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La colleclion de M. Clu istidis à Panagia s’est enrichie, dans le courant de l’année 1886, de deux statuettes en marbre acéphales représentant Esculape et d’un banquet funéraire haut de 0m,35 sur 0ra,50 de large. M. Christidis m’a envoyé un croquis de ce bas-relief, que je regrette de ne pouvoir publier à cause de l’imperfection du dessin. Du moins la scène est-elle suffisamment claire. A droite, le mort couronné étendu sur un lit, tenant de la main droite levée une corne à boire, de la main gauche un petit vase ; derrière lui on distingue les replis d’un serpent (?). Sur le devant, une table chargée de gâteaux en forme de pyramides et de demi-sphères. Plus loin, assise sur le lit, les pieds sur un tabouret, une femme drapée tenant de la main gauche un coffret (?). A sa droite, posée à terre, une grande amphore. Les personnages qui suivent, de taille plus petite, occupent la gauche du relief ; ce sont trois femmes et trois enfants. L’une des femmes porte sur la tête un objet de grande dimension mais indistinct (coffre, panier ?). A gauche, dans le haut, la tête du cheval paraît à ti avers la lucarne. Les détails de ce relief sont connus : on sait combien l’interprétation est encore obscure2. Je me souviens d’avoir vu plusieurs reliefs analogues à Thasos : ils sont particulièrement fréquents dans le voisinage des sanctuaires d’Esculape : or ce dieu, comme le prouvent entre autres les statuettes acquises par M. Christidis, avait certainement un temple à Thasos.
1. [Cf. Hicks, Journal of Hellenic Studies, t. VIII, p. 401, qui a publié un texte plus complet de la même inscription, avec un essai de restitution.!
2. Le. dernier travail à ce sujet est celui de M. Michhoefer, Jahrbuch des deutschen Instituts, 1887, p. 21-32.
Calymnos *. — Un Anglais établit à Smyrne, M. Paton, a récemment procuré au Musée Britannique une intéressante série de vases archaïques découverts il y a cinq ou six ans dans des tombes de l’ile de Calymnos près de Pothia 1 2. Par le style et la forme, ces vases rappellent ceux d'Ialysos, mais ce sont en partie des imitations maladroites de types archaïques, comme on en rencontre fréquemment à Chypre. L’archaïsme factice, qu’on a trop souvent cru reconnaître dans les œuvres de la sculpture et les inscriptions, est certainement très ordinaire dans les produits de la céramique. Les amphores panatliénaïques sont les premiers exemples que l’on ait cités de cette manie, mais voici que l’on en trouve un peu partout, tant dans la céramique proprement dite que dans les produits des coroplastes. Une étude sur les œuvres d’art archaïsantes serait un travail bien méritoire et bien utile, pour lequel les matériaux ne manquent pas ; il faudrait distinguer le pastiche du style traditionnel, l’archaïsme voulu de l’archaïque subi. Le premier est plus fréquent dans les œuvres de l’art, le second dans celles de l’industrie.
LesvasesdeM. Paton sont généralement sans figures, mais le septième de la série est orné de deux cerfs opposés à un cerf et à une chèvre de part et d’autre d’un palmier ; de l’autre côté on voit encore deux couples de deux cerfs de part et d’autre d’un arbre semblable. Les corps des animaux sont mouchetés de points, les cous marqués de hachures. Un autre vase présente deux oiseaux aquatiques et quatre dauphins avec un grand ornement végétal.
Carpathos. — Cette île, située en dehors des routes que l’on suit à l’ordinaire, a été fort peu visitée par les archéologues ; celui qui l’a étudiée avec le plus de soin, depuis Ross, est un ancien membre de l’Ecole d’Athènes, M. Mondry-Beaudouin 3. M. Bent en a rapporté ré-