Mes arguments, les voici : M. Schliemann prétend avoir découvert les ruines d’uu palais archaïque, celui de Proetus le fondateur de Tirynthe. Je maintiens que cette hypothèse est une fantaisie, et cela pour les motifs suivants :

1° Les murs de Tirynthe appartiennent à une classe de monuments communs en Italie, en Grèce, dans l'Archipel et sur les rives orientales de la Méditerranée, monuments qui sont bien antérieurs aux constructions grecques proprement dites et se rattachent à l’époque néolithique. Là où ils n’ont pas été habités d’une manière continue comme à Mycènes, Tirynthe, etc., jusqu'à la véritable époque hellénique, on n’y trouve aucune trace d’outils autres que la hache de pierre et le foret plein (solid drill). La scie ( stone-saw ) n’apparaît jamais et resta inconnue en Grèce jusqu’au vne siècle avant J.-C. Jusqu’à la dernière phase du style grec archaïque on ne connaît l’usage ni du ciment ni de la brique ; celle-ci ne paraît dans le monde classique qu’à l’époque de la dynastie lydienne en

Page 1