History of discoveries, p
cendres, bol à deux anses, cruche, ampliore avec cercles concentriques, fragments d’armes en fer, une pointe de lance et un couteau recourbé; 2° vase cinéraire, fragments d’une mince plaque de bronze qui avait été fixée à du bois, deux spirales en or ; armes de fer. Parmi les objets les plus remarquables des autres tombes, on signale une bulla circulaire en électrum avec trous tout autour pour la fixer, bossette repoussée au centre, triangles mouchetés de points ; un bandeau d’or avec double rangée de zigzags (cf. Archaeol. Zeit., 1884, pl. XI, 4); des fibules de bronze (ibid., pl. IX, 3) ; des fragments de sarcophages en terre cuite avec dessins incisés et estampés; un askos en forme d’oiseau.
Les vases sont faits au tour, mais mal cuits ; les fibules sont d’un très beau travail. Les dessins des sarcophages ont des analogues à Corneto ( Monum . dell’ Inst., t. X, 2.) M. Cecil Smith fait observer que la seule poterie qui lui rappelle celle d’Assarlik est une série de fragments de Sardes actuellement au Musée Britannique, qui ont été découverts en 1869 par M. Dennis, dans un des nombreux tumuli de cette plaine. Le tombeau fouillé par Spiegeltlial dans la même localité (Olfers, Abhandl. der Akcid. zu Berlin, 1858, p. 539) marque, suivant M. Smith, un développement du type d’Assarlik. L’importance de ces constatations pour l’ethnographie de l’Asie Mineure et les rapports les plus anciens entre l’Asie et l’Europe méridionale, fait attendre avec quelque impatience la publication promise de M. Paton dans le Journal of Hellenic Studies.
Assim. — On lit dans le Moniteur oriental du 22 avril 1887 :
« La frégate Rehbéri-Tevfik avait été envoyée dernièrement, dit le Halcikat, au golfe d’ Assim pour y prendre des pierres pour 1 Amirauté impériale. Les travaux pour l’extraction de ces pierres ont fait découvrir des vestiges d’une construction ancienne. Le commandant de la frégate fit travailler son équipage à dégager la construction et il arriva à mettre à découvert les ruines d’un temple de 1 antiquité grecque.
« Le commandant fit procéder immédiatement aux fouilles, qui ont déjà eu d’heureux résultats. Quelques statues et un grand nombre de colonnes du plus beau style ont déjà été découvertes et embarquées à bord de la frégate pour Constantinople. »
Le même journal, à la date du 18 mars, publie 1 information suivante, qui est curieuse à plus d'un titre :
« Sa Majesté le Sultan a daigné décerner les insignes de 3e classe (commandeur) de l’ordre du Medjidié à M. Bernard Maimon en
récompense de services signalés rendus à la science archéologique et de son dévouement à l’empire.
« On sait que M. Maimon avait déjà présenté à Sa Majesté une copie des inscriptions chaldéennes qu’il a pu retirer pendant sa première expédition en Babylonie. Une de ces inscriptions contient trois cents lignes environ tracées sur un cylindre de terre cuite trouvé
dans les fouilles du temple du Soleil à Sipparah, sur l’Euphrate.
Cette inscription commence : « Je suis « Nabuchodonosor, fils « légitime de Nabopo- « Iassar, etc. »
« La copie de celte inscription a été imprimée sur soie pour être offerte à Sa Majesté. »
Colophon. — M. Schuchhardt a publié, dans les Mittheilungen de l’Institut allemand (1886, p. 398- 434), le récit d’une exploration des ruines de Colophon, Notion et Claros, accompagné d’esquisses topographiques de cette région jusqu’à présent peu explorée*, de dessins des murs de Colophon et de Notion construits en bel appareil polygonal. Le croquis ci-dessus donnera une idée des résultats géographiques de ce voyage, entrepris avec MM. Iiieperl et Paul Wolters; l’échelle est au 1 /200000e.
i. Cf. A. Fontrier, Ilept KXipov, KoXqçmvto;, Notloy, dans le MovusTov de Sinyrne, 18S0, t. 111, p. 187-214.
Tkoade. — Des renseignements assez confus sur une ou plusieurs découvertes faites en Troade sont donnés par le Moniteur oriental des 4, 14 et 29 avril 1887. Nous reproduisons ici ces découpures, que nous devons à l’obligeance de M. André Levai.
4 avril : « Moustapha Niazi-Effendi, chef complable du sandjak de Bigha1, et Ismaïl-Effendi, commandant de lagendarmerie de la même localité, sont arrivés à Constantinople apportant avec eus des objets d’antiquité trouvés à Kaz-Dagh dans une tombe très ancienne. Ces objets sont : une riche ceinture, des plats en or, une coiffure de femme en or imitant des roses. »
12 avril : « Trente villageois sous la conduite d’un derviche se sont rendus de nuit aux environs du village de Bounarbachi, à trois heures de Troie, et là, sans aucune autorisation, ont pratiqué des fouilles pendant, plusieurs nuits et ont découvert à une profondeur de 3 mètres un tombeau très ancien. Aussitôt que le derviche a vu le tombeau, il a donné à ses hommes le conseil de se retirer pour ne pas se trouver aux prises avec les esprits méchants qui hantent la demeure des morts. Les villageois, saisis de terreur, prirent la fuite; aussitôt après le bon derviche revint avec trois compagnons, ouvrit le tombeau et enleva tout ce qu’il contenait.
« L’autorité locale, ayant eu vent de cette découverte, a procédé à l’arrestation du derviche et a repris tous les objets soustraits par lui. Ces objets consistent en une couronna en or ornée de feuilles de chêne avec fruits, une ceinture de 8 centimètres de largeur, une chaîne assez longue et deux bâtons, le tout en or pur et d’un poids considérable. Une commission, composée du mouhassébedji, du chef de la police et de trois officiers supérieurs, a été instituée pour faire parvenir ces objets à Constantinople. Le derviche et ses amis ont été mis sous jugement.
« Cette découverte est de la plus haute importance. Elle est destinée à soulever de nouveau des discussions archéologiques sur l’emplacement de Troie, et créer des contradicteurs à M. Schliemann, d’après lequel le village d’Hissarlik se trouve sur les ruines de Troie. »
29 avril : « Quatre archéologues, parmi lesquels M. Schliemann, dont la personnalité est bien connue, sont arrivés dimanche, 24 courant, aux Dardanelles, attirés par le bruit mené autour des fouilles et découvertes faites par un certain Ismaïl-Hodja.
« Prévenues de l’arrivée de ces messieurs, les autorités locales ne
L Le sandjak de Bigha comprend la Troade.
leur permirent pas de continuer leur route vers Troie avant l’arrivée d’instructions demandées à Constantinople.
« Ces instructions arrivèrent; elle se traduisaient en ime défense catégorique de laisser les archéologues visiter les fouilles.
« M. Schliemann se l’est tenu pour dit et se rembarque aujourd'hui sur le bateau italien à destination du Pirée. Quant à ses trois compagnons, ils y ont mis plus d’obstination et, sous prétexte de visiter la forêt, ils se sont dirigés à pied et sans guide vers le lieu des fouilles, du moins on le pense, car leur visite à la forêt se prolonge plus que de raison. Quoi qu’il en soit, des souvaris ont été envoyés à leur recherche avec ordre de les ramener en ville. »
Ëolide. — Les ruines d’Aschaga-Beikeui, au nord-est de Pergame, ont été décrites dans les Mittheilungen par M. Fabricius . L article est accompagné d’un plan du théâtre et d un croquis du leirain pai M. Bohn.
Lydie. — Bien que nous n’ayons pas l’habitude de résumer le Bulletin de Correspondance Hellénique qui est, ou qui devrait être, entre les mains de tout archéologue2, nous devons cependant signaler, à cause de son importance exceptionnelle pour la géographie antique, l’article intitulé : Exploration de la plaine de I Hermus s. C est la secondé édition, donnée par M. Foucart, d’un remarquable mémoire épigraphique et géographique publié par M. Fontrier dans le Moussïov de Smyrne*. Les textes des inscriptions ont été revus sur les estampages de M. Fontrier. Nous reviendrons peut-être une autre fois sur quelques-uns des plus curieux. Contentons-nous d indiquer ici que l’un des résultats de cette féconde exploration a été l’identification des villes d’Apollonidea ( Palamout ), Mosteni (Tchoban-Isa)* , Hyreani ( Papasli ), Hiérocésarée ( Sasoba ), ainsi que ce'le du Lycus avec le Gurduk-Tchaï. Toute la région immédiatement au nord de Sardes se trouve ainsi parfaitement connue. M. Radet, dans un article ultérieur6, a encore déterminé la position d’une ville lydienne, Attaleia ( Yénidjé-Keui ), et déchiffré sur une inscription du même village
1. Mittheil. des d. Instit., 1886, p. 1-14 et pl. I. Une des tours d’Aschaga- Beikeui a été reproduite d’après une photographie de M. Bohn, ibid., pl. XII. Nous avons annoncé la découverte de ces ruines, Revue arch., 1886, II, p. 90.
2. [Nous nous sommes départi de ce principe dans les Chroniques suivantes.]