‹ Chroniques d'OrientChapitre 147 sur 410 · The Academy, 30 avril 1S87, p · texte numérisé non relu

The Academy, 30 avril 1S87, p

ter dans l’intérêt du renom de ces études, qui parait depuis quelques temps assez compromis : plus l’épigraphie osque donnera des lectures conformes à ce qui se trouve habituellement sur les monuments latins, plus elle aura de chances de se rapprocher de la vérité. Mais quand elle parlera en style lyrique, quand elle offrira au lecteur des exhortations à la piété, des serments prêtés ou des vœux de nouvel an, elle attestera seulement l’ingéniosité des traducteurs et la difficulté de cet ordre d’études. »

Ce qui est vrai de l’osque comparé au latin a bien des chances d’être également vrai du hittite comparé à l’assyrien ou au phénicien lapidaires. Il faut descendre jusqu’à l’époque musulmane pour trouver des inscriptions comportant des traductions analogues à celles que M. Conder propose pour les textes des Khétas. C’est l’observation que lui a faite M. Sayce, dans le compte rendu où le savant orientaliste résume et condamne l’ouvrage impatiemment attendu de M. Conder, Altaic hieroglyphs and Hittite inscriptions'. La méthode de l’auteur est bien simple : exagérant une des heureuses inspirations de M. Sayce, il déchiffre les inscriptions hittites à l’aide du syllabaire chypriote et des plus anciens caractères babyloniens ; quant à la langue, elle n’est pas sémitique, c’est tout bonnement de l’accadien. Que la langue ne soit pas sémitique, c’est ce qu’admet également M. Sayce*. Les quelques mots hittites que nous connaissons et que nous comprenons — tarleu, chèvre; me, quatre ; ltamru, maison; mâqur, ciel — n’ont pas d’analogue de même signification dans les idiomes apparentés à l’hébreu. Mais si l’hittite n’est pas sémitique, il n’est pas davantage « accadien » 3. M. Sayce refuse absolument d’admettre cette hypothèse dont il montre le caractère tout gratuit. M. Conder l’a adoptée en se fondant sur des faits inexacts ; son accadien n’a, paratt-il , qu une ressemblance lointaine avec l’accadien des accadisants. Cela établi, M Sayce juge inutile de discuter les traductions de M. Conder. N’aurait-il pas mieux valu, avant l’impression du livre, les soumettre au jugement de quelque orientaliste autorisé? On nous aurait épargné le bruit d’une découverte imaginaire et l’ennui d’une déception qui laisse

le problème intact, avec une publication fantaisiste de plus.

D’une toute autre importance est un mémoire de M. Gustave Hirschfeld, Les bas-reliefs rupestres en Asie Mineure et le peuple

Page 1